Ouvrir le menu principal

Discret 11 désigne un ancien système d'embrouillage vidéo analogique français ou accès conditionnel, destiné à la télévision à péage. Il a été exploité par la chaîne Canal+ à compter de son lancement, le jusqu'en 1995.

HistoriqueModifier

Discret 11 fut utilisé par certaines chaines cryptées, notamment Canal+, pour protéger leurs émissions en analogique. Le nom est aussi donné usuellement au décodeur de la norme. En France, Canal + l'a utilisé comme premier système de chiffrement avant de la remplacer à partir de 1995 par le décodeur Syster (son piratage était devenu trop facile).

TechniqueModifier

Discret 11 était un système de chiffrement de l'image par ligne. Les lignes de l'écran étaient affectées d'un retard pseudo-aléatoire de 0, 902 et 1804 nanosecondes, par le biais de deux lignes à retard, vers la droite.

Le nom "Discret 11" a été choisi car le système de chiffrement utilisait un palmarès de 2^11 combinaisons, soit 2048 codes possibles. En réalité il y en avait 2047 car le "clair" faisait partie de ces combinaisons.

Il y avait aussi le "code universel", c'est-à-dire celui qui était programmé à l'émission entre le dernier jour du mois à minuit et le premier lundi du mois suivant à 9 heures du matin. Ce code particulier ne nécessitait pas d'entrer un code particulier dans le mois en cours. À l'arrivée le décodeur détectait, après analyse du signal vidéo, la présence de lignes forcées au niveau du noir et du blanc sur les dernières lignes (310 et 622), la ligne 310 était mise au blanc toutes les 6 trames et permettait au décodeur de se synchroniser et d'enclencher le déchiffrement, quant à la ligne 622 elle sert au décodeur à calculer le polynôme à utiliser (6 possibles) pour initialiser le générateur pseudo-aléatoire.

Le code mensuel était changé tous les premiers lundis de chaque mois à 9 heures, à l'émission le codeur retardait les lignes de 0, 902 et 1804 nanosecondes, puis à la réception le décodeur annulait ces retards en faisant en sorte que toutes les lignes aient 1804 nanosecondes de retard. Les 6 polynômes correspondaient aux 6 niveaux d'audience en vue de segmenter les abonnements en formules, comme Cinéma + Sport, ou bien Sport + Documentaires, mais cette fonctionnalité n'a jamais été exploité par la chaîne.

Le décodage était alors valide et l'image était en clair. Si un mauvais code était entré les retards n'étaient pas annulés et les lignes étaient redécalées en superposition au codage envoyé à l'émission, entrainant un surcodage. Seul le son était décodé.

Le son était juste transposé en fréquences et inversé (12,8 kHz). Pour activer le décodage du son le décodeur détectait d'abord le niveau de blanc et de noir des lignes 310 et 622 en faisant le traitement du signal vidéo. Le traitement du signal était entièrement analogique, et en monophonie. Par voie satellitaire, pour être diffusé en stéréophonie le son était transmis en clair en permanence, d'où une manipulation à effectuer sur le récepteur satellite afin d'éviter le recodage du son lors de la diffusion d'émissions en clair !

NOTA : Il y a eu le système Discret 12, qui, lui exploitait 2^12 combinaisons, soit 4096 codes possibles. Le son était diffusé en clair et il a été utilisé en analogique par la RAI en juin/juillet 2002 sur le satellite hotbird 13° et lors de diffusion de la Coupe du Monde de football 2002, pour protéger les droits de diffusion.

Ce système a été abandonné à cause de son piratage devenu trop facile et aussi au profit de la télévision numérique.

Logiciel de cryptage vidéo selon le procédé ici: CryptImage