Démétrias

ancienne cité grecque

Localisation et constitution de la citéModifier

Démétrias (en grec ancien : Δημητριάς) est une ancienne cité grecque de Magnésie, elle est située sur le Golfe Pagasétique en Thessalie, elle fut fondée en 293 av J.C par Démétrios Poliorcète par synœcisme, à proximité de la ville moderne de Volos[1]. L'enceinte était étendue sur 7,8 kilomètres et sa superficie était de 262 hectares. Le mur de défense comportait 87 tours atteignant près de 4 mètres de hauteur. Démétrias était une cité portuaire. La cité possédait deux ports, elle était une base navale importante pour la puissance Macédonienne. La prospérité de la cité et de son entrepôt s'est étendue même après la chute des Antigonides.

Histoire de la cité à l'époque HellénistiqueModifier

La cité a joué un grand rôle dans la politique macédonienne en Grèce, elle était considérée comme l'une des trois « entraves de la Grèce », avec les forteresses de Chalcis et de l'Acrocorinthe[2]. Son importance obligea les Macédoniens à y placer une garnison militaire. En Macédoine, il y avait 3 palais royaux. Démétrias faisait partie de ces 3 palais royaux. Lorsque Démétrios fonde Démétrias il la choisit comme résidence royale pendant 7 ans. A la mort de Démétrios, Antigone Gonatas, son fils, plaça ses cendres dans la ville de Démétrias.

En 286/285 av J.C, Lysimaque contrôlait un immense royaume qui comprenait la Thrace, la Macédoine et la Thessalie. En revanche, il ne contrôlait pas Démétrias qui était toujours entre les mains de Démétrios.

En 218 av J.C, à la mort de Démétrios, Antigone Gonatas réussit à conserver Démétrias.

En 198-197 av J.C, lorsque Flamininus arrive en Grèce, Phillipe V ne voulait pas abandonner Démétrias car c'est une place stratégique pour la Macédoine. Il tenta tout pour défendre la cité. A la suite de la victoire de Flamininus en 196 av J.C, des garnisons romaines restèrent dans les "entraves de la Grèce" dont Démétrias.

Apres les jeux isthmiques, les commissaires romains décidèrent du sort de la Grèce. Démétrias resta entre les mains de la ligue des Magnètes dont elle était devenue la capitale du koinon. La ligue est connu grâce à une inscription datant de 283 av J.C. Les garnisons romaines durent aussi évacuer la cité. Dès 193 av J.C les Etoliens cherchaient à se faire livrer Démétrias au détriment de la ligue des Magnètes. Les Etoliens ont réussi par la suite à s'emparer de Démétrias. En 192 av J.C, Antiochos III traversa la mer Egée et fut accueilli à Démétrias par les Etoliens qui venaient de s'emparer de la cité. Cependant en 189 av J.C, Phillippe V dans sa reconquête de la Macédoine réussi à reprendre Démétrias aux Etoliens. Lorsqu'il lança son programme de reconstruction économique de la Macédoine, il permit un accroissement des échanges commerciaux qui profitèrent au port de Démétrias qui connue un essor à cette période.

Histoire de la cité durant la période romaineModifier

Le général Pontique Archélaos, débarque en Attique et ravagea la cité de Démétrias en 88 av J.C.

CulteModifier

Les sources épigraphiques et/ou archéologique permettent de révéler l'existence de plusieurs cultes et sanctuaires. La ville était aussi un lieu de culte en l'honneur de Démétrios Poliorcète, le fondateur de la cité.

SourcesModifier

Polybe

Strabon

BibliographieModifier

Cabanes, Pierre. Le monde grec et européen et la Cyrénaïque, Claude Lepelley éd., Rome et l’intégration de l’Empire -Tome 2. 44 av J.C. -260 ap J.-C. PUF France, 1998, pp. 299-331

Glotz, Gustave. Histoire Grecque. Tome 4. Avec la collaboration de Roussel Pierre, Cohen Robert. PUF France, 1986.

Grandjean, Catherine, et al. Le monde hellénistique. Armand Colin, 2017.

Nicolet, Claude. Rome et la conquête du monde méditerranéen ( 264-27 av. J. -C ) Tome 2. Genèse d’un empire. PUF France 1997.

Piganiol, André. Chapitre Premier. La conquête de l’Orient : de la paix de Phoenicé à Pydna ( 205-168 avant J. -C. ) », La conquête romaine. Dir de Piganiol André. PUF, 1995, pp. 279-322.

Préaux, Claire. Le monde Hellénistique. Tome 1. La Grèce et l’Orient de la mort d’Alexandre à la conquête romaine. 323-146 av. J.-C. PUF France, 1997.

Préaux, Claire. Le monde hellénistique. Tome 2. La Grèce et l’Orient 323-146 av. J. -C. PUF France, 2002

Notes et référencesModifier

  1. Claude Wehrli, Antigone et Démétrios, 1969, p. 196 en ligne
  2. [1]