Congrès national pour la défense du peuple

groupe politico-militaire puis parti politique congolais (RDC)

Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) était un groupe rebelle de la République démocratique du Congo actif dans les régions du Nord et Sud Kivu de 2006 à 2009.

Congrès national pour la défense du peuple
Image illustrative de l’article Congrès national pour la défense du peuple
Logotype officiel.
Présentation
Fondation (insurrection armée)
(parti politique)
Fondateur Laurent Nkunda

Créé en juillet 2006 par Laurent Nkunda, le CNPD est issu de la fusion d'ONG locales. D'une dissidence de soldats mécontents du processus de transition, il devient par la suite un mouvement politico-militaire aux ambitions nationales combattant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et ses alliés, ainsi que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans la Guerre du Kivu.

En janvier 2009, quelques jours après avoir été destitué par Bosco Ntaganda, chef d’état-major du CNDP, Laurent Nkunda est arrêté au Rwanda. La faction dissidente du CNDP menée par Bosco Ntaganda déclare la fin des hostilités entre le CNDP et les FARDC et la mise à disposition des combattants du CNDP pour son intégration au sein de l’armée nationale.

Le un accord de paix est signé. Le CNDP réaffirme l'abandon de la lutte armée et les ex rebelles des forces armées du CNDP sont intégrées dans l'armée nationale. L’ancien mouvement rebelle devient alors un parti politique qui rejoindra l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) de Joseph Kabila lors des élections de 2011.

Selon différentes organisations non gouvernementales Les membres du CNDP et des précédents groupes armés dirigés par Laurent Nkunda auraient commis de graves exactions sur les populations civiles, et se sont rendus coupable de violations de droits humains.

En 2012 des anciens membres du CNPD intégré à l'armée régulière, considérant que le gouvernement congolais n'avait pas respecté les modalités de l'accord de paix du se mutinent. Cette rébellion donnera naissance au Mouvement du 23 Mars (M23).

Histoire modifier

Création du Congrès national pour la défense du peuple modifier

En quelques jours avant les élections présidentielles Laurent Nkunda officialise la création du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dans la province du Nord-Kivu[1].

Année 2007 modifier

En août 2007, les FARDC ont annoncé qu'elles allaient mettre fin à une offensive de sept mois contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). La cessation de la campagne a suscité une vive critique de la partie du gouvernement rwandais, car les FDLR étaient les principales forces hutues s'opposant aux milices pro-Rwanda durant la dernière partie de la deuxième guerre du Congo. Les FDLR sont aussi composées d'anciens Hutu responsables du génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda[2].

Avant le cessez-le-feu d'août 2007, le général Laurent Nkunda avait rompu avec le gouvernement congolais à la tête des soldats banyamulenge (des Tutsis ethniques) appartenant autrefois au Rassemblement congolais pour la démocratie et avait commencé à attaquer les positions des FDLR. Plus de 160 000 de personnes auraient ainsi été déplacées[3].

A cette époque la zone sous contrôle de Nkunda se trouve au nord du lac Kivu dans le Nord-Kivu autour des villes de Masisi et Rutshuru, et continue à s'étendre au fur et à mesure que le CNDP s'avance. Nkunda a établi son quartier général dans cette zone en créant les infrastructures nécessaires[4].

Conférence de Goma modifier

Ouverture de la conférence et négociations modifier

Le , onze représentants du CNDP participent à la conférence sur la paix à Goma[5].

Le 21 janvier 2008, à l’issue d’un peu plus de deux semaines de pourparlers les autorités gouvernementales annoncent qu’un accord de paix doit être signé entre le gouvernement de la République démocratique du Congo, le CNDP et les milices Maï-Maï[6],[7].

Le , les représentants du CNDP refusent de ratifier l’accord qu’ils s’étaient engagés à signer la veille, affirmant que le texte ne tenait pas compte des amendements qu'ils avaient proposés[8], les rebelles exigeant en autre la prise en compte des crimes de guerre dans la loi amnistie[8] avec comme conséquence le report de la fin de la conférence au [8].

Accord de Goma modifier

Le , au terme des négociations, un acte d'engagement est finalement signé à Goma par tous les groupes armés congolais impliqués dans le conflit du Kivu[9],[10].

Cet acte d’engagement prévoit l’application d’un cessez-le-feu total et immédiat. Il est assorti de mesures de suivi de la démobilisation, ou de redéploiement des troupes armées vers l’armée régulière, mais les crimes de guerre sont exclus de la loi d’amnistie[11].

Selon les observateurs, le chef de la délégation du CNDP a été le premier à le signer, suivi des représentants des autres groupes armés[10].

Fin de la rébellion modifier

En janvier 2009, Laurent Nkunda est renversé par son chef d'état major Bosco Ntaganda[12],[13]. Selon The Guardian Ntaganda pourrait s'être retourné contre son ancien dirigeant craignant que des mois de méfiance croissante en vers sa personne n’incitent Nkunda à le livrer à la Cour pénale internationale de La Haye[14], où Bosco Ntaganda, à cette époque, était accusé de crimes de guerre liés au recrutement d’enfants soldats[15].

Le 23 mars 2009 à Goma le CNDP et le gouvernement de la République démocratique du Congo signent un accord de paix[16],[17]. Cet accord prévoit la transformation du CNDP en parti politique, la libération de ses membres détenus par les autorités gouvernementales et la promulgation d'une loi d'amnistie pour les anciens rebelles[16],[17].

Nouvelle rébellion modifier

En avril 2012, dans le Nord-Kivu d’anciens membres du CNDP se lancent dans une nouvelle rébellion qui aboutira à la création le 06 mai 2012 du Mouvement du 23 mars (M23)[18],[19].

Violation des droits humains modifier

Laurent Nkunda est accusé de crimes de guerre par Human Rights watch[20], et l’ancien chef rebelle congolais Bosco Ntaganda a été déclaré coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité en 2019 par la Cour pénale Internationale[21].

Références modifier

  1. « L'émancipation politique du CNDP », sur France 24, (consulté le )
  2. « RDC: une faction du CNDP déclare la fin de la guerre »  , sur BBC (consulté le )
  3. (en) "Rwanda anger at Congo rebel move", BBC News, 15 août 2007.
  4. (en) "For Tutsis of Eastern Congo, Protector, Exploiter or Both?", Stephanie McCrummen, The Washington Post, 6 août 2007.
  5. Joseph Tshimanga, « RD Congo / Goma : La conférence sur la paix a débuté », sur ReliefWeb source MONUC, (consulté le )
  6. « Les rebelles prennent des engagements pour la paix en RDC », sur Courrier international, (consulté le )
  7. Le Monde avec Reuters, « Un accord de paix a été trouvé dans le conflit du Nord-Kivu », sur Le Monde, (consulté le )
  8. a b et c « Au Nord-Kivu, les belligérants retardent la signature d'un accord de paix », sur Le Monde, (consulté le )
  9. Le Monde avec l'AFP, « Congo : les groupes armés au Kivu s'engagent à cesser les combats », sur Le Monde, (consulté le )
  10. a et b RFI, « Accord de paix signé à Goma », sur Radio France Internationale, (consulté le )
  11. « Rebelles et autorités congolais s'engagent sur la voie de la paix au Nord et au Sud-Kivu », sur Le Monde, (consulté le )
  12. Le Monde avec AP, AFP et Reuters, « Confusion totale à la tête de la rébellion congolaise », sur Le Monde, (consulté le )
  13. Jean-Philippe Rémy, « Le chef rebelle Laurent Nkunda victime de la nouvelle alliance Congo-Rwanda », sur Le Monde, (consulté le )
  14. (en) Mark Tran, « Profile: Laurent Nkunda », (consulté le )
  15. HRW - Questions et réponses : Bosco Ntaganda, Pour quels crimes Ntaganda a-t-il été jugé ?.
  16. a et b Le monde, « RDC : un accord de paix conclu entre Kinshasa et la rébellion », sur Le Monde, (consulté le )
  17. a et b Charlotte Cosset, « RDC : dix points clés pour comprendre la guerre au Nord-Kivu », sur L'Obs, (consulté le )
  18. Repenser la crise au Kivu, Paragraphe 82.
  19. Belga news, « Les troubles liés à la rébellion dans l'est du Congo: chronologie », sur RTBF, (consulté le )
  20. « RD Congo : Arrêtez Laurent Nkunda pour crimes de guerre »  , sur Human Rights Watch, (consulté le )
  21. « La CPI confirme en appel la peine de trente ans de prison contre le milicien congolais Bosco Ntaganda »  , sur Le Monde, (consulté le )

Bibliographie modifier

  • Jason Stearns, Du CNDP au M23 : Évolution d’un mouvement armé dans l’est du Congo, Institut de la Vallée du Rift, , 85 p. (ISBN 978-1-907431-08-1, lire en ligne)

Liens externes modifier

  • Deuxième guerre, Organisation des Nations Unies, Rapport Mapping (Rapport du projet mapping sur les violations des droits de l’homme et droit international commise entre 1993 et 2003 en République Démocratique du Congo), , 583 p. (présentation en ligne, lire en ligne  ), p. 308-392 :

    « Ce rapport est le fruit d’entretiens avec plusieurs centaines d’interlocuteurs, tant Congolais qu’étrangers, qui ont été témoins des atrocités commises dans le pays. Il documente leurs témoignages et reflète leurs aspirations à la justice. »

  • Human Rights Watch, Questions et réponses : Bosco Ntaganda, la RD Congo et la CPI, (lire en ligne)