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Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo

(Redirigé depuis MONUC)

La Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo, MONUC en sigle de 1999 au 30 juin 2010, et MONUSCO (Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo[1]) depuis le 1er juillet 2010, est une mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo de l’ONU. Elle a été créée par la résolution 1279[2] du Conseil de sécurité en date du .

Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo
Image illustrative de l'article Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo
Abréviation MONUSCO
Type Opération de maintien de la paix
Siège 12 av. des Aviateurs (La Gombe, Kinshasa)
Commandement de la force Drapeau du Brésil Carlos Alberto dos Santos Cruz
Drapeau du Canada Jacques Desilets (police)
Financement 1 398 475 300 $
(juillet 2014 – juin 2015)
Contribution et personnel
Contributeurs
Observateurs militaires 462 observateurs
Troupe 19 461 soldats
Policiers 1 090 policiers
Civils locaux 2 725 civils
Civils internationaux 937 civils
472 volontaires des Nations unies
Pertes 93 morts

Le budget annuel de la MONUC est d'environ 1,5 milliard de dollars[3].

La MONUC a été préparée par trois résolutions du Conseil de sécurité et la situation en République démocratique du Congo a donné lieu à une cinquantaine de résolutions[4] du Conseil de sécurité de 1999 à 2008. Elle a été dirigée pendant les deux premières années par l'ambassadeur Morjane de Tunisie.

Le quartier général de cette mission a été installé à Kinshasa, avec en outre la division de la RDC en 6 secteurs, ayant chacun un QG de secteur.

La MONUC, en collaboration avec l'ONG Fondation Hirondelle, a fondé en 2002 Radio Okapi, devenu le média le plus écouté en RDC[réf. nécessaire].

Sommaire

HistoriqueModifier

La situation en République démocratique du Congo est d'une très grande complexité. En 1999, cette situation héritait de l'état de déliquescence dans lequel le régime de Mobutu a laissé le pays, et donc d'un État déstructuré qui avait été artificiellement créé par la colonisation, d'un territoire grand comme l'Europe et peuplé par seulement 60 millions d'habitants, d'une population très variée parlant 250 langues, dont des congolais rwandophones, de l'installation depuis 1994 dans l'Est du pays du noyau des anciennes milices génocidaires et des anciennes Forces armées rwandaises décidées à se servir du Kivu pour reconquérir le Rwanda. À cela s'ajoutait le pillage permanent dont souffre ce pays victime de ses immenses richesses depuis deux siècles, dont sont responsables de nombreuses multinationales qui ont des relais utilisant les rivalités locales[5]. Enfin, depuis 1998, la deuxième guerre du Congo complique encore la situation.

Crée pendant la Deuxième guerre du Congo pour tenter de ramener la paix dans ce pays, elle fait face à la guerre du Kivu pour limiter les pertes parmi la population civile, faire respecter les accords de cessez-le-feu et faire rentrer au Rwanda les ex-génocidaires rwandais.

Les cinquante résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies depuis 1999 et les 17 000 casques bleus actuellement déployés en RDC n'ont pu jusqu'à maintenant ramener la paix. Une opération militaire autorisée par l'ONU, européenne et ponctuelle, l'opération Artémis, est venue soutenir en 2003 la MONUC, au nord du Kivu en Ituri.

En octobre 2008, alors que le conflit a repris dans le nord Kivu, la Monuc doit faire face à la démission de son commandant deux mois après sa prise de fonction[6].

À partir du [7], les forces congolaises appuyées par une brigade d'intervention de l'ONU lancent une offensive avec des moyens lourds : plus de 3 600 militaires congolais déployant des chars T-55 et des véhicules de combat d'infanterie BMP-2 et la brigade de la force d'intervention de la MONUSCO appuyé par de l'artillerie, des Mi-35 de l’armée ukrainienne, trois Denel AH-2 Rooivalk de la force aérienne sud-africaine (qui interviennent à partir du 4 novembre)[8] lancent une offensive générale[9] dans la zone de 700 km2 contrôlée par le M23 qui déclare qu'elle dépose les armes le 5 novembre 2013[10].

Le rôle de la MONUSCO a été confirmé et repris dans |'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région[11] de 2013.

Sièges de secteurModifier

 
Déploiement de la MONUC en décembre 2009.

Le QG de Kinshasa se trouve sur le boulevard du 30 juin, en plein quartier des affaires (commune de Gombe), à quelques centaines de mètres des principales ambassades (Belgique, France, États-Unis) et des grands hôtels (Hôtel Memling). La principale base logistique et ses dépôts est située au sud-est de la ville, dans la commune de Limete. Une autre implantation importante se trouve située au sud-ouest de la Gombe (quartier Socimat), à proximité de la baie de Ngaliema.

Budget et effectifModifier

En 2012 la MONUC dispose d'un budget de 1,490 milliard de dollars. L'effectif déployé de plus de 23 000 personnes dépasse l'effectif autorisé (22 016 personnes)[12].

EffectifsModifier

 
Le général J. Baillaud en 2013.

À la date du , la MONUSCO comptait un effectif de 18 914 personnes dont 16 819 militaires, 741 observateurs militaires et 1 354 policiers[13] :

  •   Afrique du Sud : 1 202 militaires et 12 observateurs militaires ;
  •   Algérie : 5 observateurs militaires ;
  •   Bénin : 450 militaires, 14 observateurs militaires et 21 policiers ;
  •   Bangladesh : 2 523 militaires, 30 observateurs militaires et 387 policiers ;
  •   Belgique : 22 militaires, 5 observateurs militaires et 1 policier ;
  •   Bolivie : 10 observateurs militaires ;
  •   Bosnie-Herzégovine : 5 observateurs militaires ;
  •   Brésil : 1 Force Commander et 6 militaires staff
  •   Burkina Faso : 9 observateurs militaires et 18 policiers ;
  •   Cameroun : 5 observateurs militaires et 19 policiers ;
  •   Canada : 8 observateurs militaires et 4 policiers ;
  •   Centrafrique : 14 policiers ;
  •   Chine : 218 militaires et 16 observateurs militaires ;
  •   Côte d'Ivoire : 35 policiers ;
  •   Danemark : 2 observateurs militaires ;
  •   Égypte : 1 000 militaires, 24 observateurs militaires et 144 policiers ;
  •   Espagne : 2 observateurs militaires ;
  •   États-Unis : 2 observateurs militaires ;
  •   France : 5 observateurs militaires et 9 policiers ;
  •   Ghana : 462 militaires et 27 observateurs militaires ;
  •   Guatemala : 150 militaires et 8 observateurs militaires ;
  •   Guinée : 22 policiers ;
  •   Inde : 3 707 militaires, 60 observateurs militaires et 255 policiers ;
  •   Indonésie : 175 militaires et 17 policiers ;
  •   Irlande : 3 observateurs militaires ;
  •   Jordanie : 220 militaires, 25 observateurs militaires et 9 policiers ;
  •   Kenya : 24 observateurs militaires ;
  •   Madagascar : 17 policiers ;
  •   Mali : 19 observateurs militaires et 27 policiers ;
  •   Malawi : 17 observateurs militaires ;
  •   Malaisie :15 observateurs militaires ;
  •   Maroc : 848 militaires et 5 observateurs militaires ;
  •   Mongolie : 2 observateurs militaires ;
  •   Mozambique : 1 observateur militaire ;
  •   Népal : 1 026 militaires et 25 observateurs militaires ;
  •   Niger : 15 observateurs militaires et 30 policiers ;
  •   Nigeria : 26 observateurs militaires et 1 policier ;
  •   Norvège : 1 observateur militaire ;
  •   Pakistan : 3 562 militaires et 57 observateurs militaires ;
  •   Paraguay : 17 observateurs militaires ;
  •   Pérou : 7 observateurs militaires ;
  •   Pologne : 3 observateurs militaires ;
  •   République tchèque : 3 observateurs militaires ;
  •   Roumanie : 22 observateurs militaires et 14 observateurs militaires ;
  •   Royaume-Uni : 5 observateurs militaires ;
  •   Russie : 30 observateurs militaires et 1 policier ;
  •   Sénégal : 20 observateurs militaires et 270 policiers ;
  •   Serbie : 6 militaires et 2 observateurs militaires ;
  •   Sri Lanka: 4 observateurs militaires ;
  •   Suède : 6 observateurs militaires et 4 policiers ;
  •   Suisse : 3 observateurs militaires ;
  •   Tanzanie : 2 observateurs militaires ;
  •   Tchad : 20 policiers ;
  •   Togo : 5 policiers ;
  •   Tunisie : 31 observateurs militaires ;
  •   Turquie : 11 policiers ;
  •   Ukraine : 13 observateurs militaires et 4 policiers ;
  •   Uruguay : 1 248 militaires, 45 observateurs militaires et 2 policiers ;
  •   Yémen : 6 observateurs militaires et 10 policiers ;
  •   Zambie : 21 observateurs militaires.

Le 20 juin 2011, 981 civils internationaux, 2 827 civils locaux et 616 volontaires de l’ONU sont aussi déployés dans le cadre de la MONUSCO.

CommandantsModifier

Nom Fonction ou grade Pays Mandat Commentaire
Mountaga Diallo Général de division Sénégal mars 2000 - décembre 2003 (3 ans)
Sumaila Iliya Général Nigéria
Babacar Gaye Général Sénégal mars 2005 - septembre 2008 (2 ans)
Vicente Diaz de Villegas y Herrería Général de Corps d'Armée Espagne septembre 2008 - octobre 2008 (moins d’un an)
Ishmeel Ben Quartey Général de brigade Ghana depuis le 27 octobre 2008 commandant ad intérim
Babacar Gaye Général de Corps d'Armée Sénégal depuis septembre

Abus sexuelsModifier

Des personnels de la MONUC ont été impliqués dans 140 cas d'allégations sur des abus d'exploitation sexuelle entre décembre 2004 et août 2006[14]. De nouveaux cas ont été rapportés, notamment en 2008 et 2014[15],[16]. Malgré une « tolérance zéro » affichée, de multiples missions de l'ONU ont été entachées par des incidents de ce type, notamment en Érythrée, au Burundi, au Soudan, au Liberia, en Côte d'Ivoire [14] et en République centrafricaine[17].

SourcesModifier

RéférencesModifier

BibliographieModifier

ArticlesModifier

  • Christophe Rigaud, « RDC : Le M23 lâché par Kigali ? », Afrikabia,‎ (lire en ligne)
  • (en) Dean Wingrin, « First ever combat for Rooivalk », defenceWeb,‎ (lire en ligne)

Résolutions du Conseil de sécuritéModifier

1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008

AnnexesModifier