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Coleman Young

politicien américain
Coleman Young
ColemanYoung1981a.jpg
Fonctions
Maire de Détroit
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Roman Gribbs (en)
Dennis Archer (en)
Maires de Détroit (en)
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Roman Gribbs (en)
Dennis Archer (en)
Membre du Sénat du Michigan
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
DétroitVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Elmwood Cemetery (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Coleman Alexander Young né le à Tuscaloosa dans l'Alabama, mort le à Détroit dans le Michigan est un homme politique américain qui est le premier Afro-Américain à être élu maire de Détroit au Michigan de 1974 à 1994.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Coleman Alexander Young[1] est le fils de Coleman Young, un coiffeur, et de Ida Reese Jones[2], une institutrice. Sa famille, comme d'autres Afro-Américains, fuit la pauvreté du Sud et les harcèlements du Klu Klux Klan, en 1923[3], lors de la Grande migration afro-américaine pour s'installer dans le quartier dit le Black Bottom, Detroit[4]. Son père achète une teinturerie et un atelier de couture dans le Black Bottom.

Après avoir achevé ses études primaires à l'école catholique Miller Intermediate School[5], il fait ses études secondaires à la Eastern High School puis au De La Salle Institute[3]. À ses 17 ans, il finit ses études secondaires, il est admissible à l'université de Chicago, mais ne pourra s'y inscrire car il n'obtient pas de bourse[6].

CarrièreModifier

Le militant ouvrier et des droits civiquesModifier

En 1936, il entre au centre d'apprentissage de la Ford Motor Company, il y suit une formation d'électricien, puis il travaille sur les chaines de montage de l'usine Ford, le Ford River Rouge Complex (en)[7].

En 1937 il est licencié de l'usine pour avoir participé à une grève. Il travaille alors dans la poste où il poursuit son travail de syndicaliste.

En 1940 : il devient secrétaire général de la section du Michigan de la National Negro Conference et travaille avec l'United Auto Workers pour créer des section syndicales dans les usines Ford[8].

En 1943, il s'enrôle dans l'armée, après sa formation à l'Aviation Cadet Training Program (USAAF)[9], il sert dans le 332° escadron de pilotes de chasse[10], unité de pilotes afro-américains connue sous le nom des Tuskegee Airmen, en tant que second lieutenant navigateur sur des bombardiers[11],

Une fois démobilisé, il retourne à Détroit, pour travailler à la poste, mais il licencié pour ses activités de syndicaliste pour la Public Workers Union un syndicat afro-américains[12]. Il reprend ses activités pour l'United Auto Workers.

En 1947, il est embauché par le Congress of Industrial Organizations (CIO) / Congrès des organisations industrielles pour diriger les sections syndicales du comté de Wayne du Michigan[13], à cause des positions jugées trop radicales il perd son poste en 1948[14].

L'entrée en politiqueModifier

En 1948, lors de la campagne pour l' élection présidentielle américaine, il soutient la candidature de Henry A. Wallace, ancien vice président de Franklin Delano Roosevelt, contre Harry Truman[15].

En 1951, il est un des co-fondateur du National Negro Labor Council, il en occupe le poste de secrétaire général jusqu'en 1955. Cette organisation suspectée par les conservateurs d'être une officine du parti communiste, aussi est-il convoqué devant la Commission parlementaire sur les activités antiaméricaines ( House Un-American Activities Committee), si aucune charge n'est retenue contre lui, les rumeurs sur son appartenance supposée au parti communiste le poursuivront durant sa carrière, rumeurs s'appuyant entre autres sur un dossier du F.B.I controversé[16].

Il devient, en 1950, un membre actif du Parti Démocrate et devient l'un des leaders des Afro-Américains de Détroit.

En 1962 : sa popularité lui permet de se présenter aux élections de la Chambre des représentants du Michigan, qu'il perd de peu de voix.

Le premier succèsModifier

En 1964, il est élu au Sénat du Michigan, il prend sa charge en 1965, qu'il occupera jusqu'en 1974[17].

Le Maire de DétroitModifier

Après les émeutes de 1967, une partie de la population blanche déserte Détroit, la population afro-américaine devenant un forte minorité il est à prévoir que le prochain maire serait un Afro-Américain, c'est ainsi qu'en 1974, Coleman Young gagne les élections face à l'ancien superintendant de la police de Détroit John F. Nichols, grâce au vote massif de la population afro-américaine[5], pour devenir le premier maire afro-américain de Détroit[18]. Il sera réélu en 1977, 1981, 1985 et 1989, il est le seul maire de Détroit à remplir cinq mandats de suite.

Lors de son premier mandat, il réforme la police notamment en mettant fin au programme STRESS (Stop the Robberies, Enjoy Safe Streets / Arrêtons le voleurs pour profiter librement des rues) équipe de policiers infiltrés qui a conduit à la mort de 17 Afro-Américains dans des circonstances obscures[3], il ouvre les postes de policiers à la population afro-américaine et en même temps se montre intransigeant vis à vis de la délinquance qu'elle soit noire ou blanche. À la fin de ses mandats les afro-américains représentent 50% des effectifs de la police[15].

Sachant que Détroit ne peut pas dépendre uniquement de l'industrie automobile[19], pour diversifier les activités économique et développer l'emploi, il crée, en 1977, le Renaissance Center qui attire plus de 50 investisseurs[10].

En 1982, il fonde la Coleman A. Young Foundation (CAYF) dont la mission est de soutenir les jeunes de Détroit , par des soutiens scolaires et des bourses[20].

Le bilan des mandats de Coleman Young est contrasté, s'il a développé le système scolaire et universitaire de Détroit, valorisé par des musées sa ville en revanche il a échoué sur deux missions, il n' a pas réussi à faire diminuer la délinquance malgré un départ prometteur, et l'emploi ne s'est pas développé à hauteur de ses investissements et de ses diverses campagnes auprès des industriels, il laisse un ville endettée appauvrie.

Les archives de Coleman Young sont déposées à la Bibliothèque Reuther de l'université de Wayne State[7] et à la Detroit Historical Society du Detroit Historical Museum (en)[6].

MortModifier

Le 29 novembre 1997, Coleman Young décède des suites d'une défaillance respiratoire ayant entraîné un arrêt cardiaque au Sinai-Grace Hospital (en) de Détroit[10].

Des représentants des autorités fédérales, de l'état du Michigan et de la mairie de Détroit ont rendu hommage à Coleman Young, lors de la cérémonie funéraire[21].

Il repose au Elmwood Cemetery de Détroit[22].

Vie privéeModifier

Coleman Young s'est marié deux fois[2] :

  1. Marion McClellan, mariage en 1947, divorce en 1954, ils ont un fils Coleman Young III
  2. Nadine Baxter, mariage en 1955, divorce en 1960.

Il était un franc-maçon membre de la Grande Loge Prince Hall de Chicago (Prince Hall Freemasonry (en)), loge afro-américaine régulière dépendant de la Grande Loge d'Angleterre[23].

Prix et distinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Coleman Young | American politician », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 29 août 2019)
  2. a et b (en-US) « Coleman Young », sur www.nndb.com (consulté le 29 août 2019)
  3. a b et c (en-US) « Coleman A. Young: A history of the People’s Mayor », sur The Michigan Chronicle, (consulté le 29 août 2019)
  4. (en-US) « Coleman Young | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 29 août 2019)
  5. a et b (en-US) « Coleman Alexander Young Facts », sur biography.yourdictionary.com (consulté le 29 août 2019)
  6. a et b (en-US) « Young, Coleman A. | Detroit Historical Society », sur detroithistorical.org (consulté le 29 août 2019)
  7. a et b (en-US) « COLEMAN A. YOUNG PAPERS, PART I », sur Reuther Library, Wayne State University
  8. (en-US) « Coleman Young », sur drnissani.net (consulté le 29 août 2019)
  9. a et b (en-US) « Shadow box », sur airforce.togetherweserved.com (consulté le 29 août 2019)
  10. a b et c (en-US) « Coleman A. Young, 79, Mayor of Detroit And Political Symbol for Blacks, Is Dead », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 29 août 2019)
  11. (en-US) « Detroit's warrior, Coleman Young », sur African American Registry (consulté le 29 août 2019)
  12. (en-US) Reginald Stuart, « The New Black Power of Coleman Young », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 29 août 2019)
  13. (en-US) J.Y. Smith, « DETROIT MAYOR COLEMAN A. YOUNG DIES », sur The Washington Post,
  14. « The Political Graveyard: Politicians Who Received the Spingarn Medal », sur politicalgraveyard.com (consulté le 29 août 2019)
  15. a et b (en-US) « Coleman Alexander Young: First Black Mayor of Detroit », sur Black Then, (consulté le 29 août 2019)
  16. (en-US) « EPISODE EIGHT », sur CRIMETOWN (consulté le 29 août 2019)
  17. (en-US) « Young, Coleman A. », sur detroithistorical.pastperfectonline.com (consulté le 29 août 2019)
  18. (en-US) BlackFacts.com, « Young, Coleman A. (1918-1997) », sur Blackfacts.com (consulté le 29 août 2019)
  19. (en-US) « The Ruins of Detroit: Exploring the Urban Crisis in the Motor City », Michigan Historical Review, Vol. 27, No. 1,
  20. (en) « Overview », sur Coleman A. Young Foundation (consulté le 29 août 2019)
  21. (en-US) « Coleman Young Funeral | C-SPAN.org », sur www.c-span.org (consulté le 29 août 2019)
  22. (en-US) « Coleman Alexander Young », sur Find a Grave
  23. (en-US) « Famous Freemasons », sur Grande Loge Prince Hall de chicago (consulté le 29 août 2019)
  24. (en-US) « NAACP | Spingarn Medal Winners: 1915 to Today », sur NAACP (consulté le 29 août 2019)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en-US) Carlito H. Young, « CONSTANT STRUGGLE: Coleman Young's Perspective on American Society and Detroit Politics », The Black Scholar, Vol. 27, No. 2,‎ , p. 31-41 (lire en ligne)
  • (en) Wilbur C. Rich, Coleman Young and Detroit Politics, Wayne State University Press, coll. « African American Life Series », (ISBN 978-0814320938)
  • (en) Edward L. Lach, « Young, Coleman », dans American National Biography Online, Oxford University Press, (ISBN 9780198606697, lire en ligne)
  • (en-US) Kevin Boyle, « The Ruins of Detroit: Exploring the Urban Crisis in the Motor City. », Michigan Historical Review, vol. 27, no. 1,‎ , p. 109–127 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier