Ouvrir le menu principal

Le réseau Cohors-Asturies fut, durant la Seconde Guerre mondiale, un mouvement de la Résistance à l'Occupation fondé en avril 1942 par Christian Pineau et Jean Cavaillès. Cent dix huit de ses huit cent soixante treize agents homologués périrent à l'ennemi, dont quatre vingt cinq en déportation. Cent quarante survécurent à la prison ou la déportation.

Sommaire

HistoireModifier

Création du réseau CohorsModifier

Le réseau Cohors fut créé en avril 1942, à l'instigation du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) organisé à Londres par le général de Gaulle. Sa réalisation fut confiée par le chef du BCRA, le Colonel Passy (de son vrai nom André Dewavrin), à Christian Pineau en mars-avril 1942, lors du séjour de celui-ci à Londres.

Pineau prit la direction du réseau qui fonctionnerait en zone sud, le réseau Phalanx, et confia l'organisation en zone occupée à Jean Cavaillès, membre du comité directeur du mouvement Libération. La liaison entre les deux organisations est assurée par le Colonel Rémy, de la Confrérie Notre-Dame, et par Jean Moulin.

En février 1943, Cohors devient complètement autonome : le voyage de Jean Cavaillès à Londres lui permet d'obtenir un budget spécifique afin de maintenir les opérations secrètes.

D'abord réseau de renseignement organisé à Paris et en Île-de-France, il s'étend très vite vers le nord (jusqu'en Belgique), vers le sud, (Narbonne, Toulouse, Marseille et même Nice) et vers l'ouest, (en Bretagne et en Normandie notamment). Cohors déploie des actions de sabotage à partir de 1943. Cavaillès confie à son adjoint Jean Gosset la nouvelle section Action immédiate, prévue à cet effet.

InfiltrationModifier

Un des opérateurs radio du réseau est arrêté et livre le code. Un grand nombre des adresses des membres, qui sont huit cents, sont enregistrées par la Gestapo. L'arrestation de Jean Cavaillès, le , désorganise le réseau, qui est contraint d'arrêter temporairement ses activités. Deux cents membres seront déportés, trente fusillés.

Toutefois, Jean Cavaillès ne parle pas sous la torture. Il parvient pendant plusieurs mois à berner ses geôliers, qui finissent par recoupement par lui rattacher un grand nombre de pseudonymes et comprendre qu'il a un rôle central mais ne l'identifient pas. Il donne ainsi au réseau Cohors le temps de se réorganiser. Traduit devant un tribunal militaire, il est fusillé sur-le-champ, le .

Reconstitution sous le nom AsturiesModifier

Les activités reprennent aussitôt sous la direction de Jean Gosset, qui prend la tête du réseau. Le réseau change alors de nom, et s'appelle désormais « Asturies ».

Alors que Cohors était très centralisé, Asturies est régionalisé, cependant que les activités de renseignement et d'action sont réparties dans deux branches distinctes. Cette réorganisation accroît encore l'efficacité. Le , Jean Gosset est arrêté, puis déporté au camp de concentration de Neuengamme, où il décède le .

Après un bref intérim de Daniel Apert, c'est Albert Guerville qui assume les derniers mois d'activité avant la Libération. Selon le colonel Passy et Jacques Soustelle, Cohors-Asturies fut l'un des réseaux les plus importants qui ait été fondé par le BCRA de Londres.

Leur principale boîte aux lettres était l'atelier du sculpteur René Iché au 55 rue du Cherche-Midi à Paris.

Personnalités du réseauModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Marie Granet Cohors-Asturies, histoire d'un réseau de résistance 1942-1944. Édition des Cahiers de la Résistance, Bordeaux, 1974. Préface de Jacques Debu-Bridel, introduction d'Albert Guerville.
  • Alya Aglan et Jean-Pierre Azéma (dir.), Jean Cavaillès résistant, ou la pensée en actes, éd. Flammarion, 2002
  • Gabrielle Ferrières Jean Cavaillès : un philosophe dans la guerre, 1903 - 1944, Paris : Félin, 2003.
  • Alya Aglan, La Résistance sacrifiée, éd. Flammarion, 1999 et 2006
  • Fabienne Federini, Écrire ou combattre. Des intellectuels prennent les armes (1942-1944) : Jean Cavaillès et Jean Gosset, Paris, La Découverte, coll. « Textes à l'appui », 2006, (ISBN 2-7071-4825-3).
  • Id., « Cohors-Asturies », dans François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, éd. Robert Laffont, 2006
  • Confédération nationale des policiers anciens combattants et résistants : 1939-1945. Pages d'Histoire. Les Policiers français dans la Résistance, 1964. Pages 119 à 123. Livre rare, tiré à 150 exemplaires.
  • Danielle Rioul-Gosset Sur les traces de Jean Gosset (1912-1944). éd. Scripta 2013

SourcesModifier

Voir aussiModifier