Claude-Étienne Chaillou des Barres

haut fonctionnaire français

Claude-Étienne Chaillou des Barres, né le au château de Sauvages à Beaumont-la-Ferrière et mort le à Paris, est un avocat, haut fonctionnaire et écrivain français, préfet napoléonien, conseiller général de l'Yonne, auteur de quelques monographies sur des monuments historiques de l' Yonne[1].

BiographieModifier

Étienne est le fils unique de Jean-Nicolas Chaillou, sieur du Mée et des Barres, conseiller du Roi, et de Louise Chambrun[2].

Après un internat au collège d'Auxerre, il étudie à Paris, d'abord à l'Institution polytechnique de Lemoine d'Estoies[n 1], ensuite à l’Institut de jurisprudence et d'économie politique[n 2] et l’Académie de législation[n 3]. Son discours De la noblesse, de l'utilité et de l'influence de la profession d'avocat a remporté le prix à l'Université de jurisprudence en l'an XII (1804).

Après ses études il devient, en 1805, auditeur au Conseil d’État. Le de cette même année, il se marie avec Zoé Marguerite Nicole Nompère de Champagny, la fille du ministre Jean-Baptiste Nompère de Champagny, qui sera son protecteur. À la suite de l'invasion de la Prusse (traité de la Confédération du Rhin), il est envoyé, en 1806, à Głogów comme intendant de la Basse-Silesie, mais malade, il revient en France, où il est nommé en 1808 auditeur à la direction générale des Ponts et Chaussées. Son directeur Jean-Pierre de Montalivet, qui devient en 1809 ministre de l'Intérieur, le propose pour le poste de préfet de l'Ardèche.

Nommé le préfet de l'Ardèche, il y crée des routes départementales, fait construire le palais de justice et des nouvelles prisons plus salubres. Il est un préfet aimé, malgré les rigidités de conscription pendant la mobilisation de 1813[3]. En 1814, à la Première Restauration, François-Xavier-Marc-Antoine de Montesquiou-Fézensac révoque 54 préfets, parmi lesquels Chaillou des Barres.

Le , pendant les Cent-Jours, Chaillou est nommé préfet de la Creuse. De nouveau destitué en à la Seconde restauration, il se retire au château des Barres à Sainpuits. À la mort de son père, il est créé chevalier par lettres patentes du roi du , et autorisé à prendre le nom de des Barres le [4].

Il mène dès lors une vie active dans son département comme publiciste et dans plusieurs fonctions publiques, parmi lesquelles : maire de Sainpuits, conseiller général de l'Yonne pour le canton de Saint-Sauveur[5]. Il fait aussi d'importantes modifications au château des Barres, qui sera inscrit monument historique en 1997.

Dans un premier temps, il participe à un concours d'écriture (1820), il écrit le livret d'un opéra (1823), et en 1828 il fonde le Mémorial de Yonne, journal qui a existé jusqu'en 1831.

En 1833, les conseils généraux deviennent à nouveau des corps élus. Il rédige deux textes sur les élections. Élu en 1833, et réélu en 1839, il est quelque temps président du conseil général. Inspecteur des monuments historiques du département de l'Yonne, il publie des monographies concernant le département.

En 1847 il est cofondateur et premier président de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, fonction qu'il remplit jusqu'à sa mort. Peu avant sa mort, il a aussi fondé la Société centrale d'agriculture, qu’il a présidée.

 
Plaque commémorative dans l'église sainte Marie-Madeleine de Sainpuits.

Un de ses derniers bienfaits est la donation, en 1857, des fonds pour une stèle au champ de bataille de Fontenoy[6].

À sa mort, il a été est enseveli dans la chapelle du château des Barres, érigée par lui.

Titres et honneursModifier

  • Claude-Étienne Chaillou fut honoré, en 1811, du grand cordon de l'Ordre du mérite civil de la Couronne de Bavière.
  • Il est nommé chevalier de la légion d'honneur par décret de et promu Officier de la Légion d'Honneur le .
  • Il fut créé chevalier héréditaire, par lettres patentes du , puis baron héréditaire, par ordonnance du  ; il avait été autorisé à ajouter à son nom celui de « des Barres », par ordonnance du . 11 fut continué dans le titre de baron héréditaire, par nouvelles lettres patentes du [7].

ŒuvresModifier

  • De la noblesse, de l'utilité et de l'influence de la profession d'avocat, Paris, P. Didot l'aîné, an XII, 32 p.
  • Lettre d'un voyageur en Suisse, Paris, 1806 (anonyme).
  • Essai historique et critique sur la législation des grains jusqu'à ce jour, ou, Mémoire sur cette question proposée par la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du département de la Marne quels sont les meilleurs moyens de prévenir, avec les seules ressources de la France, la disette des blés et les trop grandes variations dans leurs prix?, Paris, 1820. lire en ligne sur Google Livres.
  • Lasthénie, opéra en un acte, (musique de Ferdinand Hérold), Paris, 1823 lire en ligne sur Gallica[8].
  • Correspondance entre deux électeurs du département de l'Yonne, 1824, et Le Fond des choses, ou Qui nommerons-nous ? Dialogue entre trois électeurs du departement de l'Yonne, 1824 (deux opuscules sur les élections).
  • L'Abbaye de Pontigny, Paris 1844 lire en ligne sur Google Livres.
  • Notices sur Pontigny, In: Annuaire statistique du Département de l'Yonne, 1844 p. 105-112.
  • Les châteaux d'Ancy-le-Franc, de Saint-Fargeau, de Chastellux et de Tanlay, Paris 1845, recueil de 4 articles publiés précédemment. Ancy-le-Franc : lire en ligne sur Google Livres.
  • Influence du bien-être matériel sur la moralité d'un peuple 1846. lire en ligne sur Google Livres.
  • Saint Louis à Sens, esquisse de son regne, in : Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne, t. 6, 1852, p. 191-265, lire en ligne sur Gallica.
  • Prix de statistique fondés par M. le baron Chaillou Des Barres, président de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, 1856, lire en ligne sur Google Livres.
    • Collectif, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne : recueil de notices historiques, biographiques, géographiques, géologiques, agricoles etc., concernant toutes les communes du département, 1870, lire en ligne sur Google Livres.

BibliographieModifier

  • A. Challe, « Notice biographie sur M. le Baron Chaillou des Barres, suivi de Extrait de son testament en ce qui concerne la Société », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Volume 11, 1857, lire en ligne sur Google Livres
  • Léon Saladin (d), ancien préfet de l'Yonne, Notice nécrologique sur M. le Baron Chaillou des Barres, Almanach administratif historique et statistique de l'Yonne, année 1858, p. 87-95, lire en ligne sur Google Livres.
  • Christian de La Verteville, Le Baron Chaillou des Barres, sa famille, son environnement, Le Pigache, Paris, 2010.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Sur l’Institution polytechnique : Taillefer, abbé Louis Gabriel (1767-1852), inspecteur de l'académie de Paris, pendant vingt-cinq ans [lire en ligne]
  2. Sur l’Institut de jurisprudence : Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts, Volume 26, 1801 p. 555-556 [lire en ligne]
  3. Sur l’Académie de législation : BnF

RéférencesModifier

  1. Léon Saladin, op.cit.
  2. Terres et seigneurs en Donziais, Châtellenie de Druyes. Les Barres (Sainpuits).
  3. « Le baron Chaillou des Barres », Dictionnaire biographique des hommes vivants, 1850, lire en ligne sur Google Livres.
  4. Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la restauration 1814-1830, Paris, 1902 p. 76.
  5. Annuaire historique du Département de l'Yonne : recueil de documents authentiques destinés à former la statistique départementale sur Google Livres, 1857. p. 37 e.a.]
  6. Maurice Pignard Peguet, Histoire des communes de l'Yonne, Livre 1, Arrondissement d'Auxerre, 1913
  7. Albert Révérend, op. cit., p. 76.
  8. Compte-rendu de Lasthénie sur Google Livres Revue de la Musique Dramatique en France, Ernst Thorin, éd., p. 208 (et 418, 474)

Liens externesModifier