Classe Kolberg

Classe Kolberg
Image illustrative de l'article Classe Kolberg
Le navire de tête Kolberg en 1912.
Caractéristiques techniques
Type Croiseur léger
Longueur 130,50 m
Maître-bau 14 m
Tirant d'eau 5,45 à 5,73 mètres
Déplacement 4 362 t
Port en lourd 4 882 à 4 915 tonnes
Propulsion 2 à 4 turbines à vapeur
15 chaudières au charbon
2 à 4 hélices
Puissance 19 000(14 000 kW) à 20 200 cv (15 100 kW)
Vitesse 25,5 (47,2 km/h) à 26 nœuds (48,2 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage Hiloires = 100 mm
Pont = 20 à 80 mm
Château = 100 mm
Tourelles = 50 mm
Magasins = 40 mm
Armement Origine
12 × canons de 105 mm
4 × canons de 52 mm (en)
2 × tubes lance-torpilles de 450 mm
100 × mines
En 1918
6 × canons de 150 mm
2 × canons AA de 88 mm
4 × tubes lance-torpilles (2 × 450 mm et 2 × 500 mm)
100 × mines
Rayon d’action 6 250 à 6 720 km en vitesse de croisière
Autres caractéristiques
Équipage 18 officiers, 349 hommes d'équipage
Histoire
Constructeurs Schichau-Werke
AG Vulcan
Germaniawerft
Kaiserliche Werft
A servi dans War Ensign of Germany 1903-1918.svg Kaiserliche Marine
Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale
Commanditaire Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Période de
construction
1907-1911
Période de service 1909-1927
Navires construits 4
Navires prévus 4
Navires perdus 2
Navires démolis 2

La classe Kolberg est une classe de croiseurs légers construit pour la Kaiserliche Marine peu avant le début des années 1910. Quatre navires, le SMS Kolberg, Mainz, Cöln, et Augsburg, furent conçus par les chantiers navals Schichau-Werke, AG Vulcan, Germaniawerft et Kaiserliche Werft des villes de Danzig, Stettin et Kiel.

ConceptionModifier

La construction de la classe Kolberg provient de la classe Dresden. À l’exception de trois navires de guerre différents auparavant, les navires de la classe furent les premiers navires de guerre de l'Empire allemand dans lesquels un entrainement de turbines fut construit en série. Cependant, en raison des différents chantiers navals et de l'absence de normes, les quatre croiseurs de la classe avaient également quatre fabricants différents de système de turbines, ce qui a conduit à des performances et des vitesses différentes[1].

Caractéristiques généralesModifier

Les navires avaient une longueur de flottaison de 130 mètres et une longueur hors-tout de 130,50 mètres, un faisceau de 14 mètres et un tirant d'eau de 5,45 mètres à la proue et 5,73 mètres à la poupe. Ils déplaçaient 4 362 tonnes en charge nominale et 4 882 à 4 915 tonnes à pleine charge[2].

Leurs coques ont été construites avec des armatures en acier longitudinales. Les coques ont été divisées en treize compartiments étanches et incorporent un double fond, s'étendant sur 50% de la longueur de la quille. Considérés comme d'excellents croiseurs tenant bien la mer, ils avaient un grand rayon de braquage. La direction était contrôlée par un seul gouvernail. Leur hauteur métacentrique transversale était de 0,83 mètre.

L'équipage comprenait 18 officiers et 349 hommes d'équipage. Ils embarquaient plusieurs navires plus petits, dont un navire piquet, une barge, un cotre, deux yawls et deux dinghy[2].

MachinerieModifier

Les quatre navires avaient des systèmes de propulsion légèrement différents afin de tester les meilleures pour les constructions futures[3]. Le Kolberg était équipé de deux groupes de turbines à vapeur Melms & Pfenniger, entraînant quatre hélices à trois pales de 2,25 m de diamètre. Le Mainz était équipé de deux ensembles de turbines AEG-Curtiss, entraînant une paire d'hélice à trois pales de 3,45 m de diamètre. Le Cöln était initialement équipé de turbines Zoelly, avant d'être remplacés peu avant le début de ses essais en mer par un ensemble de turbines Germania, entraînant quatre d'hélices à trois pales ; deux d'un diamètre de 2,55 m et deux autres de 1,78 m. L'Augsburg était équipé de deux groupes de turbines Parsons, entraînant quatre hélices à 3 pales de 2,25 m de diamètre. Les quatre navires étaient équipés de quinze chaudières à tubes d’eau de type Marine alimentées au charbon, divisées en quatre chaufferies sur la ligne médiane. Les chaudières étaient réparties dans trois cheminées, elles-mêmes réparties de manière uniforme. En 1916, les Kolberg et Augsburg ont été équipés d'un système de chauffage au mazout afin d'augmenter le taux de combustion des chaudières au charbon[2], les Mainz et Cöln ayant été coulés à cette époque[3].

La puissance des moteurs était de 19 000 chevaux-vapeur (14 000 kW), excepté ceux du Mainz, évalués à 20 200 cv (15 100 kW). Cela produisait une vitesse de pointe de 25,5 nœuds (47,2 km/h), les moteurs plus puissants du Mainz lui donnaient un avantage de vitesse d'un demi-nœud. Les quatre navires ont toutefois dépassé ces chiffres lors des essais de vitesse et les quatre croiseurs ont atteint une vitesse supérieure à 26 nœuds. Le Kolberg transportait 970 tonnes de charbon et, après 1916, 115 tonnes de mazout en plus. Ce combustible lui donnait une autonomie maximale d'environ 6 250 km à 14 nœuds (26 km/h). Le Mainz transportait 1 010 tonnes de charbon, lui donnant une autonomie maximale d'environ 6 720 km en vitesse de croisière. Le Cöln transportait 960 tonnes de charbon pour un rayon de croisière de 6 500 km. L'Augsburg transportait 940 tonnes de charbon et avait le même rayon d'action que le Cöln[2].

ArmementModifier

Leur armement principal comprenait 12 canons simples de 105 mm SK L/45 montés sur un socle ; deux étaient placés côte à côte en avant sur le gaillard, huit au milieu du navire (quatre de chaque côté), et deux en tourelles superposées à l'arrière[3]. Ces canons tiraient un obus de 17 kg à une vitesse à la bouche de 710 mètres par seconde[4]. Leurs cadences étaient de 15 obus/min. Les canons avaient une altitude maximale de 30 degrés, ce qui leur permettait d'engager des cibles jusqu'à 12 700 mètres[4]. Pour les Kolberg et Augsburg, les canons de 105 cm ont été remplacés en 1916-1917 par 6 canons de 150 mm SK L / 45. Les canons de 150 mm tiraient un obus de 45 kg à une vitesse à la bouche de 835 mètres par seconde. Leurs cadences étaient de 4,5 obus/min. Les canons avaient une altitude maximale de 27 degrés, ce qui leur permettait d'engager des cibles jusqu'à 16 800 mètres[4]. Initialement, leur armement secondaire se composait de 4 canons de 5,2 cm SK L/55 (en), rapidement remplacés en 1918 par 2 canons antiaériens de 88 mm SK L/45. Ces canons tiraient des obus de 10 kg à une vitesse à la bouche de 765 m/s, pour une cadence de 15 obus/min. Leur portée était de 11 800 mètres à 45 degrés. Les navires comprenaient également 2 tubes lance-torpilles (immergés dans la quille) de 450 mm (17,7 pouces), embarquant des torpilles de 450 mm C/03[4]. D'une charge de 176 kg, leur portée étaient de 1 500 mètres à 31 nœuds (57,4 km/h) et 3 000 mètres à 26 nœuds (48,2 km/h)[4]. En 1918, les Kolberg et Augsburg ont été équipés de deux tubes lance-torpilles supplémentaires de 500 mm (19,7 pouces), montés sur le pont. Embarquant des torpilles de 500 mm G7, leur charge était de 195 kg, leur portée étaient de 4 000 mètres à 37 nœuds (68,5 km/h) et 9 300 mètres à 27 nœuds (50 km/h)[4]. Les navires de la classe emportaient à bord jusqu'à 100 mines marine[2].

BlindageModifier

Leur blindage était réalisé en acier de type Krupp. De la poupe à la proue, le pont était recouvert d’une plaque de blindage. Celle-ci était de 20 mm (0,79 pouce) à la proue, de 40 mm (1,6 pouce) d’épaisseur au-dessus des locaux des machines, de 20 mm devant les locaux des machines et de 80 mm (3,1 pouces) à la proue. Les hiloires des cheminées avaient une épaisseur de 100 mm (3,9 pouces). Le château avait des côtés de 100 mm d'épaisseur et un toit de 20 mm d'épaisseur. Le blindage des magasins était de 40 mm d'épaisseur[5] et les tourelles protégées par des boucliers de 50 mm d'épaisseur (2 pouces)[2].

ConstructionModifier

Commandé sous le nom de contrat « Ersatz Greif », le Kolberg a été mis sur cale le au chantier naval Schichau-Werke de Danzig, sous le numéro de coque 814. Il est lancé le puis mis en service dans la Hochseeflotte le . Sa construction aura coûté 8 181 000 marks. Le croiseur est en cale sèche au chantier Kaiserliche Werft de Kiel entre 1916 et 1917.

Commandé sous le nom de contrat « Ersatz Jagd », le Mainz a été mis sur cale en septembre 1907 au chantier naval AG Vulcan de Stettin, sous le numéro de coque 288. Il est lancé le puis mis en service dans la Hochseeflotte le [6]. Sa construction aura coûté 8 777 000 marks.

Commandé sous le nom de contrat « Ersatz Schwalbe », le Cöln a été mis sur cale en 1908 au chantier naval Germaniawerft de Kiel, sous le numéro de coque 191. Il est lancé le puis mis en service dans la Hochseeflotte le . Sa construction aura coûté 8 356 000 marks.

Commandé sous le nom de contrat « Ersatz Sperber », l'Augsburg a été mis sur cale en 1908 au chantier naval Kaiserliche Werft de Kiel, sous le numéro de coque 34. Il est lancé le puis mis en service dans la Hochseeflotte le . Sa construction aura coûté 7 593 000 marks. Le croiseur est en cale sèche au chantier Kaiserliche Werft de Kiel entre 1916 et 1917[6].

Navires de la classeModifier

Nom Chantier naval Quille Lancement Mis en service Fin de carrière Photo
SMS Kolberg Schichau-Werke de Danzig Transféré dans la marine française le  ; renommé Colmar ; démoli en 1929  
SMS Mainz AG Vulcan de Stettin Septembre 1907 Coulé à la bataille de Heligoland le  
SMS Cöln Germaniawerft de Kiel 1908 Coulé à la bataille de Heligoland le  
SMS Augsburg Kaiserliche Werft de Kiel 1908 Transféré dans la marine japonaise le  ; renommé Y ; démoli en 1922  

HistoriqueModifier

Le Kolberg assista à plusieurs face à face avec les Britanniques pendant la guerre, notamment le raid sur Scarborough, Hartlepool et Whitby (en) en décembre 1914 et la bataille du Dogger Bank le mois suivant[7],[8]. Il affronta également les Russes à deux reprises[9], lors de la bataille du golfe de Riga en août 1915 et durant l'opération Albion en novembre 1917[10]. Après la fin de la guerre, il fut cédé à la France comme prise de guerre et rebaptisé Colmar. Il servit brièvement dans la marine française, dont un déploiement en Asie en 1924[11]. Le Colmar fut retiré du service en 1927 et démoli deux ans plus tard[12].

Après sa mise en service, le Mainz servit avec le IIe Scouting Group, qui faisait partie des forces de reconnaissance de la Hochseeflotte[13]. Il fut affecté à des patrouilles au large de la baie de Heligoland lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale au début d'août 1914[14]. À la fin d'août 1914, il combat à la première bataille de Heligoland au cours duquel il fut coulé par des croiseurs et des destroyers britanniques au matin du 28 août[15],[16]. Les Britanniques ont sauvé 348 hommes d'équipage avant que le navire ne se retourne et ne sombre. Quatre-vingt-neuf hommes ont été tués dans la bataille, y compris son commandant.

Après sa mise en service, le Cöln servit avec le IIe Scouting Group, qui faisait partie des forces de reconnaissance de la Hochseeflotte. Il fut affecté à des patrouilles au large de la baie de Heligoland lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale au début d'août 1914. À la fin d'août 1914, il combat à la première bataille de Heligoland au cours duquel il fut coulé par des croiseurs et des destroyers britanniques au matin du 28 août. L'équipage abandonna le navire, mais les forces allemandes n'effectuèrent aucune recherche dans la région pendant trois jours ; seul un homme fut retrouvé vivant[17].

Au début de sa carrière, l'Augsburg servit de navire d’essai de torpilles, puis comme navire d’entraînement au tir[18]. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il fut affecté à la mer Baltique[19], où il passa toute la durée de la guerre. Le , il participa à une opération au cours duquel les premiers coups de feu de la guerre furent tirés contre les Russes. Il prit ensuite part à la bataille du golfe de Riga[20] en août 1915 et à l'opération Albion en octobre 1917, ainsi qu'à de nombreux plus petits engagements tout au long de la guerre[21],[22]. En janvier 1915, il heurta une mine et fut inopérationnel pendant de longs mois. Après la fin de la guerre, il fut cédé au Japon comme prise de guerre et rebaptisé simplement sous le nom de Y. Le croiseur fut démoli en 1922[18].

Notes et référencesModifier

  1. « Petit Croiseur SMS Kolberg », sur militaer-wissen.de (consulté le 10 novembre 2018)
  2. a b c d e et f Gröner 1990, p. 106
  3. a b et c Gardiner & Gray, p. 159
  4. a b c d e et f « CLASSE Kolberg », sur le.fantasque.free.fr (consulté le 29 octobre 2018)
  5. « CLASSE Kolberg », sur le.fantasque.free.fr (consulté le 30 octobre 2018)
  6. a et b Gröner 1990, p. 106–107
  7. Halpern 1995, p. 41.
  8. Tarrant 1995, p. 31.
  9. Staff 2008, p. 119–120.
  10. Halpern 1995, p. 184.
  11. Waldron 2002, p. 53–54.
  12. Gardiner & Gray, p. 201
  13. Scheer 1920, p. 14.
  14. Scheer 1920, p. 42.
  15. Staff 2008, p. 26.
  16. Staff 2008, p. 6–8.
  17. Staff 2008, p. 19, 21.
  18. a et b Gröner 1990, p. 107
  19. Halpern 1995, p. 194–195.
  20. Halpern 1995, p. 197–198.
  21. Staff 2008, p. 60.
  22. Staff 2008, p. 102–103.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Conway's All the World's Fighting Ships : 1906–1922, Annapolis, MD, Naval Institute Press, , 439 p. (ISBN 0-87021-907-3)
  • (en) Erich Gröner, German Warships : 1815–1945, Annapolis, MD, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-790-9)
  • (en) Paul G. Halpern, A Naval History of World War I, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, , 616 p. (ISBN 1-55750-352-4)
  • (en) Norman Polmar et Jurrien Noot, Submarines of the Russian and Soviet Navies, 1718–1990, Annapolis, Naval Institute Press, , 370 p. (ISBN 0-87021-570-1)
  • (en) Reinhard Scheer, Germany's High Seas Fleet in the World War, Londres, Cassell and Company, (lire en ligne)
  • (en) Gary Staff, Battle for the Baltic Islands, Barnsley, South Yorkshire, Pen & Sword Maritime, , 178 p. (ISBN 978-1-84415-787-7)
  • (en) V. E. Tarrant, Jutland : The German Perspective, London, UK, Cassell Military Paperbacks, , 350 p. (ISBN 0-304-35848-7)
  • (en) Arthur Waldron, From War to Nationalism : China's Turning Point, 1924–1925, Cambridge, UK, Cambridge University Press, , 416 p. (ISBN 0-521-52332-X, lire en ligne)

Lectures complémentairesModifier

  • Gerhard Koop/Klaus-Peter Schmolke, Kleine Kreuzer 1903–1918, Bremen bis Cöln-Klasse, Band 12 Schiffsklassen und Schiffstypen der deutschen Marine, Bernard & Graefe Verlag München, 2004, (ISBN 3-7637-6252-3)