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Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires !

film de René Viénet, sorti en 1977
Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires !
Réalisation Ji Qing-ming, René Viénet, Al Perreault[1]
Scénario René Viénet
Pays d’origine France
Genre documentaire
Durée 120 minutes
Sortie 1977

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires ! est un film documentaire réalisé par Ji Qing-ming, René Viénet et Al Perreault[1], sorti en 1977. Le film évoque, à travers des documents de l'époque, la Révolution culturelle et soutient que la bande des Quatre était composée de cinq membres, associant Mao Zedong à celle-ci.

Sommaire

Synopsis et analysesModifier

Le titre est inspiré de celui de Sade, Français, encore un effort pour être républicains. Le film retrace, à travers des documents d'époque, l’histoire de la Révolution culturelle et sa genèse, les circonstances de la disparition de Lin Biao, les manifestations populaires du 5 avril 1976 contre la bande des Quatre, et l’arrestation de Jiang Qing, la femme de Mao Zedong, après la mort de ce dernier[2]. Le film soutient qu'ils étaient cinq dans la Bande des Quatre, associant Mao à celle-ci[3].

Les images documentaires sont pour la très grande majorité des images officielles du département de propagande et de différents services cinématographiques du régime communiste[4], un « décryptage en images de la propagande maoïste » pour Guy Sorman[5]. Des scènes extraites de films de kung-fu et de karaté ponctuent le film, comme métaphore des luttes pour le pouvoir qui déchirent les dirigeants chinois. La recherche et le montage des images, fruit d'une équipe de sinologues et chercheurs, ont pris plusieurs années[6].

Le film est dédié à Li Yizhe et à Tseng Jui-hsiang, exécuté en 1965. C'est autour du texte de Li Yizhe, À propos de la démocratie et de la légalité sous le socialisme, qu'est organisé le commentaire[7].

Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires ! a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 1977[2]. Le réalisateur René Viénet indique :

« Ce “film d’avant-garde violent” eut peu de succès, il était difficile à l'époque de remettre en cause l'aura de Mao Zedong en France[6]. »

Simon Leys mentionne l'intervention, dans les deux cinémas qui projettent le film, de perturbateurs du « social-fascisme à caractère féodal » au moment précis de la projection des manifestations d'avril 1976 où le peuple chinois décida « d'enterrer le Grandiose Timonier avant même qu'il ait rendu l'âme, voilà ce que nos biens pensants ne sauraient accepter…[7] »

Fiche techniqueModifier

  • Titre original : Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires !
  • Réalisation : Ji Qing-ming, René Viénet, Al Perreault[1]
  • Scénario : René Viénet
  • Montage : Noun Serra et Monique Clementi
  • Sociétés de production : Films des Isles
  • Pays d'origine :   France
  • Langues originales : français et chinois
  • Format : Noir et blanc / Couleurs – 35 mm
  • Genre : documentaire
  • Durée : 120 minutes
  • Date de sortie : 1977

Une des voix du documentaire est celle du sinologue Jacques Pimpaneau (René Viénet fut un de ses élèves)[6]. Un des assistants réalisateurs est le futur journaliste Francis Deron (1952-2009), sous le pseudonyme d'Al Perreault. Celui-ci, qui pratiquait la langue chinoise, sera ultérieurement correspondant à Pékin de l'AFP puis du quotidien Le Monde[3].

Accueil critiqueModifier

Le sinologue Simon Leys indique :

« Le film nous restitue dans leurs débordements les plus extravagants les liturgies hystériques et les thaumaturgies médiévales du culte de Mao […] ces images de la dégradation de l'intelligence qui sont celles mêmes de la propagande officielle de l'époque[7]. »

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Pseudonyme utilisé par le journaliste Francis Deron.
  2. a et b Chinois, encore un effort pour être révolutionnaires !, sur le site officiel de la Quinzaine des réalisateurs.
  3. a et b René Viénet 2006 : « L'assistant réalisateur (sous un pseudo) du film, un chômeur méritant et, à l'évidence, futur bon journaliste, ayant été recruté par François Fejtő pour devenir le correspondant de l'AFP à Pékin, un tir de barrage fut organisé par les cathos-maos qui voulaient contrôler non seulement la diplomatie et l'université mais aussi les médias. L'AFP passa outre, elle s'en porta bien, bénéficiant ainsi d'une excellente couverture du mur de la démocratie par Francis Deron, tout comme Le Monde par la suite qui, souhaitant dissiper la coûteuse (cent mille lecteurs en moins) image khmer-rouge et philomaoiste diffusée par Patrice de Bouc et Alain de Beer, recruta le premier journaliste français, basé en Chine, à avoir fait l'effort d'apprendre le chinois avant son départ. »
  4. Pierre Boncenne, Le Parapluie de Simon Leys, 2015, page 61, présentant une analyse de Simon Leys parue dans L'Express du 14 novembre 1977.
  5. Guy Sorman L'Année du Coq : Chinois et rebelles.
  6. a b et c Pierre Haski « Kung-fu et cul politique : dans les années 70, mashups jubilatoires » Rue89, 20 mars 2015.
  7. a b et c Leys 1998

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier