Chengdu J-10

avion militaire

Le J-10 (歼-10 jiān 10 ou Jianji-10) est un avion multirôle tout-temps de quatrième génération construit par la firme Chengdu Aircraft Corporation établie à Chengdu, en Chine pour la force aérienne chinoise. Il est connu en Occident sous le nom « Vigorous Dragon ». Il est entré en service en 2003 dans la force aérienne chinoise et existe en plusieurs variantes.

Chengdu Jian-10
Vue de l'avion.
J-10B armé de PL-12 et PL-8B, au salon aéronautique de Zhuhai 2018

Constructeur CAC
Rôle Avion multirôle
Statut En service
Premier vol (J-10A) / 2008 (J-10B) / 2013 (J-10C)
Mise en service / 2014 / 2016
Coût unitaire 28 millions $ (2010)
Nombre construits 450+ appareils :
236 J-10A / 55 J-10S / 54 J-10B / au moins 114 J-10C (mars 2019)
Équipage
1 ou 2 pilotes
Motorisation
Moteur Salyut AL-31FN
Nombre 1
Type Turboréacteur avec postcombustion
Poussée unitaire 122,7 kN avec PC
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 9,8[1] m
Longueur 16,90[1] m
Hauteur 5,7[1] m
Surface alaire 45,5 m2
Masses
À vide 8 300 kg
Maximale 18 000 kg
Performances
Rayon d'action 1 300 km
Facteur de charge -3 G/+9 G
Armement
Interne 1 canon de 23 mm
Externe 4 500 kg de charge (missiles, bombes, réservoirs, etc.) sur 11 points d'emport

ConceptionModifier

L’étude du futur J-10 par l'industrie de l'armement de la République populaire de Chine débute en , sur la demande des forces aériennes de l’Armée populaire de libération (APL) qui cherchent à bénéficier d'un chasseur de nouvelle génération en complément des appareils de quatrième génération soviétiques (Mig-29 et Su-27) que l'URSS commence alors à mettre en service. Le futur aéronef reprend certains concepts de la génération précédente, le J-9, comme l'aile delta et les plans canards à l'avant.

En , l’APL et le gouvernement chinois approuvent officiellement le programme sous le nom de code « project 8610 » et baptisent l'appareil J-10. Song Wencong (en) est placé à la tête du développement de l'appareil et la Chine bénéficie d'aide internationale sous la forme d'un General Dynamics F-16 et d'un réacteur CFM56.

En , le programme bénéficie de l'apport des technologies du IAI Lavi du constructeur israélien IAI, qui bénéficie en retour des technologies des ailes delta et plan canard du J-9[réf. nécessaire].

En , à la suite de la répression des manifestations de la place Tian'anmen, la Chine est soumise à un embargo qui ralentit sérieusement le développement du moteur, car ni les Chinois ni les Israéliens ne sont alors capables de concevoir le moteur requis pour le J-10[2].

La première maquette grandeur nature est réalisée en mais les ingénieurs chinois se heurtent rapidement à des problèmes techniques, surtout durant les tests en soufflerie. À la suite de l'éclatement du bloc soviétique, le programme évolue vers un avion multirôle à même de remplacer également les Q-5 Fantan d’attaque au sol ; cette réorientation impose de redessiner certaines parties de l'appareil pour lui permettre entre autres d'intégrer un radar de suivi de surface.

Au milieu des années 1990, les Russes font leur entrée dans le programme, apportant avec eux le moteur AL-31F, et à la mi-, le premier prototype, immatriculé « 1001 », monoplace, réalise son vol inaugural. À la fin de 1997, le second prototype est perdu, semble-t-il à cause d'un problème dans les commandes de vol électriques. Autour du ou , après une révision complète du système de contrôle de vol, le troisième prototype vole. C’est cette date qui est généralement considérée comme le premier vol officiel du J-10. Au cours de l’année six autres prototypes destinés aux essais en vol et essais statiques sont construits ; la plupart sont équipés du moteur chinois WS-10, les autres sont à motorisation russe.

Le développement de la version biplace J-10S, pour l'entraînement, débute en . Les essais en vol se poursuivent sur les versions monoplaces avec, entre autres, les tests d'éjection du siège.

En arrive la première commande de l’État chinois, 54 appareils à moteur russe AL-31N — le même que celui du Su-27 en raison du retard sur le développement du réacteur WS-10A.

La seconde phase des essais, avec les tests sur les systèmes d'arme, débute en .

Le sont livrés les premiers J-10 de présérie, sans radar à cause des retards dans le développement de celui-ci, dans une unité d'expérimentation opérationnelle : le centre d’entraînement et de test de vol de l'armée de l'air chinoise à la base aérienne de Cangzhou, dans la province de Hebei. Cette première livraison est effectuée lors d'une cérémonie au cours de laquelle les principaux responsables militaires peuvent observer deux J-10 en démonstration.

En de la même année, la variante biplace effectue son premier essai en vol, et le premier test de missile air-air est réalisé durant le même mois.

Au début de , la version monoplace J-10A obtient son certificat de vol, suivie, en , par la version biplace J-10S.

Le la Chine reconnaît officiellement l'existence du J-10, deux ans et demi après la présentation officielle, en raison du déclassement du programme, jusque-là couvert par le secret défense.

Le , la version J-10C est officiellement déclarée prête au combat[3] et, le de la même année, un J-10B équipée d'un moteur WS-10 à poussée vectorielle fait sa première apparition en public au salon de Zhuhai. L'avion effectue plusieurs figures de voltige aérienne dont le cobra de Pougatchev

DescriptionModifier

 
Le IAI Lavi Israélien

Le J-10 est un appareil à voilure delta, qui comme le Saab 37 Viggen est équipé de plans canards dont le design est hérité du Chengdu J-9. L'entrée d'air est située en position centrale, la dérive est unique et est associée à d'épaisses quilles anti-roulis.

RumeursModifier

L'ensemble de ces détails ont fait dire aux constructeurs du Lavi qu'il s'agissait d'une copie. Mais les constructeurs du J-10 ont montré que ces deux avions étaient très vaguement apparenté au Chengdu J-9 qui est antérieur de 11 ans au Lavi sans convaincre personne d'autres qu'eux mêmes[4] [pas clair][réf. obsolète][source détournée]. Certaines sources indiqueraient même que le Pakistan aurait prêté un F-16 au bureau d'études de Chengdu.[réf. souhaitée]

Les inspirations, voire copies, restent fréquentes dans toutes industries dont celle de l'aéronautique militaire, mais plus particulièrement en République Populaire de Chine, où la contrefaçon est endémique. [réf. souhaitée] [non pertinent]

MoteurModifier

 
J-10S lors de la compétition internationale "Aviadarts", en 2017

Le bloc moteur est d'origine russe jusqu'en 2020, il s'agirait d'un dérivé du AL-31F qui équipe les Su-27 produit sous licence en Chine : le AL-31FN. Les Chinois ont peiné à développer leur propre motorisation (WS-10) et en l'absence de licence de fabrication, ils sont contraints à acheter leur moteur chez les Russes.
Le J-10B et J-10C sont équipées de AL-31FN série 3 plus performants.

Les premiers J-10C équipés de réacteurs chinois, le WS10B, sont prêts à être livrés en mars 2020[5] et sont en service opérationnel en mai 2021[6].

ArmementModifier

C'est dans le domaine de l'armement que les Chinois font le plus d'efforts en développant leur propre gamme d'armements guidés, le reste provenant de Russie. Le J-10 peut emporter des armements de type air-air, air-sol et une nacelle de désignation ou de brouillage électronique au niveau des points d'emports latéraux.

Le J-10 possède un canon interne de 23 mm. Il peut emporter des charges sur 11 points d'emport pour une masse utile de 4 500 ou 5 500 kg (six sous les ailes et cinq sous le fuselage) :

  • Missile air-air infra-rouge courte portée : PL-8, PL-10 (J-10C), R-73 (russe)
  • Missile air-air à guidage radar moyenne portée : PL-11, PL-12, PL-15 (J-10C), R-77 (russe)
  • Missile air-surface : YJ-83K, KD-88, YJ-9K
  • Missile anti-radar : Pj-9
  • Bombes à guidage laser ou non guidées
  • Réservoirs de carburant
  • Nacelle de désignation / de brouillage

RadarModifier

L'appareil a péché à ses débuts aussi dans le domaine de la navigation et du guidage, les Chinois étant dépendants jusqu'au début des années 2010 des réseaux russes (Glonass) et américains (GPS), ce qui affecte leur indépendance jusqu'à la mise en service du réseau Beidou. Le radar Type 1473 à impulsion Doppler est de fabrication chinoise. Il permet de suivre 10 cibles tout en en attaquant 4 simultanément sur un champ large de 100 km.

Le J-10C dispose d'une radar à antenne active et une suite de guerre électronique dédiée[1].

Le reste des caractéristiques techniques est encore relativement flou selon les sources. Ainsi la masse à vide est de 8,8 t ou 9,7 t et sa capacité d'emport est estimée à 4 500 kg ou 5 500 kg.

CommandesModifier

Initiateur du projet, les besoins chinois seraient évalués en 2019 à près de 500 appareils.

ChineModifier

 
Un J-10AY de la patrouille acrobatique du 1er août.
  • 13th Flight Test Regiment of the Flight Test & Training Centre (Cangzhou, Hebei) : février 2003.
  • 131e Régiment de chasse aérienne de la 44e Division aérienne (Mengzi, Yunnan) : décembre 2004, 32 J-10.
  • 3e Division aérienne (Changxing, Zhejiang) : début 2006.
  • 2e Division aérienne (Guangdong) : 2007

En juillet 2004, une cérémonie officielle marque la mise en service officielle de l'appareil où sont présentés aux officiels une dizaine d'appareils. Le premier lot comprenait 50 exemplaires, et fut suivi d'un second lot de 100 avions à partir de 2005. 300 de la première version sont finalement construits.

De 100 à 200 J-10C seraient prévus.

L’armée de l’air chinoise a estimé à environ 300 appareils ses besoins et il est possible que l’aéronavale de la marine (PLANA) en fasse aussi la demande.

En 2012, on estime que les unités suivantes sont équipées de J-10 :

  • Centre de transformation et de formation expérimentale à Changzhou.
  • 2e Régiment de la 1re Division de Chasse (Anshan, région militaire de Shenyang) : J-10A et J-10S
  • 5e Régiment de la 2e Division de Chasse (Guilin, région militaire de Guangzhou) : J-10A et J-10S
  • 8e Régiment de la 3e Division de Chasse (Changxing, région militaire de Nanjing) : J-10A et J-10S
  • 26e Régiment de la 9e Division de Chasse (Huizhou-Huiyang, région militaire de Guangzhou) : J-10A et J-10S
  • 43e Régiment de la 15e Division d'Attaque au Sol (Datong-Huaren, région militaire de Beijing) : J-10A et J-10S
  • 72e Régiment de la 24e Division de Chasse (Tianjin-Yangcun, région militaire de Beijing) : J-10A et J-10S
  • 131e Régiment de la 44e Division de Chasse (Luliang, région militaire de Chengdu) : J-10A et J-10S
  • Formation de démonstration aérienne du 1er août (Tianjin-Yangcun, région militaire de Beijing) : J-10AY et J-10SY

ExportModifier

La rentabilisation d'un programme en aéronautique passe beaucoup par la vente à l'export. Les pays visés ne disposent pas des moyens financiers ou des autorisations nécessaires pour acheter des appareils auprès des nations occidentales (F-35, Rafale, Eurofighter, Gripen…). Il s'agit principalement des marchés de l'Asie Pacifique, d'Amérique du Sud, d'Afrique et de la région Moyen-Orient-Afrique du Nord. Mais ces derniers sont largement prospectés par l'industrie russe.

Pour l'heure, outre l'Iran, quatre pays ont montré un intérêt pour le chasseur chinois : le Pakistan[7],[8], l'Indonésie, la Thaïlande et l'Argentine[9][réf. nécessaire].

Il ne trouve toutefois aucun débouché à l'exportation avant la fin et une première commande venue du Pakistan.

PakistanModifier

Le Pakistan a commandé 36 avions J-10B en pour un montant d'1,4 milliard de dollars américains[7],[8] mais cette décision est annulée en .

Le , le Pakistan annonce commander auprès de la Chine vingt-cinq J-10C[10], les deux premiers sont aperçu le dans ce pays[11].

VariantesModifier

  • J-10A - Version de base monoplace
  • J-10S - Version biplace du J-10A pour l'entraînement. Il peut aussi être utilisé comme avion d'attaque au sol.
  • J-10AY/SY - Version du J-10A/S destinée à l'équipe de démonstration aérienne 1er août
  • J-10B - Modification du design de l'entrée d'air, ajout d'un capteur optronique a l'avant, nouveau radar a balayage passive (PESA), moteur Salyut AL-31 FN série 3
  • J-10C - Nouveau radar à antenne active (AESA), suite de guerre électronique amélioré, intégration des missiles PL-15 et PL-10
  • J-10D - Version que des observateurs supposent en étude, en 2018 pour améliorer la furtivité, l’autonomie et la capacité multi-rôles de l’appareil[12]
  • Prototype J-10B avec un réacteur à poussée vectorielle destiné au Chengdu J-20 testé depuis fin 2017[13]
  • FC-20 - Dénomination de la version destinée à l'export du J-10A
  • J-10CE - Dénomination de la version destinée à l'export du J-10C présenté en 2018[1]

Culture populaireModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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BibliographieModifier

  • Jean-Louis Promé, « Pékin s'arme de "Dragons" ! », Air Fan, no 336,‎ , p. 10 (ISSN 0223-0038)
  • AirInternational février 2007
  • AirForceMagazine janvier 2007
  • « J-10 : un premier ambitieux », Air & Cosmos, vol. Hors série Avions de Combats, no 15,‎ , p. 92-95 (ISSN 1240-3113)

Liens externesModifier