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Une paire de charentaises

La charentaise est une sorte de pantoufle de feutre originaire de la région de la Charente.

Sommaire

HistoireModifier

La charentaise est créée à la fin du XVIIe siècle à partir des rebuts de feutres utilisés pour la fabrication d'uniformes militaires à la suite de la fortification de la ville de Rochefort par Colbert en 1666. L'Administration Royale se tourne alors vers Angoulême et ses moulins à eau pour fouler la laine et fabriquer du feutre, les chutes et les rebuts de feutre des pèlerines de la Marine Royale étant recyclés par les cordonniers-savetiers pour fabriquer les premières charentaises qui sont noires, le dessus en laine, la semelle en feutre, sans pied droit ni pied gauche pour en faire durer l'usage[1].

La charentaise se développe également au XVIIe siècle à partir des rebuts de feutres de papeterie utilisés dans l'industrie papetière implantée sur la Charente et sur ses affluents, dans la région d'Angoulême.

Au début ce type de pantoufles, pour plus de confort, se glisse dans les sabots pour remplacer la paille, la languette des charentaises ayant pour fonction originelle de protéger le cou-de-pied du contact du bois. Par la suite, un cordonnier de La Rochefoucauld aurait eu l'idée de poser une semelle rigide sous la pantoufle[réf. nécessaire].

Au XVIIIe siècle, ces pantoufles tout en feutre servent aux domestiques pour cirer les parquets des châteaux.

La véritable charentaise apparaîtra au XXe siècle en 1907, grâce au docteur Jeva, dont l'usine existe encore aujourd'hui à Chasseneuil-sur-Bonnieure à 10 km de La Rochefoucauld, qui invente le collage du feutre et crée des pantoufles aux couleurs vives et aux décors de type écossais[1]. Cette Charentaise se verra portée toute seule à partir du XXe siècle.

Le succès mondial vient avec James Rondinaud qui a l'idée de les exporter aux quatre coins du monde.[réf. nécessaire] Aujourd'hui, Roselyne Cordin, Maître Artisan d'Art, unit ces deux savoir-faire Haute Façon Française : la fabrication traditionnelle de la Charentaise avec celle de la broderie Haute-Couture dite de Lunéville. Elle protège à l'INPI, la technique de la broderie haute-couture jamais utilisée jusqu'à présent pour la fabrication de Charentaises, seulement les broderies machines, sérigraphie, flocage.[réf. nécessaire]

Les silencieusesModifier

 
Vente de charentaises lors de la félibrée à Piégut

À l'époque les charentaises étaient appelées les silencieuses. Ce nom vient du fait que les charentaises étaient portées par les valets et leur permettaient de se déplacer dans la chambre de leur maître sans bruit.

Les bijoutiers en ont porté, et peut-être en portent encore dans l'Atelier, et les incinèrent une fois usées, afin de retraiter les particules de métaux.

Le château de Varaignes (Dordogne) abrite le Musée de la charentaise et des tisserands. L'association CPIE Périgord-Limousin, basée dans ce château, propose au groupe de découvrir la fabrication en direct d'une paire de charentaises grâce à la méthode du cousu-retournée (sans colle)[2].

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier