Char M26 Pershing

Char de combat américain de la fin de la Seconde Guerre Mondiale
Page d’aide sur l’homonymie Pour les articles homonymes, voir M26.

Char M26 Pershing
Image illustrative de l’article Char M26 Pershing
M26A1 au musée de l'armée de Bruxelles
Caractéristiques générales
Équipage 5 (chef de char, chargeur, tireur, pilote et copilote)
Longueur 6,33 (8,65 m avec le canon)
Largeur 3,51 m
Hauteur 2,78 m
Masse au combat 41 900 kg
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage Plancher : 25 mm; Tourelle : frontal 114, latéral et arrière 76; Superstructure : frontal 102, latéral 76, arrière 51; Caisse : frontal et latéral 76, arrière 51[1]
Armement
Armement principal 1 canon de 90mm M3 L/52 et 70 obus.
Armement secondaire 1 mitrailleuse Browning 1919 de calibre 0.30 (7,62 mm) coaxiale, 1 seconde à droite du conducteur (2 500 cartouches chacune). 1 Browning M2 calibre 0.50 (12.7 mm) sur le toit de la tourelle (500 cartouches).
Mobilité
Moteur Ford GAF V8 à essence
Puissance 450 à 500 ch (336 à 373 kW)
Suspension barre de torsion
Vitesse sur route 40 km/h (8,5 km/h en tout terrain)
Puissance massique 10,74 à 11,93 ch/tonne
Autonomie 161 km

Le char M26 Pershing (ou Heavy Tank M26 Pershing) était un char lourd américain, utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale et en Corée. Il fut nommé en hommage au général John Pershing.

HistoireModifier

Le principal char américain (US) de la Seconde guerre mondiale fut le M4 "Sherman" (ou "General Sherman") apparut en 1942, et qui fut successivement amélioré (M4A1; M4A1 (76); M4A2; M4A3; M4A3 (76); M4A3E2 "Jumbo"; M4A3E8; M4A4; M4A6). Cependant, malgré tout, il fut conçu à la hâte et était techniquement inférieur au combat face à ses homologues allemands, surtout "Tigre" et "Panther", sans parler plus tard du "Tigre II".

Dès l'automne 1942, l’Ordnance Corps réfléchit à un char de remplacement, et pendant les deux années suivantes plusieurs prototypes furent réalisés (T20; T22; T23; T25; T26), tous armés, blindés et motorisés différemment. À l’apparition des Tigres I et des Panther, le projet ne fut pas accéléré en raison du faible nombre opérationnel de ces derniers. De plus, la doctrine US d’alors supposait que les chars n’étaient pas aptes à combattre d’autres blindés, ce rôle étant réservé aux chasseurs de chars (plus mobiles, fortement armés, mais faiblement blindés), où à l'aviation (qui, en exemple, détruisit une grande partie des blindés engagés dans la contre-attaque de Mortain). Le rôle des chars, pour l'armée américaine, se résumait principalement à appuyer l'infanterie. Ainsi le développement du M26 fut long, n'étant pas prioritaire.

Lors de la Bataille de Normandie, la force blindée allemande étant plus organisée et équipée que durant la guerre du Désert ou en Italie, les chasseurs de chars se révélèrent inefficaces, et la doctrine voulant qu'un char ne devait pas combattre un autre char se confrontait aux réalités du terrain : à la guerre, on ne choisit pas toujours son adversaire. L’utilisation d’un nouveau canon plus puissant sur les M4 anglais (Sherman Firefly, armé du canon de 17 pounder) fut un important progrès, mais ne résolut pas le problème : les M4 n’avaient que peu de chances de survie au combat face aux chars et chasseurs de chars lourds allemands. Ainsi, engager un remplaçant devint urgent.

Vingt M26 Pershing débarquent dans le port d'Anvers en janvier 1945 et sont répartis entre la 3rd et la 9th Armored Divisions[2]. Ils seront les seuls à combattre, et les rares engagements face aux Panzer prouvent que ce blindé tient son rang[3]. Le canon de 90 restant inférieur au "88" du Tigre II, apparaissent en mars sur le front un ou deux exemplaires[4] du prototype T26E4, armé d'un canon de 90 mm L/70 doté d'une vitesse initiale de 1 173 m/s.

En , avec les nouvelles doctrines de l’US Army, les M26 furent déclassés en chars moyens. Équipés d'un moteur équivalent à celui des Sherman M4A3 (500 ch), mais avec 9 tonnes de plus à déplacer, ils étaient donc moins maniables, et apparut donc la version M26E2, renommée M46 "Patton", suivit par le M47 doté d'une nouvelle tourelle.

Les M48 et M60 étaient entièrement redessinés.

Comportement au combatModifier

Seconde Guerre mondialeModifier

Le projet T26, rassemblant toutes les données issues de l’expérience au combat, fut long à développer et ainsi, seuls quelques exemplaires purent participer (environ 200) au conflit, engagés dans la Zebra Technical Mission, une unité composée de militaires et de civils, principalement destinée à évaluer le comportement du matériel au combat. Ils furent livrés au 2e Groupe d'armées du général Omar Bradley et déployés au sein des 3e et 9e divisions blindées. Leur premier combat se déroula en . La première perte d'un M26 arriva le 28 de ce mois, mis hors de combat par un Tigre. Il fut toutefois réparé et réengagé par la suite.

Belton Y. Cooper, un officier d’armement du Combat Command de la 3 rd Armored Division écrivit un rapport sur ses expériences de combat au sein de la force blindée américaine. Selon lui, 10 M26 furent envoyés à la 3 rd Armored Division en . Il déclara que les M26 n’avaient pas été envoyés plus tôt à cause de Patton qui préférait les M4, moins gourmands en carburant et surtout bien plus mobiles. Cette version, sans doute apocryphe, est discutée par Charles Baily qui a écrit[5] :

« En recherchant dans les documents relatifs au développement du M26, des archives de l’Ordnance Department, de l’Army Service Forces, de l’Army Ground Forces, du War Department G-4, et de l’European Theater of Operations, rien ne permet d’affirmer que Patton n’ait interféré dans le développement, la production ou l’utilisation au combat du M26. »

D’après Cooper, le premier engagement d’un M26 de la 3 rd Armored Division montra qu’il était supérieur au Panther, mais qu'il restait inférieur au Tigre. Il rapporte aussi qu’un M26, en embuscade, attaqua 2 Tigres I et 1 Panzer IV et les mit hors de combat à une distance de 1 km.

 
M26 Pershing capturé et exposé dans un musée en Corée du Nord.
 
Modèle réduit d'un M26 Pershing

Deux M26A1E4 furent assemblés pendant la guerre, l’un d’eux rejoignit le front européen où il fut affecté à la 3 rd Armored Division. Cette version améliorée, appelée quelquefois Super Pershing, était armée de la version T15E1 du canon de 90 mm de 70 calibres. Ce canon possédait une grande vitesse à la bouche: 1 173 m/s) et l'obus qu'il tirait perçait 220 mm de blindage incliné à 30° à une distance de 900 m et 330 mm de blindage à 90 m[6]. Le près de Dessau, un Super Pershing détruisit un Tigre II par un impact sous le char et un Panther par un coup sur son flanc[6]. Cependant, ce fut son unique engagement au combat et, de ce fait, les performances du canon T15E1 ne purent être démontrées entièrement.

 
M26 du 73 rd Heavy Tank Battalion aux Docks de Pusan en Corée

Un seul M26 appartenant à la 3e US armored division fut entièrement détruit par un Nashorn de la 2.Kompanie de la Schwere Heeres Panzerjagerabteilung 93, le à Niehl près de Cologne. Toujours à Cologne, a été filmé la destruction d'un Panther par le M26 n°26 de la E Company du 32nd Armored Regiment de la 3rd AD dans une rue adjacente à la cathédrale de Cologne. Le fauve allemand a reçu un coup direct provoquant un incendie et la mort de 2 membres d'équipage.

Guerre de CoréeModifier

Des M26 servirent au cours de la guerre de Corée mais le nombre de divisions blindées envoyées fut relativement faible. En effet, d’après l’état major américain, « la Corée n’est pas un lieu adapté au déploiement en masse des chars ». Les rapports officiels de l’US Army mentionnent qu’un certain nombre de M26 furent démontés de leur piédestal du musée de Fort Knox afin d’être envoyés en Corée. Les M26 et M46 furent les seuls chars plus efficaces que les T-34/85 nord-coréens employés sur le terrain. Ils détruisirent la moitié des T-34 mis hors de combat par l’US Armored Corps, les Sherman version M4A3E8, avec de nouveaux canons et munitions HVAP s'adjugeant le reste.

VariantesModifier

  • M26 (T26E3). Canon de 90 mm modèle M3 avec double frein de bouche.
  • M26A1. Équipé de la version M3A1 du canon de 90 mm avec ajout d’un extracteur de fumées et d’un frein de bouche à une seule ouverture.
  • M26A1E2. Prototype équipé d’un canon long T15E1/E2 à haute vélocité (1 173 m/s).
  • M26E1, Idem précédent mais avec un seul type d’obus.
  • T26E4 "Super Pershing". Armé du canon T15E2. Deux exemplaires envoyés en Allemagne en mars 1945. À leur arrivée, ils sont surblindés avec des plaques (espacées du blindage primaire) de 40 mm sur l'avant de la caisse, et de 80 mm sur la partie frontale de la tourelle. Des contrepoids sont ajoutés à l'arrière de la tourelle. Le surpoids atteint alors 5 tonnes[7]
  • M26E2. Canon M3A1, nouveau moteur et transmissions améliorées, proche des M47 Patton.
  • T26E2. Prototype du futur Heavy Tank M45, un véhicule de soutien rapproché armé d’un obusier de 105 mm et de 75 obus.
  • T26E5. Prototype avec blindage augmenté jusqu’à 279 mm.
  • M26A2. Conception restée à l’état de schéma. Sur la base d’un T26E3 avec blindage maximum de 150 mm, canon de 105 mm et moteur de 750 ch des M60 et M48 Patton et frein de bouche à 2 entrées.

RéférencesModifier

NotesModifier

  1. Magazine TNT (Trucks &Tanks) hors-série n°6 "Les chars moyens et lourds anglo-américains", page 126.
  2. Site internet www.tanksencyclopedia.com __"Tank moyen T26E4 Super Pershing".
  3. Magazine TNT hors-série n°6, page 125.
  4. Selon les sources, c'est un ou deux exemplaires. Le site internet www.tanksencyclopedia.com annonce un seul engin envoyé en Europe, et rattaché à la 3e DB US.
  5. [1]
  6. a et b (en) Histoire du Super Pershing
  7. Magazine TNT (Trucks & Tanks) hors-série n°6 de novembre 2010, page 128.

BibliographieModifier

  • Belton Y. Cooper - Death Traps, Presidio Press, 1998, Novato, California, (ISBN 0-89141-670-6).
  • Steven J Zaloga, Tony Bryan, Jim Laurier - M26–M46 Pershing Tank 1943–1953, 2000 Osprey Publishing (New Vanguard 35), (ISBN 1-84176-202-4).
  • A D Coox - Staff Memorandum US armor in the antitank role, Korea, 1950' ORO-S-45.
  • R. P. Hunnicutt - Pershing, A History of the Medium Tank T20 Series, Feist Publications 1996, (ISBN 1-112-95450-3).

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :