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Centrale de Gardanne

Centrale thermique de Provence
Centrale thermique de Provence.JPG
La centrale thermique de Provence (septembre 2015).
Administration
Pays
Région
Commune
Coordonnées
Propriétaire
Caractéristiques
Type d'installations
Thermique
Énergie utilisée
Charbon et Biomasse
Puissance installée
745 MWVoir et modifier les données sur Wikidata
Production d’électricité
Production annuelle
868 GWh
Facteur de charge
21 %
Localisation sur la carte des Bouches-du-Rhône
voir sur la carte des Bouches-du-Rhône
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Localisation sur la carte de France
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La centrale thermique de Provence plus communément appelée centrale de Gardanne, est une centrale thermique située sur les communes de Meyreuil et Gardanne, dans le bassin houiller de Provence dans le département des Bouches-du-Rhône. Elle fonctionne au charbon et à la biomasse et utilisant la technologie dite du lit fluidisé[1].

Elle dispose de la plus haute cheminée de France qui culmine à 297 m. En 2018, le directeur du site la présente comme « le troisième édifice le plus haut de France, après la tour Eiffel et le viaduc de Millau »[2].

Elle possède 2 unités en fonctionnement, l'unité 5 de 595 MW fonctionnant au charbon et l'unité 4 de 150 MW fonctionnant à la biomasse pour une puissance installée de 745 MW. En 2017, la production d'électricité fut de 1,38 TWh, 1,2 TWh grâce au charbon et 186 GWh grâce au bois[3].

La centrale sera fermée avant 2022 afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (CO2) conformément à la loi PPE[4].

Sommaire

Technique de la combustion en lit fluidiséModifier

La technique de la combustion en lit fluidisé permet d'utiliser des charbons de mauvaise qualité, des déchets ou même de la biomasse. Ce combustible est brûlé dans un lit de particules solides maintenues en suspension dans un courant d'air ascendant, à une température modérée avoisinant les 850°C, ce qui évite la fusion des cendres et limite la production d'oxydes d’azote. Cette réduction des oxydes d’azote est également favorisée par une combustion étagée (réduction de la production de « NOx combustible »). On réduit aussi les émissions d’oxydes de soufre par injection de dolomie (calcaire) dans le lit[5].

HistoriqueModifier

1984 : mise en service de l'unité 5 d'une puissance de 595 MW.

En septembre 2012, l'opérateur de la centrale, E.ON., confirme son projet de conversion en centrale à biomasse de l'unité 4. Elle passe en phase de test au début 2016. En 2018, l'unité Provence 4 Biomasse est mise en service avec une puissance de 150 MW.

En 2016, Uniper devient le propriétaire du site. Uniper étant issu de la scission des activités d'énergie fossile d'E.ON.

En 2018, suite à l'annonce gouvernementale de l'arrêt des centrales à charbon françaises pour 2022, Uniper met en vente ces centrales française. En décembre 2018, Uniper décide de vendre ses activités de production en France qui comprennent la centrale de Provence ainsi que la centrale Émile-Huchet, six parcs éoliens et deux centrales solaires au groupe tchèque EPH, la vente devant être effective courant 2019[6].

ControversesModifier

L'unité 4 reconvertie à la biomasse a très vite fait face à des critiques concernant notamment l'approvisionnement en bois et l'absence de cogénération par récupération de la chaleur résiduelle[7],[8].

Son autorisation d'exploiter est suspendue en juin 2017 à la suite de recours administratifs déposés par des organisations environnementales locales[9]. Un projet alternatif est alors présenté par les élus EELV : le rendement doit être amélioré grâce au chauffage urbain et à la co-génération. Le projet inclut aussi la production de CO2 utilisable par l’industrie, du photovoltaïque, du petit éolien et la mise en place d’une filière bois intégrant l’écoconstruction[10]. A la suite de l'appel déposé par l'exploitant et le ministre de l'environnement, une autorisation provisoire d'exploiter est délivrée en juillet 2017[11].

Le rachat par le groupe tchèque EPH ne suscite pas beaucoup d’enthousiasme pour différentes raisons. Le groupe est soupçonné de ne pas avoir de projet d'avenir et de vouloir exploiter la centrale le plus longtemps possible sans investissement. EPH investit en rachetant des centrales à charbon déjà amorties en Europe. La négociation pour la fermeture pour 2022 des centrales à charbon, comme voulu par le gouvernement, risque aussi d'être plus difficile avec ce nouvel arrivant qu'avec UNIPER et pourrait conduire à repousser les fermetures et à des indemnisations importantes.[12],[13].

Notes et référencesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Centrale de Gardanne - Charbon propre : la Centrale à Lit Fluidisé la plus puissante au monde », sur lakko.fr (consulté le 28 juin 2014)
  2. Régine Meunier, « La centrale biomasse de Gardanne effraie le Var », sur varmatin.com, (consulté le 4 juillet 2018).
  3. RTE, « Registre national des installations de production d'électricité et de stockage (au 31 décembre 2017) », sur data.gouv.fr (consulté le 1er juillet 2019).
  4. Gardanne : le gouvernement confirme la fermeture de la centrale à charbon en 2022, Ludovic Moreau, france3-regions.francetvinfo.fr, le 14 mars 2019
  5. Lucien Tua, « Centrales à lit fluidisé sous pression », sur techniques-ingenieur.fr, (consulté le 3 juin 2017)
  6. Denis Cosnard, « Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky achète deux centrales électriques en France », sur lemonde.fr, (consulté le 24 décembre 2018).
  7. Gdalia Roulin, « Lettre ouverte sur la centrale de Gardanne du Collectif SOS Forêt du Sud (2014) », sur blogs.mediapart.fr/, (consulté le 15 juin 2016)
  8. Marine Messina, « Municipales : A Gardanne, la centrale de la discorde », sur Le Monde, (consulté le 5 juin 2016)
  9. « Gardanne : la centrale biomasse interdite d'exploitation », sur FIGARO, (consulté le 31 décembre 2018)
  10. « [Energie] Uniper veut vendre sa centrale de Gardanne », sur GoMet' (consulté le 31 décembre 2018)
  11. La-Croix.com, « À Gardanne, polémique autour de la centrale biomasse », sur La Croix, (consulté le 31 décembre 2018)
  12. « Vente de la centrale Uniper de Gardanne: la réaction du député François-Michel Lambert », sur GoMet' (consulté le 31 décembre 2018)
  13. « Lettre ouverte à François de Rugy : à quand la signature des contrats de transition écologique pour le site de Gardanne ? – Journalistes Écrivains », sur jne-asso.org (consulté le 12 janvier 2019)

Voir aussiModifier