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Casavant Frères

compagnie canadienne

DescriptionModifier

La maison Casavant Frères est reconnue comme l'une des cinq premières factures d'orgues au monde.

Elle a réalisé près de quatre mille instruments à ce jour, installés notamment au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Australie et au Mexique. Plusieurs instruments ont récemment été installés en Chine.

HistoriqueModifier

Joseph Casavant fonda Casavant vers 1840 pour construire des orgues.

Lorsqu'il ne fut plus capable de travailler à la fabrique, Eusèbe Brodeur, un employé de la maison depuis ses tout débuts, devint le personnage clé. Il a créé trois orgues complets à son nom, du temps où vivait encore Joseph Casavant. Ils sont situés à Saint-Eustache (1867), Baie-du-Febvre (1872) — détruit vers 1935 — et à Saint-Denis-sur-Richelieu (1873).

En 1874, à sa mort, Joseph Casavant légua la facture d'orgues à ses fils.

En 1878, les fils, Joseph-Claver et Samuel, se rendirent en France pour se perfectionner dans l'art de la facture d'orgues chez E. et John Abbey, à Versailles. Après une tournée européenne «employée à visiter les principaux instruments de France, d'Italie, de Suisse, d'Allemagne, de Belgique et d'Angleterre», ils revinrent à Saint-Hyacinthe et destituèrent M. Brodeur. C'est ainsi que fut fondée la maison Casavant Frères en 1879, toujours établie à Saint-Hyacinthe au Québec. Par la suite, le premier instrument neuf (Opus 1[1]) construit et installé, le fut pour la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes de Montréal en 1880–1881.

Tout au long de leur vie professionnelle, les frères Casavant travaillèrent toujours de la même façon, ayant comme outils de travail le savoir-faire de leur père et le traité de Dom Bedos de Celles, Le Facteur d'orgues.

La Collection Famille Casavant est conservée au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Réalisations marquantesModifier

Il est encore possible de voir et d'entendre la deuxième réalisation de Joseph Casavant, l'orgue de la basilique d'Ottawa, en Ontario au Canada. L'instrument a été retouché par la maison depuis, électrifié en 1898 entre autres, mais en prenant soin de conserver au maximum son aspect et sa sonorité d'origine.

L'orgue de la Basilique Notre-Dame de Montréal, le plus grand orgue du Canada, est actuellement le plus grand orgue Casavant. L'orgue de la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Providence compte parmi les plus importants de la maison[3].

L'Opus 1Modifier

Le premier instrument des frères Casavant existe toujours, dans la Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, rue Sainte-Catherine, à Montréal[4]. Il a été installé en 1880. Par la suite il a été reconstruit et converti à la traction électropneumatique.

L'orgue de Sainte-Anne d’OttawaModifier

L’orgue Casavant

Le nouvel instrument, opus 701, construit par les ateliers Casavant Frères, de Saint-Hyacinthe au Québec, est acquis pour la somme de 4 750 $ en 1914. Pour aider à défrayer le coût, une souscription s'organise dans la paroisse et donne la somme de 1 190 $. Le nouvel orgue est inauguré par Amédée Tremblay le . L'instrument a été restauré en 1988.

Caractéristiques

  • 3 claviers manuels et pédalier
  • 43 jeux, 54 rangs
  • traction électropneumatique
  • Étendue des claviers : 61 notes (C-c4)
  • Étendue du pédalier : 32 notes (C-g1)
  • Accouplements : GO/PED 8,4; REC/PED 8,4; POS/PED 8; REC/GO 16,8,4; POS/GO 8; REC/POS 8; REC 16,4
  • Combinaisons ajustables: GO 5; REC 5; POS 5; PED 3; GEN 5
  • Combinateur électronique à 8 niveaux de mémoire
  • Pédales d'expression: POS, REC, Crescendo

L'orgue Casavant d'Expo 67, Opus 2915Modifier

Pour toute la durée (6 mois) d'Expo 67, tenue à Montréal d'avril à octobre 1967, Casavant Frères a construit et installé dans la petite salle de concert du pavillon du Canada (Katimavik) un orgue à traction mécanique d'esthétique baroque allemande (2 claviers, pédalier, 18 jeux), l'opus 2915, sur lequel se sont produits les meilleurs organistes canadiens. Cet instrument était alors représentatif de l'intérêt de Casavant pour les instruments construits et harmonisés selon les principes baroques et classiques.

Après l'Exposition, cet instrument a été démonté et installé dans l'église épiscopalienne Calvary St. George's de Bridgeport au Connecticut où il est toujours en service.

Le grand orgue du Palais Montcalm (Québec), Opus 3896Modifier

Dernière grande réalisation : un orgue pour la salle de concert du Palais Montcalm à Québec.

Cet instrument tout neuf inspiré, de l’esthétique sonore du facteur Gottfried Silbermann, placé entre ciel et terre sur le fond de la scène, mesure environ 10 m de hauteur et de 7 m de largeur; il compte trois claviers et pédalier à traction mécanique, 37 jeux (51 rangs), pour un total de 2846 tuyaux. Inauguré le par Richard Paré et l'ensemble Les Violons du Roy, dirigé par Bernard Labadie. Une deuxième console mobile à traction électrique peut être utilisée sur la scène.

L'opus 3900 de la Maison symphonique de MontréalModifier

Grâce à un don de 5 millions de dollars de la mécène Jacqueline Desmarais, Casavant Frères a construit son opus 3900, un orgue de 83 jeux (116 rangs), 2 consoles (une console à traction mécanique et une console électrique mobile) de 4 claviers et pédalier, pour la Maison symphonique de Montréal. Avec ses 6 489 tuyaux. Cet instrument est l'un des plus importants au Québec et au Canada. Son inauguration a eu lieu le lors d'un concert de l'OSM avec la 3e Symphonie de Saint-Saëns, dirigée par Kent Nagano, avec l'organiste français Olivier Latry.

Le design très original de la façade (une Montre 32' installée pour l'inauguration de la salle le ) est élaboré par Casavant et Diamond-Schmitt+Ædifica.

L'organiste français Olivier Latry est le principal expert-conseil pour ce projet.

Articles connexesModifier

 
Opus 2710 dans l'église Saint-Jacques d'Arvida.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier

SourcesModifier

  • Mathieu-Robert Sauvé, Joseph Casavant, le facteur d'orgues romantique, Éditions XYZ.
  • Jeanne D'Aigle, Histoire de Casavant Frères, facteurs d'orgues, Éditions D'Aigle (contient des images et propos rapportés par une des filles de Samuel Casavant).
  • Laurent Laplante, Casavant Frères, 1879-1979, Saint-Hyacinthe, Société d'histoire régionale de Saint-Hyacinthe, 1979, 143 p. (ISBN 2-920107-00-3).
  • La Scena Musicale, , p. 10.