Calixte Camelle

personnalité politique française

Calixte Camelle
Illustration.
Fonctions
Député de la Gironde

(9 ans, 6 mois et 29 jours)
Gouvernement IIIe République
Législature Xe et XIe
Prédécesseur Antoine Jourde
Successeur aucun (proportionnelle départementale)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bressuire (Deux-Sèvres)
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Bordeaux (Gironde)

Calixte Georges Camelle (1863-1923) a été adjoint au maire de Bordeaux de 1896 à 1904 et député de la Gironde de 1910 à 1919.

BiographieModifier

 
Entrepôt de bières et fabrique de boisson gazeuse de Calixte Camelle à La Bastide
 
Caricature de Calixte Camelle sur l'âne du socialisme partant de sa propriété de la brasserie familiale défendre la cause de l'ouvrier à la chambre des Députés en 1904

Son père est tailleur de pierres, installé dans les Deux-Sèvres. À la suite de son oncle Paul Camelle négociant et conseiller d'arrondissement, Calixte Camelle dirige une importante maison de commerce de bières dans le quartier de la Bastide à Bordeaux connue sous le nom de « Firme Calixte Camelle ».

Il est élu conseiller d'arrondissement en 1888. Il adhère au parti radical, puis rejoint la SFIO (parti politique socialiste, créé en 1905) de la Gironde dont il devint l'un des chefs de file et qu'il vint représenter au conseil municipal de Bordeaux dès le mandat de Camille Cousteau[1]. Adjoint au maire de 1896 à 1904, il devint en 1898, conseiller général de la Gironde du 7e canton (La Bastide), prenant le siège du fils du « médecin des pauvres » Chabrely (1835-1895) avec lequel il se battit en duel au pistolet sans résultat en décembre 1896, à la suite d'une violente dispute. Durant cette période, il est l'un des principaux inspirateurs du « pacte de Bordeaux » des élections municipales de 1896 qui réunit des radicaux, des socialistes, des libéraux et des royalistes afin d'obtenir une juste répartition des secours scolaires.

Rompant avec le Parti ouvrier français (POF), il crée le 30 décembre 1900 avec Eugène Dondicol la Fédération socialiste de la Gironde, qui rejoindra en 1902 le nouveau Parti socialiste français (PSF) de « l’évolutionniste » Jaurès, divergeant du Parti socialiste de France du marxiste Guesde, créé également en 1902[2].

Il échoue aux élections sénatoriales de 1897 mais est élu, premier député socialiste de Bordeaux en 1910. Réélu en 1914, Calixte Camelle, comme nombre de socialistes français se prononcent pour la guerre. Toutefois cette position n’est pas totalement partagée au sein de la Fédération girondine. Au Conseil fédéral de 1915, Georges Gaye, syndicaliste et militant de la Bastide, anime un courant minoritaire pacifiste qui condamne tout patriotisme[3],[4],[5]. Calixte Camelle, seul député socialiste de Gironde, est balayé aux élections législatives de 1919 par la liste dite d'« union républicaine clémenciste » conduite par Georges Mandel[6]. Il ne se retire pas pour autant de la vie politique et se consacre jusqu'à sa mort à ses activités de conseiller municipal de Bordeaux et de conseiller général de la Gironde.

Sa disparition, en 1923 alors qu'il n'avait que 60 ans, laisse la direction du parti socialiste de la Gironde à Adrien Marquet, dont il avait favorisé l’ascension politique, et qui fit triompher la liste S.F.I.O. un an après le décès de Calixte Camelle aux élections de 1924.

MémoireModifier

Un monument à sa mémoire a été inauguré en 1927 à Bordeaux-Bastide sur la place qui porte son nom, par Adrien Marquet (1885-1955), maire de Bordeaux (1925-1944). Il se compose d'un bloc de granit rectangulaire dessiné par l'architecte Jacques D'Welles. Le bloc est orné à sa base de cannelures verticales ; sur la face principale est inscrit un médaillon en bronze à l'effigie de Calixte Camelle et réalisé par le sculpteur bordelais Gaston Veuvenot Leroux ; en lettres romaines, des citations rappellent les idéaux du militant socialiste[7].

Notes et référencesModifier

  1. Site de l'assemblée nationale
  2. Anziani 1999, p. 20
  3. Anziani 1999, p. 29
  4. George Gaye est né le 10 décembre 1881 à Gondrin (Gers). Il est ouvrier métallurgiste, secrétaire du syndicat des mécaniciens et du groupe socialiste de La Bastide. A la veille de la première guerre mondiale, il s’oppose à tout patriotisme et à l’Union sacrée. Pendant la guerre, leader des minoritaires, il soutient les parlementaires et les syndicalistes français ayant rencontrés leurs homologues allemands à la Conférence de Zimmerwald en Suisse. Notamment au congrès de l’Union départementale CGT de 1916, il s’attaque à Léon Jouhaux. En juillet 1921, il est membre de la délégation française au congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou. Il occupe les fonctions de secrétaire de la Fédération unitaire des métaux de 1923 à 1925. Il reprend volontairement son travail à l’usine et adhère au Parti communiste. Il meurt le 11 mai 1948 à Saint-Germain-en-Laye. [Anziani, Cent ans de socialisme en Gironde, 1999, p. 144]
  5. « Fiche de George Gaye », dans Le Maitron, sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 14 août 2019)
  6. Guillaume 1998, p. 179
  7. Petit Patrimoine :Le monument à Calixte Camelle

Voir aussiModifier

SourcesModifier

  • « Calixte Camelle », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Sylvie Guillaume, Dictionnaire des parlementaires d'Aquitaine sous la Troisième République, Presses Universitaires de Bordeaux, , 624 p. (lire en ligne)
  • Alain Anziani, Cent ans de socialisme en Gironde, Bordeaux, Editions du Populaire girondin, , 207 p. (ISBN 2-9514803-0-X, présentation en ligne)

Liens externesModifier