Augustin Eugène Mariaux

militaire français

Augustin Eugène Mariaux
Augustin Eugène Mariaux

Naissance
Limoges
Décès (à 80 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Grade général de brigade
Années de service 1885-1921 (service actif)
Conflits Révolte des Boxers, Première Guerre mondiale
Distinctions Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918
Autres fonctions gouverneur des Invalides, directeur du Musée de l'Armée

Augustin Eugène Mariaux ( à Limoges - à Paris) est un général français, gouverneur des Invalides et directeur du Musée de l'Armée.

Biographie et carrière militaireModifier

  • , naissance à Limoges de Augustin Eugène Mariaux, dit Eugène Mariaux[1].
  • Il est élève au lycée Gay Lussac de Limoges et lauréat du Concours général[2].
  • En 1885, il sort 188e de la promotion 1883 de l'école Polytechnique[3].
  • En 1892, il épouse Odette Vigneron, dont il aura un fils, Jean. Odette meurt en 1895, victime de la tuberculose.
  • Le , il épouse en secondes noces Marguerite Alayrac, dont il aura six enfants.
  • Du au  : il est capitaine d'Artillerie, commandant une batterie de canons de 75 au sein du Corps expéditionnaire français de Chine pendant la Révolte des Boxers.
  • Le , au début de la guerre de 14-18, il est nommé lieutenant-colonel au 52e Régiment d'Artillerie de Campagne[4].
  • En , il apprend le décès de son fils Jean, aspirant au 20e régiment d'artillerie, mort au combat le devant le Mont Saint-Éloi (Pas-de-Calais)[5].
  • Le , le lieutenant-colonel Mariaux est gazé et évacué. Il est soigné à l'hôpital de Bar-le-Duc avant de reprendre du service.
  • Le , il est nommé colonel au 17e régiment d'artillerie[6].
  • Le soir du , au cours d'un raid d'avions sur Fismes (Marne), le colonel Mariaux, commandant l'Artillerie Divisionnaire, est grièvement blessé par un éclat d'obus à la cuisse gauche et au flanc droit. Au moment de l'alerte, il disputait une partie de cartes avec deux de ses officiers. Comme on le relève, il leur sourit et murmure : « Excusez-moi, messieurs, d'interrompre la partie[7] ! » Quelques semaines plus tard, les médecins l'amputent de la jambe gauche.
  • Du au , il occupe le poste de commandant militaire de la Chambre des députés.
  • Le , il est promu général de brigade.
  • Le , le général Mariaux est nommé commandant puis gouverneur[8] de l'Institution Nationale des Invalides et directeur du Musée de l'Armée.
  • Le , il reçoit à l'Hôtel des Invalides Charles Lindbergh, cinq jours après la première traversée de l'Atlantique en avion. Lors de cette visite, l'aviateur américain est accompagné par l'ambassadeur des États-Unis Myron T. Herrick[9].
  • Le , le général Mariaux est élevé à la dignité de Grand Croix de la Légion d'honneur[10].
  • Le , il remet la plaque de Grand Officier de la Légion d'Honneur au professeur Charles Vaillant. En , c'est encore le général Mariaux qui remet au professeur Vaillant la Grand Croix de la légion d'honneur [11].
  • De 1939 jusqu'à sa mort, il assure la Présidence de l'Association Nationale des Croix de Guerre, fondée en 1919 par le vice-amiral Emile Guépratte.
  • Le , à l'âge de 77 ans, il tente de soustraire aux troupes allemandes le plus précieux des collections du Musée de l'Armée. Il organise l'évacuation de six caisses d'objets de collection et d'archives vers sa propriété de Haute-Vienne. Malheureusement, le convoi est pris dans des bombardements à Étampes et les caisses sont abandonnées par les chauffeurs. Les objets trouveront finalement refuge au musée de la Malmaison[12].
  • En 1941, il fait revenir à l'Hôtel des Invalides les pensionnaires qui avaient été évacués en juin 1940 vers un hôpital de Basse-Normandie. En 1942, un réseau de résistance s'installe aux Invalides et permet l'évasion de nombreux aviateurs alliés[13].
  • Le , le général Mariaux décède à Paris[14]. Il est enterré le (le jour du débarquement allié en Normandie) dans la crypte des Gouverneurs[15], sous l'église Saint Louis des Invalides, en présence du cardinal Emmanuel Suhard archevêque de Paris.

Eugène Mariaux a été décoré de :

Pour avoir commandé pendant la 1re guerre mondiale deux régiments d'artillerie américaine, il est membre d'honneur de l'Association américaine d'anciens combattants Veterans of foreign wars.

Compositeur, poète et chansonnierModifier

Eugène Mariaux était musicien, compositeur, auteur de poésies[18] et de chansons. Lorsqu'il était jeune officier, il se produisait dans le célèbre cabaret du Chat-Noir. Il entretenait des relations amicales avec Rodolphe Salis (le propriétaire du Chat-Noir), Maurice Donnay ou encore Alphonse Allais[19]. Toute sa vie il est resté amateur de bons mots, de calembours et d'à-peu-près. Physiquement, il ressemblait à Georges Courteline et s'en amusait[20]. Au poste prestigieux de Gouverneur des Invalides, son goût pour la musique s'est traduit par l'installation d'un orgue dans la chapelle des Invalides et par l'organisation de nombreux concerts. Dans les années 1930, il donnait à Paris et en province des conférences sur trois musiciens français, Massenet, Saint-Saëns et Debussy[19], et participait à des émissions de radio[21].

RéférencesModifier

  1. Extrait d'acte de naissance disponible dans la Base Léonore du Ministère de la Culture
  2. Journal Le Mutilé de l'Algérie daté du 27 janvier 1924, disponible dans la Base Gallica de la Bibliothèque nationale de France
  3. Dossier de l'élève disponible dans la Bibliothèque centrale de l'école Polytechnique
  4. Journal Officiel du 21 octobre 1914
  5. cf. leur correspondance [1]
  6. Journal officiel du 1er octobre 1917
  7. Anecdote relatée dans le journal La Voix du combattant daté du 23 décembre 1923, disponible dans la base Gallica
  8. Changement de statut en 1941
  9. Journal Le petit parisien daté du 27 mai 1927, disponible dans la Base Gallica
  10. cf. la notice Augustin Mariaux dans la Base Léonore du Ministère de la Culture
  11. Le Journal des débats politiques et littéraires daté du 14 septembre 1941, disponible dans la Base Gallica
  12. Étampes en juin 1940
  13. Historique de l'Hôtel des Invalides[2]
  14. Le Petit Journal daté du 2 juin 1944
  15. La crypte des Gouverneurs
  16. Journal Officiel du 17 mars 1919
  17. Le Journal des débats politiques et littéraires daté du 22 mai 1928, disponible dans la Base Gallica
  18. L'année des poètes, morceaux choisis réunis par Charles Fuster, année 1893, vol 4, disponible dans la Base Gallica
  19. a et b Journal Notre province daté de juillet 1943, disponible dans la Base Gallica
  20. Le journal des débats politiques et littéraires daté du 15 juin 1944, disponible dans la Base Gallica
  21. Le journal des débats politiques et littéraires daté du 6 octobre 1932, disponible dans la Base Gallica

Liens externesModifier