Arundhati Roy

romancière, essayiste et militante indienne
Arundhati Roy
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Arundhati Roy en 2013.
Naissance (58 ans)
Shillong (Inde)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais

Œuvres principales

Signature de Arundhati Roy

Arundhati Roy (née le à Shillong en Inde) est une écrivaine et militante indienne. Elle est notamment connue pour son roman Le Dieu des Petits Riens, qui lui a valu le prix Booker en 1997 et a été cité par le New York Times et le Guardian comme l'un des livres les plus remarquables de l'année, ainsi que pour son engagement en faveur de l'écologie, des droits humains, de l'altermondialisme, de la réduction des inégalités et de la dignité humaine. D'inspiration chrétienne, sa réflexion littéraire s'interroge notamment sur les questions de l'amour universel et de la justice sociale.

Elle a également travaillé ponctuellement pour le cinéma et la télévision, comme scénariste et actrice.

Selon le New Yorker, elle est considérée comme l'un des 20 auteurs anglo-saxons les plus significatifs du XXIe siècle.

BiographieModifier

Arundhati Roy est née en Inde, à Shillong, au sein d'une famille et d'un environnement chrétiens, dans l'État du Meghalaya[1]. Sa mère, Mary Roy, est une chrétienne de Saint Thomas (chrétienne syriaque malayalie) et militante des droits des femmes, est originaire du Kerala[2]. Son père est Rajib Roy, bengali hindou originaire de Kolkata et gestionnaire d'une plantation de thé. Ses parents divorcent quand elle a deux ans et elle retourne vivre avec sa mère et son frère au Kerala[2].

N'étant pas les bienvenus à cet endroit, ils déménagent chez le grand-père maternel de Roy à Ooty, au Tamil Nadu. Lorsqu'elle a cinq ans, la famille retourne au Kerala, où sa mère fonde une école[2].

Arundhati Roy fréquente l'école Corpus Christi de Kottayam, puis la Lawrence School de Lovedale (en), au Tamil Nadu. Elle étudie ensuite l'architecture à l'École d'aménagement et d'architecture (en) de Delhi, où elle rencontre l'architecte Gerard da Cunha. Roy et da Cunha vivent ensemble à Delhi, puis à Goa, avant de se séparer. Roy retourne alors à Delhi, où elle obtient un poste à l'Institut national des Affaires urbaines (en)[2]. En 1984, elle écrit le scénario du film Massey Sahib en collaboration avec le réalisateur Pradip Krishen, qui deviendra son mari. Ils collaborent ensuite sur une série télévisée qui porte sur le mouvement pour l'indépendance de l'Inde et sur deux films, In Which Annie Gives It Those Ones et Electric Moon[2]. Déçue par le monde du cinéma, Roy enchaîne plusieurs emplois et se sépare de Krishen[2].

Son roman Le Dieu des Petits Riens, publié en 1997, lui permet de poursuivre sa carrière d'écrivaine.

ŒuvresModifier

CinémaModifier

Au début de sa carrière, Arundhati Roy travaille pour la télévision et le cinéma. Elle écrit les scénarios de In Which Annie Gives It Those Ones en 1989, un film basé sur ses propres expériences en tant qu'étudiante en architecture et dans lequel elle apparait, et de Electric Moon en 1992[3], les deux étant réalisés par son mari de l'époque Pradip Krishen. Elle reçoit le Lotus d'argent du meilleur scénario pour In Which Annie Gives It Those Ones.

En 1994, Roy critique La Reine des bandits de Shekhar Kapur, un film basé sur la vie de Phoolan Devi[3]. Dans sa critique, intitulée The Great Indian Rape Trick, elle s'interroge sur le droit de « rejouer le viol d'une femme encore en vie sans sa permission » et accuse Kapur d'utiliser Devi et de représenter sa vie de manière inexacte[4],[5].

Le Dieu des Petits RiensModifier

Arundhati Roy commence à écrire son premier roman, Le Dieu des Petits Riens (The God of Small Things) en 1992. Elle le termine en 1996[6]. Le livre est inspiré de sa vie et une grande partie est basée sur son enfance au Kerala[1].

La publication du Dieu des Petits Riens rend Roy célèbre à travers le monde. Le livre reçoit le prix Booker en 1997 et fait partie de la liste des livres remarquables du New York Times la même année[7]. Le livre est également un succès commercial : publié en mai, il est vendu dans 18 pays dès juin[6] et atteint la quatrième place sur la New York Times Best Seller list pour la fiction indépendante[8].

Le Ministère du Bonheur SuprêmeModifier

En raison de son lieu de publication et des enjeux qui y sont liés, le livre passe pratiquement inaperçu dans le monde littéraire français. Pourtant, les rares critiques francophones sont globalement très favorables.[9],[10],[11],[12]

Militantisme et analyses politiquesModifier

Arundhati Roy est aussi connue pour son activisme pacifiste. Son premier essai, intitulé The End of Imagination (La Fin de l'imagination), était une réaction aux tests nucléaires indiens de Pokharan au Rajasthan. Suivront The Greater Common Good (Le plus grand bien commun), contre la politique des grands barrages menée par le gouvernement indien, et The Reincarnation of Rumpelstiltskin (La réincarnation de Rumpelstiltskin), qui analyse la privatisation des canaux de distribution de choses essentielles comme l'eau et l'électricité.

Elle défend l'idée d'après-développement et a participé à sa conceptualisation, ainsi elle a participé à plusieurs forums sociaux, notamment celui de Mumbai (2004).

En mars 2002, elle est condamnée par la Cour suprême indienne pour avoir dénoncé la décision de justice autorisant la construction d'un barrage sur la Narmadâ, condamnation symbolique d'un jour de prison et de 2000 roupies (35 € au cours de février 2004). En 2004, Roy reçut le prix Sydney de la Paix pour son engagement dans des campagnes sociales et son appui au pacifisme. En 2005, elle participa au Tribunal mondial sur l'Irak.

Le 29 mars 2010, le magazine indien Outlook publie le récit de sa visite dans les zones contrôlées par la guérilla naxalite. Ce récit qui veut apporter au public les raisons de cette lutte connaît un écho national et international. Le 7 mai, le ministère de l’Intérieur indien et la police de l’État du Chhattisgarh annoncent avoir enregistré une plainte à l'encontre de l'auteure, pour violation des dispositions du CSPSA (loi spéciale de sécurité publique du Chhattisgarh).

Dans son livre The End of Imagination, elle soutient qu'un grand nombre d'organisations non gouvernementales sont des instruments utilisés par les gouvernements occidentaux, la Banque mondiale, l'ONU et certaines compagnies multinationales pour neutraliser la résistance au néolibéralisme[13].

ŒuvresModifier

Traductions en françaisModifier

  • Essais
    • Arundhati Roy (trad. Claude Demanuelli), Le Coût de la vie, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », , 163 p. (ISBN 978-2-07-075728-2)
    • Arundhati Roy (trad. Frédéric Maurin), Ben Laden, secret de famille de l'Amérique, Gallimard, coll. « Hors série Connaissance », , 32 p. (ISBN 978-2-07-076470-9, lire en ligne)
    • Arundhati Roy (trad. de l'anglais par Claude Demanuelli), L'Écrivain-militant, intégralité des essais et articles politiques écrits depuis 1998, Paris, Gallimard, , 389 p. (ISBN 978-2-07-030281-9, notice BnF no FRBNF39090898)
    • Arundhati Roy (trad. de l'anglais par Claude Demanuelli), La Démocratie : notes de campagne, Paris, Gallimard, coll. « Du Monde Entier », , 345 p. (ISBN 978-2-07-012661-3, notice BnF no FRBNF42374016)
    • Arundhati Roy (trad. de l'anglais par par Juliette Bourdin), Capitalisme : une histoire de fantômes, Paris, Gallimard, coll. « Hors série Connaissance », , 147 p. (ISBN 978-2-07-011748-2, notice BnF no FRBNF45145358)
    • Arundhati Roy (trad. de l'anglais par par Juliette Bourdin, Claude Demanuelli, Irène Margit et Frédéric Maurin), Mon cœur séditieux : Essais, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », , 1056 p. (ISBN 978-2-072-84459-1)

Ouvrages en anglaisModifier

HommageModifier

Sur l'album Ce que l'on sème de Tryo, la pièce Mrs Roy, écrite et composée par Christophe Mali, lui est dédiée.

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) « Arundhati Roy, 1959– », sur Library of Congress, New Delhi Office, (consulté le 6 avril 2009).
  2. a b c d e et f (en) Siddhartha Deb, « Arundhati Roy, the Not-So-Reluctant Renegade », sur New York Times, (consulté le 5 mars 2014).
  3. a et b « Arundhati Roy, Author-Activist », sur india-today.com (consulté le 16 juin 2013).
  4. « Arundhati Roy: A 'small hero' », sur BBC News, .
  5. Randeep Ramesh, « Live to tell », sur The Guardian, (consulté le 6 avril 2009).
  6. a et b (en) Amitabh Roy, The God of Small Things : A Novel of Social Commitment, Atlantic, , 152 p. (ISBN 978-81-269-0409-9, lire en ligne), p. 37–38.
  7. (en) « Notable Books of the Year 1997 », sur The New York Times, (consulté le 21 mars 2007).
  8. « Best Sellers Plus », sur The New York Times, (consulté le 21 mars 2007).
  9. https://culturebox.francetvinfo.fr/livres/la-rentree-litteraire/arundhati-roy-denonce-l-inde-identitaire-dans-un-deuxieme-roman-tres-attendu-267817
  10. http://www.lacauselitteraire.fr/le-ministere-du-bonheur-supreme-arundhati-roy
  11. http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/2018/02/l-inde-des-hijras-et-des-romanciers-engages-par-arundhati-roy-et-anosh-irani-le-dieu-des-petits-riens-le-ministere-du-bonheur-suprem
  12. https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/02/27/entretien-arundathi-roy/
  13. Extrait du livre The End of Imagination sur le site Beautiful Rising.
  14. The End of Imagination.
  15. The Greater Common Good.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier