Armée des Volontaires (résistance)

L'Armée Volontaire[1],[2] ou Armée des Volontaires fut l'un des premiers groupes de résistants à Paris sous l'occupation allemande.

ActivitésModifier

Elle a été créée au mois d'octobre 1940,au 6 de la rue des Ciseaux[3] dans le VIe arrondissement lors d'une réunion présidée par le Commandant René Lhopital, ingénieur civil des mines, ex-officier d'ordonnance du Maréchal Foch

Elle s'étend peu à peu ; les militants se sont connus au régiment, chez les Scouts de France, à l'Action française… Les Volontaires diffusent le premier journal clandestin[3]de Raymond Deiss, Pantagruel.

L'AV est en contact avec des groupes ralliés en province, en particulier à Poitiers (Louis Renard, Théodore Lefebvre, Louis Cartan), à Nevers(Raymond Chanel)...

À Paris et en province, des agents français de l'Abwehr pénètrent l'organisation.

Groupe ValmyModifier

En juin 1940, Ernest-Henri David (ancien combattant de 1914-18, mobilisé au titre de la réserve) démobilisé en juin 1940 en Lozère, comme sapeur, remonte à Paris. Il y rencontre Poncey qui s'occupe à la préfecture de police des Anciens combattants et le général Coutisson. Ils organisent un groupe de résistance dans la police, le groupe « Valmy » (du nom de nombreux groupes d'action dans la résistance française), dont Ernest-Henri David est le chef d'état-major, alors que Coutisson en est le principal chef. Ce groupe commet l'exécution d'un Allemand, rue des Écoles, en 1942.

Poncey est arrêté, puis déporté, Coutisson pris et fusillé par les Allemands, en 1942-43. Après quoi, Ernest-Henri David assure directement la liaison avec ses hommes, Rue Helbar. A la libération de Paris, en août 1944, tous les membres du groupe Valmy rescapés sont reçus à la préfecture de police en présence du préfet, pour être décorés et le groupe dissous.

Arrestations - DéportationModifier

Le 24 janvier 1942 : arrestation de René Lhopital, suivie, en un mois, de celle de membres du mouvement et de l'équipe de Pantagruel.

Le 9 octobre 1942: 45 Volontaires sont déportés à Trèves (Allemagne), en application du décret Nacht und Nebel.

Condamné à Trèves en 1943 le commandant (colonel) Lhopital sera déporté à Oranienburg-Sachsenhausen puis à Buchenwald, où il sera délivré par l'armée des É.-U. en 1945.[réf. souhaitée]

VolksgerichtshofModifier

Les 27 et 28 mai 1943: les plus compromis sont jugés par le 2e sénat du Volksgerichtshof siégeant à Trèves.

  • 27 mai 1943: Charles Dommergue, André Lalanne-Picard, Philippe Bonny, Marcel Lepape, Raymond Cousin, Maxime Belleville et Raymond Deiss sont condamnés à mort; André Donnay à 7 ans de réclusion et René Lhopital à 1 an de réclusion.
  • 28 mai 1943: Jean Stéphan, Roger Cadin, André Bergez, André Guilbaud, Georges Iagello, Gustave Silberberg, Armand Bigose, Léon Perrod et Armand Piret sont condamnés à mort; Joseph Emeric à 5 ans de réclusion, André Chauvenet à 3 ans de prison.

ExécutionsModifier

Les condamnés à mort sont transférés à la prison de Rheinbach. Les exécutions par guillotine auront lieu à la prison de Cologne.

  • 25 août 1943: exécution des condamnés à mort du 27 mai.
  • 31 août 1943: exécution des condamnés à mort du 28 mai.

Joseph Emeric meurt au Kommando Heinkel de Germensdorf, le 22 avril 1945. André Chauvenet fut l'un des seuls rescapés de la déportation (Hinzert, Dresde, Buchenwald notamment) et meurt à Marseille le 2 avril 1981. André Donnay meurt à Sachsenhausen, le 30 avril 1945. René Lhopital survit à Sachsenhausen et à Buchenwald.

Poursuite de l'actionModifier

Raymond Chanel, responsable des groupes de province, est arrêté le 2 novembre 1942. André Meresse, successeur de Dommergue, responsable de Paris, cherche des moyens, prenant contact avec les services anglais, la France Libre, le SR Air. Il est arrêté le 7 novembre 1942. Chanel et Meresse survivront aux camps. Déporté le 15 août 1944, Noël Sorin meurt le 4 janvier 1945 à Ellrich. L'Armée des Volontaires paye très cher : 130 morts, plus de 200 déportés. Les survivants militent à l'OCM, à CDLL, à Libération-Nord.

Reconnaissance officielleModifier

Arrêté du 9 juin 1947 paru au Journal officiel de la République française du 19 juin[4].

SourcesModifier

  • Henri Michel: Paris Résistant
  • Dr Raymond Chanel, Un médecin en enfer, Libraire académique Perrin, Paris, 1970

RéférencesModifier

  1. Dr Raymond Chanel, Un médecin en enfer, Libraire académique Perrin, Paris, 1970, pp 59,303
  2. François Wetterwald, « Vengeance. Histoire d'un corps franc,Paris,Mouvement Vengeance, 1947 », sur www.http://chantran.vengeance.free.fr (consulté le 14 novembre 2013)
  3. a et b Dr Raymond Chanel,ibid,p 61
  4. ibid,p 313