Arc Holdings

entreprise française produisant des articles en verre pour la table

Arc Holdings est la holding du groupe Arc, spécialisé dans la conception et la fabrication d'articles en verre pour la table. Le groupe Arc commercialise ses collections en France et à l'export sous les marques déposées Luminarc, Arcopal, Cristal d'Arques Paris, Arcoroc et Chef&Sommelier. Il conçoit également des produits pour le marché de la MDD (marques distributeurs) et du BtoB.

Arc Holdings
logo de Arc Holdings

Création 1825
Dates clés 30 octobre 1956 : immatriculation de la société actuelle
Fondateurs Georges Durand
Personnages clés Jacques Durand
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Innovative glass for a better world
Siège social Arques (Pas-de-Calais)
Drapeau de la France France
Direction Nicholas Hodler - Directeur Général (depuis le 1er août 2018)

Rick Haythornthwaite - Directeur Exécutif

Actionnaires Actionnariat 100% privé
Activité Holding d'un groupe de production industrielle d'articles d'Arts de la table
Produits verrerie, vaisselle, articles culinaires, décoration
Société mère Arc
Filiales Cristal d'Arques
Effectif 7 500 collaborateurs monde
SIREN 575 680 350
Site web www.arc-intl.com

Chiffre d'affaires 811 millions d'€ en 2019

HistoriqueModifier

XIXe siècleModifier

En 1825, Alexandre des Lyons de Noircarme fonde, à Arques, la Verrerie des sept écluses. L'année suivante, le , cette dernière s'associe à une autre verrerie. La verrerie Carpentier-Mancel, fondée en 1823 à Saint-Martin-au-Laërt par Charles Carpentier, sous sa direction. Une ordonnance, le , autorise Carpentier à y établir un nouveau four de verrerie[1]. Le , la verrerie d'Arques est reprise par Messieurs Allard et Ladey. Elle est endommagée par un incendie en qui provoque l'effondrement des toits. Reconstruite, la verrerie est reprise, le , par la société Ladey et Bléchet. En 1869, Alexandre des Lyons de Noircarme cède la totalité de ses parts dans la verrerie. Le , la société Ladey et Bléchet devient la société Blechet et Collette puis, le , Bléchet et compagnie. En , la verrerie cesse son activité. Elle la reprend en 1893 à la suite de la création de la SA Verrerie et Cristallerie d'Arques, le . Le , elle est rachetée par Prudent Avot lors d'une vente judiciaire. Georges Durand, qui a travaillé trois ans à la cristallerie de Sèvres, en devient le directeur[2]. Le , il accède au statut d'associé avec la création de la société Avot Durand. Le , la verrerie passe sous le contrôle exclusif de Georges Durand, qui fonde la société G. Durand et cie[3].

XXe siècleModifier

La verrerie s'est d'abord imposée comme l'un des fleurons industriels du Nord de la France avant de devenir, au fil des années, un groupe international, leader mondial des arts de la table[4]. Le développement débute véritablement après la Première Guerre mondiale, en 1927, quand le second fils de Georges Durand, Jacques, intègre l’entreprise[5].

En 1930, Jacques Durand se rend aux États-Unis pour étudier les verreries américaines, déjà équipées de fours à bassin et de machines automatiques. Il prend le parti de développer de nouvelles techniques de fabrication, et équipe, peu à peu, l'entreprise de nouvelles machines qui permettront d'améliorer la production, tout en préservant la créativité verrière. Un premier four à bassin est construit et les premières presses sont installées en 1934[6].

Après la Seconde Guerre mondiale, la verrerie Cristallerie d'Arques poursuit son essor industriel, sous l'impulsion de Jacques Durand, seul copropriétaire avec son père en 1946. Jacques Durand profite des bas taux d'intérêt pour les emprunts dans le cadre du Plan Marshall pour compléter l'équipement de l'usine avec les machines les plus récentes conçues aux États-Unis[7]. En 1950, la verrerie qui dispose d'un équipement sans équivalent en Europe[7], produit 15 000 tonnes de verre par an pour un effectif de 993 personnes.

 
Verre ballon Arc - Le milliard de pièces produites est dépassé en 2008.

Dès 1958, le premier verre à pied dit verre ballon est fabriqué en automatique[5]. En 1968, la verrerie Cristallerie d’Arques opère une révolution industrielle au niveau mondial, en parvenant à mécaniser la production des verres à pied en cristal.[réf. nécessaire] En 1980, la verrerie produit 250 000 tonnes de verre par an et emploie 9 000 personnes en France[3], pour l'essentiel à Arques.

L'évolution des effectifs de l'entreprise éclaire le développement connu au XXe siècle : 315 employés en 1930, 993 en 1950, 2161 en 1960, 5048 en 1970, 8857 en 1980, 11 514 en 1990[7].

Des années 30 jusqu'en 2015, la verrerie Cristallerie d’Arques est restée une entreprise locale à capitaux familiaux. À partir des années 1980, le groupe entre dans une logique d'internationalisation de ses productions avec la création, en 1979, de Durand Glass Manufacturing Company (DGMC), filiale de production à Millville, dans le New Jersey, et le début de la production en 1982[8].

À l'apogée de sa production, l'entreprise fabrique plus d'1,6 milliard d'articles par an expédiés dans 144 pays. Elle est la première entreprise privée du Nord-Pas-de-Calais et la première verrerie de table du monde[7].

Jacques Durand, qui fut le moteur de cette expansion, décède le . La direction de la verrerie est alors reprise par son épouse et un des fils[7].

XXIe siècleModifier

Dans les années 2000, la verrerie Cristallerie d’Arques change de nom, devient Arc International, et les implantations internationales se multiplient : une unité de production est créée à Nankin[9], en Chine, en 2003 ; une autre est acquise en 2004 dans l'émirat de Ras el Khaïmah[10] ; et une troisième à Gous-Khroustalny[11], en Russie, en 2011.

Ce développement à l'international est concomitant aux difficultés que rencontre le groupe à partir du début des années 2000. En 2004, les pertes dépassent 100 M€. Un premier plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) conduit entre 2004 et 2008 à presque 3 000 départs volontaires du site historique d'Arques. Deux autres plans de départs volontaires sont réalisés dans les années qui suivent et, à fin , l'effectif du site se trouve réduit de moitié par rapport à 2004, passant de 12 000 salariés à 6 000[12].

En 2014, le groupe, qui a besoin d'argent, cède au fonds d'investissement américain Aurora Capital Group sa filiale produisant les produits Pyrex, Arc International Cookware (AIC)[13],[14], et cherche de nouveaux actionnaires[15]. Le , HIG Capital France et Arc International annoncent la signature d'un accord visant l'acquisition de la majorité du capital[16] d'Arc International par HIG. Ce projet n'aboutira pas.

Le , après de nouvelles difficultés économiques, un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est présenté aux syndicats. Ce PSE prévoit la suppression d'un peu moins de 200 postes[17],[18].

Le , le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer valide le projet de reprise du groupe verrier Arc International présenté par l'américain Peaked Hill Partners (PHP) à la suite de l'accord entre les actionnaires historiques, les banques, l'État et les investisseurs. Les créanciers ont accepté que la dette du groupe qui s'élevait à 280 millions d’euros soit réduite à 62 millions[19]. Les repreneurs vont débourser 58 millions pour recapitaliser l’entreprise en échange d’un nouveau plan de sauvegarde de l'emploi qui débouche, à la suite de la négociation avec les syndicats, sur 195 licenciements secs pour 233 créations de poste sur le site historique d’Arques[20].

Cette recapitalisation a permis d'assainir la situation financière du Groupe.

Arc crée en 2019, après deux ans de recherche, deux nouveaux types de verres : l'opale culinaire et l'opale de couleur qui permet la mise sur le marché de collections en verre opale teinté dans la masse.[21]

Début février 2021, la direction d'Arc annonce le recrutement de 225 personnes en CDI grâce à l'accord d'activité partielle signé fin 2020[22].

Recherche & Développement[23]Modifier

Plus de 100 personnes parmi lesquelles plusieurs dizaines d'ingénieurs travaillent sur de multiples projets répartis entre recherche fondamentale, élaboration de produits et mise au point de nouveaux procédés.

Les équipes marketing participent, avec les équipes R&D, à la définition de nouveaux produits ou de nouveaux axes de recherche, dans le respect de la stratégie RSE définie par la direction du groupe.

Marques du groupe[24]Modifier

Le groupe distribue ses collections sous cinq marques principales.

Marques grand publicModifier

 
Verre à pied Longchamp - Cristal d'Arques
  • Luminarc : Créée en 1948. Première marque du groupe Arc, Luminarc commercialise de la vaisselle et de la verrerie en verre transparent ou décoré pour un usage quotidien.
  • Arcopal (produits en verre fluosilicate) : Créée en 1958. Arcopal propose de la vaisselle en verre opal (fluosilicate) aux décors vintage.
  • Cristal d’Arques Paris : Créée en 1968. Cristal d'Arques est la marque emblématique du groupe. Elle propose des collections accessibles, haut de gamme, inspirées de l'art de vivre à la française.

Marques professionnellesModifier

  • Arcoroc : Créé en 1958. Arcoroc propose aux bars, hôtels, restaurants et collectivités, de la verrerie et de la vaisselle conçues pour un usage intensif.
  • Chef&Sommelier : Créée en 2008. Chef&Sommelier propose de la verrerie, de la vaisselle et des couverts haut de gamme destinés à l'hôtellerie-restauration ainsi qu'aux détaillants et amateurs de dégustation.

Division Business to BusinessModifier

Cette division propose des solutions de produits verriers sur mesure pour les clients professionnels : industriels, fabricants de produits semi-finis et finis, distributeurs et prestataires de service...

ProductionModifier

ChiffresModifier

Le Groupe produit plus de 4,3 millions d'articles par jour dans ses quatre usines : sur le site historique d'Arques mais aussi aux États-Unis (depuis 1979), en Chine (depuis 2003), et aux Émirats Arabes Unis (depuis 2004)[25].

Sites de productionModifier

Notes et référencesModifier

  1. Société du Recueil Sirey,, Collection complète des lois, décrets d'intérêt général, traités internationaux, arrêtés, circulaires, instructions, etc, vol. 35, (lire en ligne), Ord qui autorise le Carpentier Manuel à établir un four dans verrerie située à Arques Pas de Calais O 2 sect no 87 14 Ord qui autorisent l acceptation de divers.
  2. Arc International, de l’entreprise artisanale au groupe de renommée mondiale, Revue PIC-INTER, no 285, mars - Avril 2004
  3. a et b Michel Ravez, Projet de régularisation administrative de l'activité de la verrerie cristallerie "Arques International", enquête publique du 15 mars au 15 avril 2010, Annexes no 1, Historique du site
  4. Adrien Cahuzac, Le plan anti-crise d'Arc International, L'Usine Nouvelle no 3210, 21 octobre 2010
  5. a et b Yannick Boucher, « Arc International : la ville-usine a mis sous verre notre art de vivre »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur http://www.lavoixdunord.fr, (consulté le )
  6. Cécile Ducourtieux, « Fin d'âge d'or à "Cristalville" », sur www.lemonde.fr, (consulté le )
  7. a b c d et e Jean-Paul Chavaudra, « La Verrerie d'Arques accélère son industrialisation », dans Cent ans de vie dans la région, tome 3 : 1939-1958, La Voix du Nord éditions, hors série du 17 juin 1999, p. 64-65.
  8. a et b (en) « Company Overview of Durand Glass Manufacturing Company, Inc », sur https://www.bloomberg.com (consulté le )
  9. a et b Pierre-Olivier Rouaud, « Dans l'antre du verrier français Arc, à Nankin », sur http://www.usinenouvelle.com/, (consulté le )
  10. a et b Pierre-Olivier Rouaud, « Arc s'étend aux Emirats », sur http://www.usinenouvelle.com, (consulté le )
  11. « Arc International s'installe en Russie en investissant fortement dans le verrier OSZ », sur http://www.lavoixdunord.fr, (consulté le )
  12. Sylvie Andreau, envoyée spéciale, « Le verrier Arc évite la casse - leJDD.fr », sur LeJDD.fr (consulté le )
  13. « Arc International cède Pyrex au fonds Aurora », sur Le Figaro,
  14. « Nous sommes la seule usine au monde à fabriquer le Pyrex », sur La Nouvelle République,
  15. Arc International cherche de nouveaux investisseurs, Patrick Puy, dans GMB, BFM Business, 14 janvier 2014
  16. Le verrier français Arc International passe sous pavillon américain, Challenges, 1er septembre 2014
  17. La Voix du Nord, « Arc International : le plan du repreneur PHP présenté mardi matin », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. Laurie Moniez, « Arc international : dernière ligne droite avant la reprise par PHP », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  19. Laurie Moniez, « Un accord sur la dette ouvre la voie à la reprise d’Arc International », sur www.lemonde.fr, (consulté le )
  20. Le Monde avec AFP, « Le tribunal de commerce valide la reprise d'Arc International », sur www.lemonde.fr, (consulté le )
  21. La Voix du Nord, « Arques Arc a proposé plusieurs nouveautés au salon de Francfort »,
  22. « Le groupe verrier Arc recrute 225 personnes en CDI tout en maintenant un régime d'activité partielle », sur LEFIGARO (consulté le ).
  23. Frédéric Berteloot, « Bienvenue dans le monde de la recherche et développement d'Arc France », L'indépendant du Pas-de-Calais,‎ , p. 17
  24. Jennifer-Laure Djian, « Arques Cinq nouveautés d’Arc qui réinventent les arts de la table », sur www.lavoixdunord.fr,
  25. « Arc dresse ses verres sur les tables hors de France », le Figaro, .

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Marc Petit, « Arc International : la ville-usine qui a mis sous verre notre art de vivre », La Saga des marques, t. 1,‎ , p. 14-17.

Liens externesModifier