Antoine Ier (roi de Saxe)

Antoine Ier
Illustration.
Titre
Roi de Saxe

(9 ans, 1 mois et 1 jour)
Ministre-président Bernhard von Lindenau
Prédécesseur Frédéric-Auguste Ier
Successeur Frédéric-Auguste II
Héritier présomptif du trône de Saxe

(20 ans, 8 mois et 29 jours)
Prédécesseur Naissance du royaume de Saxe
Successeur Maximilien de Saxe
Biographie
Dynastie Maison de Wettin
Date de naissance
Lieu de naissance Dresde
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau de l'Électorat de Saxe Électorat de Saxe
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Château de Pillnitz, Dresde
Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Sépulture Cathédrale de la Sainte-Trinité de Dresde
Père Frédéric IV de Saxe
Mère Marie-Antoinette de Bavière
Conjoint Marie-Caroline de Savoie
Marie-Thérèse d'Autriche
Enfants Marie-Ludovica de Saxe
Frédéric-Auguste de Saxe
Marie-Jeanne de Saxe
Marie-Thérèse de Saxe

Antoine Ier (roi de Saxe)
Rois de Saxe

Antoine Ier de Saxe (en allemand : Anton Clemens Theodor Maria Joseph Johann Evangelista Johann Nepomuk Franz Xavier Aloys Januar von Sachsen), né le à Dresde[1], et mort le dans la même ville [1], est de 1827 à 1836 le second roi de Saxe.

Il est le quatrième fils de Frédéric IV de Saxe et de son épouse Marie-Antoinette de Bavière.

BiographieModifier

Avant le règne (1755-1827)Modifier

 
Portrait du prince Antoine de Saxe.

Doté de peu de chances de participer à la politique de l'électorat de Saxe ou de recevoir une terre de son frère aîné Frédéric-Auguste, Antoine vit dans l'ombre. Aucun électeur de Saxe après Jean-Georges Ier au XVIIe siècle n’a en effet donné d'apanages à son jeune fils.

Durant les premières années du règne de son frère aîné comme électeur de Saxe, Antoine est le second dans l'ordre de succession. La mort de son frère aîné Charles en 1781 fait de lui l'héritier présomptif de l'électorat.

Sa tante Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France, songe un temps à sa fille aînée Marie-Zéphyrine comme future épouse pour Antoine, mais l'enfant meurt à l'âge de cinq ans. Plus tard, Clotilde, autre fille de la dauphine, est à son tour promise à son cousin avant d'épouser le prince Charles-Emmanuel de Savoie qui deviendra roi de Sardaigne.

Antoine épouse finalement le à Dresde Marie-Caroline de Savoie (1764 – 1782) fille du roi Victor-Amédée III de Sardaigne et de son épouse Marie-Antoinette d'Espagne. Elle meurt cependant de la variole un an seulement après le mariage, sans avoir donné d'enfant à son époux.

Veuf, Antoine se remarie le à Dresde avec Marie-Thérèse d'Autriche (1767 – 1827), fille aînée de l'empereur Léopold II du Saint-Empire et de son épouse Marie-Louise d'Espagne. Marie-Thérèse ne sera reine-consort de Saxe que durant six mois.

Le couple donne naissance à quatre enfants, mais aucun ne vivra plus de deux ans[2] :

À partir de 1806, Antoine devient l'héritier du royaume de Saxe.

Roi de Saxe (1827-1836)Modifier

 
Antoine Ier de Saxe.

Le , Frédéric-Auguste Ier meurt et Antoine lui succède. Âgé de 71 ans, beau-frère de l'empereur François Ier d'Autriche, il perd sa femme en novembre de la même année. Ses quatre enfants sont morts au berceau.

Opinion sur le Roi à son avènement (1827)

Un correspondant de Dresde écrit à son sujet, lors de son avènement : "S.M. le roi Antoine a toujours eu l'habitude de se lever de très bonne heure, souvent à quatre heures du matin et d'aller aussitôt se promener à pied ou à cheval. Une activité continuelle et les exercices du corps ont contribué à lui donner une constitution robuste. Il aime la musique en connaisseur; lui-même écrit beaucoup de compositions musicales, possède une bibliothèque particulière très belle, aime beaucoup les beaux-arts et principalement le théâtre allemand. Il a étudié la généalogie avec une prédilection tout particulière et résout souvent les doutes des généalogues[sic] les plus expérimentés. Les personnes qui ont le bonheur de l'approcher vantent beaucoup ses observations spirituelles. Il remplit avec l'exactitude la plus grande ses devoirs religieux[3]."

Le nouveau souverain est complètement inexpérimenté pour le gouvernement ; il ne montre donc aucune intention d'initier des changements profonds dans la politique étrangère où intérieure.

À cette époque, les diplomates prussiens discutent de l'octroi de la Rhénanie prussienne, majoritairement catholique, au roi catholique Antoine, en échange de la Saxe luthérienne, mais ces pourparlers n'aboutissent pas. Sur le plan privé, le roi est considéré comme sujet à une bigoterie intense[4].

La Révolution de Juillet qui a lieu en France à l'été 1830 marque le début de troubles en Saxe à partir de l'automne suivant. Ceux-ci sont dirigés principalement contre l'ancienne Constitution. Le peuple réclamant un jeune régent, Antoine nomme donc son neveu Frédéric-Auguste prince co-régent. Une autre conséquence est une modification de la Constitution en septembre 1831 qui transforme le royaume de Saxe en monarchie constitutionnelle.

Le , lors de l'ouverture de l'assemblée des États de Saxe à Dresde, le roi laisse la parole au ministre Lindenau, lequel se réjouit de voir établie une nouvelle représentation nationale qui permettra nombre de développements dans plusieurs domaines : justice (nouveaux magistrats, nouvelles lois, nouveaux codes en matière criminelle, abolition des instances privilégiées, organisation des cours patrimoniales), religion (réforme et règlements des lois sur l'Église protestante), enseignement (projet de loi spéciale sur l'administration de la dette publique afin de financer les établissements scolaires) et commerce (union de la Saxe à une plus grande association de douane et de commerce de l'Allemagne)[5].

L'entrée de la Saxe dans le Zollverein en 1834 permet au commerce et à l'industrie de s'épanouir. Déjà en , dans le même esprit, la Saxe avait accédé à la ligne prussienne en matière de tarifs douaniers, conquérant dès lors un marché de onze millions de consommateurs prussiens[6].

Le , Antoine Ier meurt sans descendance après une maladie pulmonaire de plusieurs jours[4]. Il est alors le souverain le plus âgé d'Europe. Il est inhumé dans la crypte royale de la cathédrale de la Sainte-Trinité à Dresde auprès de ses deux épouses et de ses quatre enfants.

Son neveu lui succède sous le nom de Frédéric-Auguste II de Saxe.

Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Michel Huberty, Alain Giraud, L'Allemagne dynastique, tome I Hesse-Reuss-Saxe, p.487
  2. Michel Huberty, Alain Giraud, L'Allemagne dynastique, tome I Hesse-Reuss-Saxe, p.509
  3. Le Belge, 28 mai 1827
  4. a et b L'Indépendance Belge, le 13 juin 1836
  5. L'Indépendance Belge, 5 février 1833
  6. L'Indépendance Belge, 16 septembre 1834