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Anis Naccache

homme politique libanais
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Anis Naccache, né en 1948, est un ancien militant libanais condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1982 pour avoir tenté d'assassiner l'ancien Premier ministre du Chah d'Iran, Shapour Bakhtiar.

Libanais sunnite converti au chiisme, architecte-décorateur de profession, il décide de s’engager auprès de la cause palestinienne au début des années 1970. Envoyé par l’OLP pour superviser l’opération de la prise d’otage de l’OPEP à Vienne en Autriche en 1975, opération organisée par Waddi Haddad, il est chargé d’en organiser la logistique. Lorsqu'en Iran Khomeiny arrive au pouvoir, le militant se rapproche de ce régime, le considérant comme le nouveau meilleur porte-parole de la lutte palestinienne contre Israël. Il y reçoit l’ordre personnel de l'ayatollah Khomeiny d’assassiner en France Shapour Bakhtiar, ancien ministre du Shah. Le , à Neuilly-sur-Seine, 3 terroristes dont Anis Naccache se présentent à l'immeuble où loge Shapour Bakhtiar. Se présentant comme des journalistes avec du matériel, le commando parvient à entrer dans l'immeuble qui est surveillé par la plusieurs policiers. Pris d'un doute, le policier Bernard Vigna (22 ans) rattrape les individus. Alors qu'il les rejoint, le policier est abattu de plusieurs balles tirées avec des pistolets munis de silencieux. Arrivés au quatrième étage, les terroristes tuent le policier Jean-Michel Jamme (23 ans) et blessent très gravement le policier Georges Marty (23 ans). Se trompant d'appartement, le commando tue une voisine de Bakhtiar, Yvonne Stein (45 ans). La sœur de cette dernière est quant à elle gravement blessée de plusieurs balles. Trouvant finalement l'appartement recherché, les terroristes finissent par alerter un autre policier lequel découvre alors les corps de ses collègues. Une fusillade s'en suit et l'un des terroristes est blessé par le policier. Après plusieurs tirs de sommations, les deux autres finissent par se rendre. 5 personnes, dont 2 surveillaient à l'extérieur de l'immeuble, sont finalement interpellés par la police.

4 des 5 terroristes, dont Anis Naccache, sont condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité le .

En février 1989, à la veille d’une visite à Téhéran du ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, il demandait à Téhéran de « rappeler à la France ses engagements », reliant sa libération à l'affaire des otages français au Liban[1].

À la suite d’une grève de la faim[2] orchestrée par Maître Jacques Vergès, son avocat, il réussit à faire partie de la négociation globale de la France avec l’Iran après que Paris eut soutenu Saddam Hussein, président d'Irak, lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Le , graciés par le président François Mitterrand, les 5 terroristes sont libérés après seulement dix ans d'incarcération.

Le policier Bernard Vigna, paralysé à vie et passant le reste de ses jours dans un fauteuil roulant, avait reçu une proposition de dédommagement de 2 millions de francs en échange de la libération de Anis Naccache. Chose que Bernard Vigna avait refusé catégoriquement, qualifiant cet argent de "sale". Ce dernier est décédé en août 2008 des suites des blessures causées en 1980.

Depuis sa libération, Anis Naccache est conseiller en stratégie, vivant entre la capitale iranienne, Téhéran, et Beyrouth[réf. nécessaire].

Notes et référencesModifier

  1. « Libération d’Anis Naccache » dans L'Humanité du .
  2. Du au  : Anis Naccache passe de 75 kg à 48 kg.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier