Alphonse-Joseph van Steenkiste

architecte belge

Alphonse-Joseph van Steenkiste, né à Ixelles le 31 mai 1849 et mort en 1919 est un coiffeur, puis architecte-entrepreneur et auteur de livres religieux[réf. nécessaire] belge. Il fut dans sa jeunesse zouave dans l'armée pontificale et participa aux combats contre le royaume d'Italie.

Alphonse-Joseph van Steenkiste
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Titre de noblesse
Comte romain
Biographie
Naissance
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Blason Famille Van Steenkiste.svg
d'azur à un coffret d'argent en forme de losange aux angles coupés

BiographieModifier

Comme de nombreux jeunes belges désireux de défendre les États du pape et son pouvoir temporel, Alphonse-Joseph Van Steenkiste, s'engagea très jeune, sans doute à dix-huit ans, vers 1866-1867, dans les zouaves pontificaux[1].

Après avoir participé à divers combats contre l'Italie, et avoir été blessé par deux fois, comme à la Bataille de Mentana le 3 novembre 1867, il eut la chance de rentrer vivant en Belgique, où il se maria à Ixelles le 12 mai 1869 avec une jeune fille bruxelloise Marie Josèphe Albert, lingère. Après son mariage il abandonna son métier de coiffeur pour devenir architecte entrepreneur et prospéra dans le bâtiment où œuvrait déjà son beau-père Pierre Joseph Albert, tailleur de pierres et sculpteur.

Son œuvre architecturaleModifier

Les constructions d'Alphonse-Joseph van Steenkiste, cité comme architecte-entrepreneur[2] en 1885, et comme architecte en 1893[3], ne sont pas encore bien connues et ne sont pas à ce jour répertoriées dans l'Inventaire du patrimoine architectural (Iris) de la région bruxelloise. Les architectes-entrepreneurs étaient des constructeurs qui lotissaient des terrains, y dessinaient et construisaient eux-mêmes des maisons destinées à la vente. Les maisons bruxelloises construites par des architectes-entrepreneurs sont souvent faites en série selon un modèle semblable et dépourvues d'ornements architecturaux, ce qui permet de les distinguer dans l'enfilade des rues.

Récompenses pontificalesModifier

Alphonse-Joseph Van Steenkiste fut décoré de la Croix de Mentana[4] et de la médaille Benemerenti, et devint gentilhomme de S.S. le pape Léon XIII, comte par bref pontifical d', chevalier de l'ordre de Saint-Sylvestre par lettres patentes du Saint-Siège, en date du 22 décembre 1882.

Alphonse-Joseph Van Steenkiste n'hésita pas à porter cette dernière décoration publiquement ce qui provoqua la réaction des autorités, et engendra des péripéties judiciaires, le port de titres ou de décorations étrangères sans l'accord du gouvernement étant interdit en Belgique et il dut payer des amendes pour ce fait. Il contesta ces condamnations et alla jusqu'à la Cour de cassation qui néanmoins en confirma le bien-fondé[5].

Liens familiauxModifier

Alphonse Van Steenkiste était le frère de François-Augustin Van Steenkiste, clerc de notaire, né à Ixelles le 10 mai 1848, qui épousa Marie Josephine Kauffman, servante et cuisinière, née à Villance en 1858. François-Augustin est mort à Bruxelles le 18 avril 1898, et sa veuve se remaria à Bruxelles le 19 septembre 1903 à Mathieu Adrien Schnoeck, ouvrier peintre. François-Augustin avait de son épouse Charles Van Steenkiste, né le 31 décembre 1882 à Paris, et mort à Geel le 14 décembre 1895, Hélène Françoise Josephine Van Steenkiste, née le 21 août 1886 à Ixelles et qui épousa le 14 mars 1904 à Bruxelles Gustave Dechamps, ouvrier chapelier, né le 16 novembre 1877 à Paris, et également Arthur François Alphonse Joseph van Steenkiste, employé à la Sofina, né le 31 mars 1891 à Bruxelles.

NationalitéModifier

Selon certains auteurs, qui font sans doute une confusion, il se serait fait naturaliser français en 1882[6], ce qui n'est guère probable n'ayant pas résidé en France à cette époque et étant toujours considéré comme citoyen belge en Belgique.

Vie privéeModifier

 
Tombe d'Alphonse-Joseph Van Steenkiste, au cimetière d'Ixelles.

Alphonse-Joseph Van Steenkiste, né à Ixelles le 31 mai 1849, épousa à Ixelles le 12 mai 1869 (acte 72), qualifié alors de coiffeur, Marie Josèphe Albert, lingère, demeurant à Ixelles, née à Bruxelles le 27 mars 1851, dont il divorça et qui mourut avant 1893, fille de Pierre Joseph Albert, tailleur de pierres et sculpteur, né à Mélin qui avait épousé à Bruxelles en 1848 (acte 423) Virginie Josèphe Ropson, servante, également née à Mélin et issue d'une famille de tailleurs de pierres. Il se remaria à Bruxelles le 22 mai 1897 (acte 850), qualifié d'architecte demeurant rue de l'Homme Chrétien, 12, avec Amélia Marie Augustine Deramaix, née à Chièvres le 7 janvier 1876, demeurant rue de l'Homme Chrétien, 12, fille de feu Jean-Baptiste Deramaix, en son vivant ouvrier (1875) et de Mélanie Degueldre, demeurant à Chièvres.

Alphonse-Joseph Van Steenkiste eut comme enfants de sa première épouse :

  • Joseph Alphonse Marie Van Steenkiste, né à Ixelles le 9 décembre 1869, ouvrier gantier, qui épousa à Bruxelles le 4 octobre 1893 (acte 1381), Lucie Joséphine Vlaeminck, née à Gand le 4 février 1866, fille de Léon Vlaeminck, mécanicien, et Françoise Piette. Dont un fils :
    • Jean François Joseph Van Steenkiste, né le 16 août 1892.
  • Jules Joseph Hélène Van Steenkiste, né à Ixelles le 17 octobre 1871, employé, épousa à Bruxelles le 30 décembre 1893 (acte 1794), Pétronille Dekeuster, née à Bruxelles le 14 octobre 1866, fille de Jean-Baptiste Dekeuster, fabricant de brosses, et de Marie Thérèse Fléon. Dont :
    • Jean Baptiste Van Steenkiste, né à Bruxelles le 28 février 1889.

ArmesModifier

Armoiries de la famille van Steenkiste
Blasonnement:

d'azur à un coffret d'argent en forme de losange aux angles coupés[7] ou selon Magny[8], d'azur, au diamant d'argent[9].

Devise:

Fortitudo hominis quasi lapidis (La force de l'homme est comme celle de la pierre).

 
Ruban de l'ordre de Saint-Sylvestre
 
Ruban de la Médaille Benemerenti
 
Ruban de la Croix de Montana

Ses publicationsModifier

On lui attribue ces ouvrages de piété, conservés à la Bibliothèque Royale, édités chez l'auteur portant les initiales A.F.(sic) Van Steenkiste.

  • Alphonse van Steenkiste, Livre de la vie et de la mort. Méditations salutaires, Bruxelles, chez Van Steenkiste, 1905, in-8°.
  • Alphonse van Steenkiste, ancien Zouave pontifical, Bouquet de fleurs spirituel. Recueil choisi de pensées chrétiennes pour chacun des jours de l'année, Bruxelles, chez A. F. (sic) Van Steenkiste, 1914, 200 p.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Matricule 6336 : Régiment des zouaves pontificaux, liste des zouaves ayant fait partie du Régiment de 1er janvier 1861 au 20 septembre 1870, Lille : Imprimerie H. Morel, tome II, 1920, p. 472 : « Van Steenkiste, Adrien 10887 / Van Steenkiste, Alphonse 6336 / Van Steenkiste, Liévin 8898 »
  2. Pierre Guillemot-Saint-Vinebault, Manuel juridique de l'architecte: travaux privés et travaux publics, contenant le sommaire et le commentaire de plus de 1800 arrets, jugements et arrêtés, Librairie de la construction moderne, 1913, p. 4 : "L'architecte-entrepreneur doit être considéré comme un simple entrepreneur. L'architecte-entrepreneur n'est, aux yeux de la loi comme de la jurisprudence, qu'un entrepreneur".
  3. Actes de mariage de ses fils.
  4. Alphonse van Steenkiste fut blessé à deux batailles dont celle de Mentana.
  5. Recueil général de Jurisprudence. Royaume de Belgique, 1885. 1ère partie, arrêtés de la cour de Cassation. p. 135 : « 2e CH. — 27 avril 1885. ORDRES ÉTRANGERS. — Port de décorations. — Etats-Romaims. Les décorations conférées par le souverain pontife depuis la cessation de son pouvoir temporel conservent le caractère d'ordres étrangers, dont le port des insignes n'est autorisé en Belgique qu'avec l’autorisation du gouvernement belge. (Code pénal, art. 229.) (VAN STEENKISTE.) Le sieur Alph. Van Steenkiste, architecte entrepreneur à Ixelles, condamné une première fois, par le tribunal correctionnel de Gand, le 20 janvier 1884, à une amende de 50 francs, du chef d'avoir porté publiquement la décoration de l'ordre de Saint-Sylvestre, sans en avoir obtenu l'autorisation du roi, fut poursuivi à raison du même fait, commis à Bruxelles le 29 février suivant. Cette faveur lui avait été octroyée par lettres patentes du saint-siège, en date du 22 décembre 1882. Le tribunal correctionnel de Bruxelles mit le prévenu hors de cause, par le motif que le souverain pontife, n'exerçant aucun pouvoir temporel, était sans pouvoir à l'effet de conférer des ordres dont la collation relève de la puissance publique (15 mai 1884). Mais, sur appel par le procureur du roi, la cour de Bruxelles rendit, le 25 février 1885, un arrêt de réformation, condamnant l'inculpé à une amende de 500 francs. (Voir ce Recueil, 1885, II, 89.) Van Steenkiste s'étant pourvu en cassation, mais sans indiquer de motifs, la cour a rejeté son pourvoi par un arrêt qui constate l'accomplissement des formes et la juste application de la loi. Du 27 avril 1885.— 2e ch.— Prés. M. Vandenpeereboom, président, — Rapp. M. Bayet. — Concl. conf. M. Mesdach de ter Kiele, premier avocat général. » Lire en ligne.
  6. Source: Voir D. Labarre de Raillincourt, Les comtes du Pape en France, 1967, t. IV; Annuaire de la noblesse de France, 1878, p. 170-171.
  7.   Armes parlantes. En néerlandais, Steen veut dire pierre (mais pas précieuse) et Kiste veut dire coffret.
  8. Louis de Magny, Armorial des princes, ducs, marquis, barons et comtes romains en France, créés de 1815 à 1890, et des titres pontificaux conférés en France par les papes, souverains du Comtat-Venaissin, 1890, p. 80.
  9. Cette erreur d’interprétation des armes a peut-être conduit des auteurs (Magny, de Bonnefon) a croire qu'elles exprimaient les activités de la famille qui étaient en fait tout autre; magistrature locale et entreprise de messagerie internationale!

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier