Ali ar-Rida

Abû Hasan `Alî bin Mûsâ al-Ridhâ ou Imâm `Alî ar-Ridhâ (arabe : أبو الحسن علي بن موسى الرضا), connu en Iran sous le nom d'`Alî pesar Mûsâ Rezâ ou Emam Rezâ (persan : علی پسر موسی رضا ) (né vers le [1] à Médine, mort [2] à Tus) a été le huitième imam chiite duodécimain et une référence de premier plan au sein de l'école zaydite.

Ali ar-Rida
علي بن موسى الرضا.jpg
Titre de noblesse
Imam
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
TousVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
علي الرضاVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Mère
Najma (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Husayn ibn Musa (d)
Fātimah bint MūsāVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Sabīkah Khayzurān (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Religion
Maître
View from inside of Imam Reza sanctuary.jpg
Vue de la sépulture.

HistoireModifier

Son enfanceModifier

`Alî ar-Ridhâ, fils du septième imâm Mûsâ al-Kâzim, est né à Médine un mois après la mort de son grand-père Ja'far as-Sâdiq. Son père est mort empoisonné dans sa prison par le calife abbasside Hârûn ar-Rachîd en 799, `Alî ar-Ridhâ avait alors 35 ans.

SurnomModifier

Il avait beaucoup de surnoms comme Abu Ali et Abu Muhammed. En plus, il y avait les autres surnoms tels que Sabir, Vafi, Zaki et Razi. Selon de Ibn Babewayh, le nom de Reza lui a été donne par Dieu.[3]

Ses enfantsModifier

Il n'avait qu'un seul fils et successeur, le neuvième Imam Mohammad-Taqi al-Jawad. Son unique fille fut nommée Aisha (qui signifie "la vivante" dans la tradition arabe).

Un de ses lointains descendants, l'imam zaydite Yahyâ ibn Hamzah Al-Mu’ayyad, règnera sur le Yémen de 1328 à 1346.

Son règneModifier

Comme les imâms précédents, `Alî ar-Ridhâ commença son règne en restant dans l'ombre, à mener des études religieuses et scientifiques, à Médine, pour se protéger de la répression des abbassides. Hârûn ar-Rachîd interdisait, en vain, aux médinois de lui rendre visite et de suivre son enseignement.

À la mort d'Hârûn ar-Rachîd, ses deux fils se sont combattus pour le contrôle de l'empire abbasside. Le premier, Al-Amîn, fils de Zubayda bint Ja`far, petite-fille du calife Al-Mansûr, avait le soutien des Arabes, tandis que le second Al-Ma'mûn, de mère perse, avait le soutien des Perses. Al-Amîn succéda à son père en 809. Il y eut une guerre entre les deux frères prétendants au trône abbasside jusqu'à la mort de Al-Amîn en 813[4].

Le nouveau calife abbasside Al-Ma'mûn sembla changer de politique à l'égard des chiites. Il pensait que les Perses étaient favorables aux Hachémites et demanda le soutien d'`Alî ar-Ridhâ. Il l'invita à venir se joindre à lui à Mashhad. En 818, `Ali ar-Ridhâ rejoignait al-Ma`mûn, ne laissant à Médine que son fils Muhammad at-Taqî et son épouse. Les marques d'honneur que le calife donna à `Ali ar-Ridhâ provoquèrent des mouvements d'hostilité de la part des notables arabes[5].

Al-Ma'mûn désigna `Alî ar-Ridhâ comme successeur dans l'espoir de se concilier les chiites. Cette succession ne devait avoir lieu que si `Alî ar-Ridhâ survivait à Al-Ma'mûn. Ce dernier changea la couleur du drapeau quittant le noir, couleur des abbassides en vert couleur des partisans de Ali. Des troubles eurent lieu dans tout l'Irak en opposition à Al-Ma'mûn et à sa politique d'alliance avec les chiites. `Ali ar-Ridhâ mit en garde Al-Ma'mûn sur le choix de son gouverneur d'Irak qui menait ces troubles[6].

`Alî ar-Ridhâ ne survécut pas à Al-Ma'mûn. Le calife séjournait à Tus pour se recueillir sur la tombe de son père. Pendant ce séjour `Alî ar-Ridhâ est mort. Une tradition indique qu'il aurait bu du jus de grenade empoisonné par Al-Ma'mûn. Il fut enterré à côté de la tombe de Hârûn ar-Rachîd, le meurtrier de son père et le père de son meurtrier.

Après sa mortModifier

Les chiites bâtirent un mausolée célébrant le martyre (مشهد [mašhad], machhad, lieu où est mort un martyr) d’`Ali ar-Ridhâ. Ce mausolée est devenu le centre de Mashhad, la nouvelle capitale du Khorassan. Le pèlerinage a pris une ampleur extraordinaire car `Ali ar-Ridhâ est le seul imâm chiite enterré sur le territoire iranien. Or, depuis la révolution islamique en Iran (1979), les lieux saints du chiisme en Irak sont restés inaccessibles aux Iraniens ainsi que les lieux saints situés en Arabie saoudite. Fatima, la sœur de `Ali ar-Ridhâ est enterrée à Qom, ce qui en fait le second lieu de pèlerinage en Iran.

Ibn Battûta raconte ainsi sa visite sur le tombeau d'ar-Ridha :

« Le mausolée vénéré est surmonté d’un dôme élevé, et se trouve compris dans un ermitage. Dans le voisinage de celui-ci, il y a un collège et une mosquée. Tous ces bâtiments sont d’une construction élégante, et leurs murailles sont revêtues de faïence colorée. Sur le tombeau est une estrade de planches, recouvertes de feuilles d’argent, et au-dessus de ce tombeau sont suspendues des lampes du même métal. Le seuil de la porte du dôme est en argent. La porte elle-même est cachée par un voile de soie brochée d’or, Le plancher est couvert de plusieurs sortes de tapis. Vis-à-vis de ce tombeau on voit celui du prince des croyants, Haroun ar-Rachid, surmonté d’une estrade sur laquelle on place des candélabres, que les habitants du Maghreb appellent al-hicec et al-ménâïr. »

— Ibn Battuta, Op. cit., vol. II (lire en ligne), « Histoire du cheïkh Chihâb eddîn, dont le surnom a été donné à la ville de Djâm », p. 260 (.pdf).

Caractère scientifiqueModifier

 
Coran dans le musée de Qom attribué à ali ar-rida en Iran

Ali ibn Moussa al-Ridha était au sommet des scientifiques de son temps dans la science médicale, et son traité de médecine est considéré comme le plus précieux littérature islamique dans la science de la médecine, où il a été appelé « Le Traité d'or »[7],[8].

quelques paroles de l'imam Ali ar-ridaModifier

  1. L’infatuation ou l’estime de soi comporte plusieurs niveaux dont l’un consiste à ce que les mauvaises oeuvres d’un individu sont embellies de telle manière que celui-ci les considère correctes,qu’il en est satisfait et qu’il pense avoir fait d’excellents actes. Un autre niveau se rapporte à cequ’il tient sa foi comme une bienfaisance envers Dieu alors qu’en revanche, il lui est redevable de sa reconnaissance.
  2. Si on s’interrogeait : pourquoi le jeûne est-il rendu obligatoire ? la réponse serait : pour que les gens puissent sentir la rigueur de la faim et de la soif et comprendre la faim et la soif de l’autre monde, que celui qui jeûne ait la concentration spirituelle dans la sérénité contemplative, qu’il se tienne humble et pauvre devant Dieu et ait droit à la récompense, qu’il mérite les bienfaits et les récompenses pour avoir persévéré, en connaissance de cause, sur la faim et la soif, qu’il puisse, enoutre, dominer ses passions, qu’il prêche d’exemple, qu’il apprenne aux autres à surmonter les difficultés, qu’il soit un bon guide pour les affaires de l’au-delà, qu’il puisse (c’en est aussi une raison) éprouver les peines et misères des pauvres et démunis, afin qu’il fasse donc leur parvenir, en prélevant de sa fortune, les droits qu’Allah y a stipulés.
  3. Attention ! Eloignez-vous de l’avidité et de la jalousie, (car) tous ces deux (caractères) ont fait périr les peuples antérieurs. Et attention aussi ! Evitez l’avarice car c’est une maladie qui n’existe pas chez les Croyants et les gens distingués, elle est à l’antipode de la foi.
  4. L’avare ne connaît pas la tranquillité, le jaloux ne perçoit pas le goût de la vie, les souverains ne jouissent pas de la fidélité et les menteurs sont sans dignité.
  5. Ne tenez pas compagnie de celui qui boit de l’alcool et ne le saluez point.
  6. Maintenez les relations familiales avec les proches parents, même en n’offrant qu’une gorgée d’eau; et la meilleure des cordialités familiales consiste à en écarter le mal.
  7. Celui qui se repent de ses péchés est tel qu’il n’a commis aucun péché.
  8. La meilleure fortune est celle par laquelle on peut sauvegarder son honneur.
  9. Celui qui compare Dieu à l’image de sa créature est un idolâtre et celui qui définit Dieu par tout ce qui est prohibé devient mécréant.
  10. L’Imân ou la foi est d’un degré plus haut que l’Islam et la vertu ou la crainte révérencielle d’ALLAH d’un degré plus élevé que l’Imân et la certitude ou Yakîn est d’un échelon meilleur que l’Imân et rien de plus excellent que la certitude n’a été donnée aux fils d’Adam[9].

ŒuvresModifier

  • Al-Risalah al-Dhahabiah : c’est une thèse sur la médecine et sur la santé, écrit par Ali ar-Rida à la demande de Al-Ma’mūn[10].
  • Sahifah d’Ali ar-Rida : est une œuvre attribuée à Ali ar-Rida, compilée par Abdallah ibn Aḥmad ibn Amer qui l'a entendu de son père et son père entendit ces narrations de Ali ar-Rida
  • Uyun al Akhbar ar Reda : est un livre de Hadith à propos de la vie, les œuvres et les narrations de Ali ar-Rida écrit par Saduqh.
  • Feqh al-Reżā : c’est un livre à propos de Fiqh.

Notes et référencesModifier

  1. entre 11 et 14 dhu al-Qi'da 148 A.H. selon les sources
  2. 29 çafar 203 A.H. / sur (en) « Tenth Infallible »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
    chawwâl 202 A.H./ avril 818 dans Tabari, Op. cit., vol. II, « Califat d’Ibrâhîm fils de Mahdî à Baghdâd », p. 175
    16 dhu al-qi'da 202 A.H./ 26 mai 818 dans le site en anglais Ali ar-Ridha
  3. http://rch.ac.ir/article/Details/13362
  4. Tabari, Op. cit., vol. II, « Mort de Mohammed al-Émîn », p. 154-157
  5. Tabari, Op. cit., vol. II, « Révolte de l’armée de Baghdâd contre `Hasan, fils de Sahl », p. 167-168
  6. Tabari, Op. cit., vol. II, « Califat d’Ibrâhîm fils de Mahdî à Baghdâd », p. 172-173
  7. (en) W. Madelung (en), « ALĪ AL-REŻĀ, le huitième imam des Emami Shiites. », sur Iranicaonline.org, (consulté le 18 juin 2014)
  8. Écrivain du personnel, « Le temps d'or de fleur scientifiques au cours du temps de l'Imam Reza (A.S) (Part 2) », sur Tebyan.net (consulté le 21 juin 2014)
  9. « Quarante Paroles de L'imam Raza » (consulté le 5 décembre 2019)
  10. W. Madelung (1 août 2011). "Ali Al-Réza, le huitième imam des chiites Emami.". Iranicaonline.org. Récupérée 18 juin 2014.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier