Alexandre Morus

Alexandre Morus (ou Moir ou More) né le à Castres et mort le à Paris était un théologien protestant franco-écossais.

Alexandre Morus
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Alexandre Morus
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BiographieModifier

Alexandre Morus est le fils d'un Écossais, qui était recteur d'un collège protestant à Castres[1].

En 1636, Alexandre Morus part étudier la théologie à Genève, où il est élu professeur de grec à l'académie en 1639. En 1642, il succède à Friedrich Spanheim comme professeur de théologie, pasteur et doyen de l'Académie de Genève.

Adhérant aux idées de Moïse Amyrault, il a des ennuis à Genève où son orthodoxie est considérée comme suspecte. Également accusé d'immoralité, il est contraint de quitter Genève en 1648[2]. L'année suivante, il obtient une chaire de théologie à Middelbourg grâce à l'appui de Claude Saumaise . Il en démissionne en 1652 pour prendre une chaire d'histoire ecclésiastique à l'université d'Amsterdam[3]. En 1654-1655, il est victime, injustement, d'une polémique avec le poète et pamphlétaire puritain anglais John Milton (voir ci-après). Rentrant aux Pays-Bas après un voyage en Italie en 1655-1656, il découvre que sa réputation est définitivement entachée après la deuxième attaque de Milton à son encontre. En 1659, il se retire de son poste de professeur d'histoire ecclésiastique à Amsterdam et devient pasteur de l’Église réformée de Charenton jusqu'à la fin de sa vie en 1670[3].

Polémique avec John MiltonModifier

En 1654, John Milton lance, dans son pamphlet Pro Populo Anglicanorum Defensio Secunda, une attaque au vitriol contre Morus, croyant à tort que celui-ci était l'auteur de l'ouvrage royaliste anonyme intitulé Regii sanguinis clamor ad coelum adversus Parricidas Anglicanos ("Le cri du sang du roi vers les cieux contre les parricides anglais"), contenant une attaque "enragée" contre Milton. Morus répond à cette attaque par un ouvrage intitulé Alexandri Mori Ecclesiastae et Sacrarum Litterarum Professoris Fides Publica contra Calumnias Joannis Miltoni, en 1654 également, publié chez le même éditeur que le Regii sanguinis clamor, à savoir Adriaan Vlacq, qui est également attaqué par Milton[4]. Mais Milton réplique par une nouvelle attaque que Morus laisse sans réponse, ce qui semble donner raison à son adversaire[3].

La véritable paternité du Regii sanguinis clamor, écrit par Pierre Du Moulin, envoyé à Claude Saumaise et seulement relu par Morus, est apparue en 1670[5].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Wiep van Bunge, The Early Enlightenment in the Dutch Republic, 1650-1750 : selected papers of a conference held at the Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel, 22-23 march 2001 [« Le début des Lumières dans la République des Pays-Bas, 1650-1750 »], Leiden, BRILL, , 268 p. (ISBN 90-04-13587-1, lire en ligne), p. 23-29
  2. (en) Hubert Cunliffe-Jones, A History of Christian Doctrine [« Histoire de la doctrine chrétienne »], T&T Clark Ltd, (ISBN 978-0-567-02352-0), p. 427.
  3. a b et c (en) Article Alexander More in Dictionary of National Biography, lire en ligne : ici.
  4. (en) Barbara Kiefer Lewalski, The Life of John Milton : A Critical Biography [« La vie de John Milton, une biographie critique »], Wiley-Blackwell, 2002 (édition révisée, 816 p. (ISBN 978-1-4051-0625-2), p. 321.
  5. (en) William Riley Parker et Gordon Campbell, Milton : A Biography [« Milton, une biographie »], Clarendon Press, , 700 p. (ISBN 978-0-19-812889-2, lire en ligne), p. 612.

BibliographieModifier

  • (en) David Masson, The Life of John Milton, narrated in Connexion with the Political, Ecclesiastical, and Literary History of His Time (7 volumes), vol. 5 (1654-1660), Macmillan and Company, (lire en ligne)
  • (en) Archibald Bruce, A Critical Account of the Life, Character and Discourses of Mr. Alexander Morus ... In which the attack made upon him in the writings of Milton, is particularly considered... [« Un compte rendu critique de la vie, du caractère et des discours de M. Alexander Morus... dans lequel l'attaque faite contre lui par les écrits de Milton est particulièrement étudiée... »], J. Ogle, , 352 p. (lire en ligne)

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