Albert de Vleeschauwer

politicien belge
Albert de Vleeschauwer
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Fonctions
Ministre de la Justice
-
Député
Titre de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jozef Albert de VleeschauwerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Religion
Parti politique
Conflit
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KADOC Documentatie- en Onderzoekscentrum voor religie, cultuur en samenleving (d)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata

Albert de Vleeschauwer van Braekel est une personnalité politique du parti catholique belge né à Nederbrakel le et mort à Kortenberg le (à 74 ans).

Député catholique de l’arrondissement de Louvain de 1932 à 1960. Il fut ministre des Colonies de à (avec une petite interruption en 1939). À Londres il fut, conjointement, ministre de la Justice ( à ) et Ministre de l’Instruction publique ( à ). Après guerre, il fut Ministre de l'Intérieur de 1949 à 1950 et Ministre de l’Agriculture de 1958 à 1960.

DébutsModifier

Démobilisé en 1918 après avoir servi trois ans à l’armée, Albert de Vleeschauwer s’inscrit à la faculté de droit de l’Université de Louvain. Il y obtient les diplômes de docteur en droit et de licencié en philosophie et s’inscrit au barreau de Louvain en 1924. Cette même année, il entre au service d’études du Boerenbond et en prendra la direction deux ans plus tard. En 1928, il est nommé chargé de cours à l’Institut d’agronomie et sera nommé professeur de droit commercial à la Faculté de droit en 1936. De 1929 à 1930, il est chef de cabinet du ministre de l’Agriculture Henri Baels. Élu député en 1932 avec un profil démocrate chrétien flamand, il est cofondateur du Katholieke Vlaamse Volkspartij (nl) en 1936[2].

Deuxième Guerre mondialeModifier

Après la défaite de l’armée belge en , le gouvernement belge se rend en France et échoue finalement à Bordeaux le . Le lendemain le cabinet Hubert Pierlot décide de faire confiance au gouvernement français, présidé depuis peu de jours par le Maréchal Pétain, bien que trois ministres, Camille Gutt, Marcel-Henri Jaspar et Albert de Vleeschauwer avaient exprimé la volonté de continuer la lutte à côté de le Royaume-Uni. Jaspar qui rompit la collégialité en partant le jour même pour le Royaume-Uni, fut démis de ses fonctions (M.B. ). Par contre Albert de Vleeschauwer reçut un mandat étendu, avec le titre d’Administrateur général et avec mission de protéger les intérêts de la Colonie. Il s'agissait pour le gouvernement belge de protéger le Congo d'une tentation neutraliste, mais aussi du risque de voir le domaine colonial belge dominé par le Royaume-Uni après l'effacement du pouvoir de Bruxelles. Il quitte Bordeaux le lendemain pour arriver le à Lisbonne. Son épouse et ses enfants reçoivent non seulement leurs visas des mains d’Aristides de Sousa Mendes, mais ce dernier leur offrit l’hospitalité de sa maison de campagne à Cabanas, près de Viseu au Portugal. Ils y demeurent jusqu’en . Ce geste généreux du légendaire « Consul de Bordeaux » permet à Albert de Vleeschauwer de poursuivre sa mission sans entrave.

Il commence par lancer un télégramme le à tous les postes diplomatiques belges et au gouverneur général du Congo annonçant qu’il y a un membre du gouvernement, dûment mandaté, hors de portée de l’ennemi et que « la guerre continue ». Le jour même Pierre Ryckmans prononce son discours radiodiffusé bien connu. Le baron Emile de Cartier de Marchienne (nl), ambassadeur belge à Londres réagit en l’invitant à se rendre incessamment en Angleterre où l’ex-ministre Jaspar, aidé de Camille Huysmans, l’ancien président de la Chambre, envisage de créer un contre-gouvernement. Albert de Vleeschauwer arrive en Angleterre le et est reçu par Winston Churchill le 8. Il lui offre la collaboration entière du Congo, offre acceptée par le Premier Ministre britannique avec la remarque qu’il souhaiterait voir Hubert Pierlot et tous ses collègues à Londres. Albert de Vleeschauwer va tout mettre en œuvre pour y arriver. Il retourne à Lisbonne et réussit, malgré l’absence de communications régulières, d’arranger une rencontre au poste frontière du Col du Perthus. Elle a lieu le , Hubert Pierlot étant accompagné de Paul-Henri Spaak et de Camille Gutt. Albert de Vleeschauwer réussit à les convaincre et Gutt, qui avait les visas requis en poche, entame le voyage de retour à Londres avec lui. Le les deux ministres sont à Londres et les deux autres de retour à Vichy. Ils y tiendront leur dernier conseil le , puis quitteront Vichy munis de la démission de leurs collègues. Le ils seront arrêtés à la frontière espagnole et placés en résidence surveillée à Barcelone. Ils réussissent à en échapper et arrivent le à Londres après un voyage mouvementé à travers l'Espagne cachés dans le double fond d'une camionnette.

Le , le gouvernement belge reprend ses activités avec une réunion de conseil – à quatre – où ils entérinent toutes les décisions prises par Albert de Vleeschauwer d’abord seul, puis ensemble avec Camille Gutt. Fin novembre 1940, le Ministre, accompagné de son chef de cabinet Robert de Mûelenaere, se rend au Congo belge avec pour mission de mettre au point la législation de guerre[3]. L’effort de guerre du Congo consistera non seulement en fourniture de matières premières, y compris ultérieurement la fourniture de l’uranium destiné aux bombes atomiques, qui mirent fin à la guerre contre le Japon, sa Force Publique participera avec succès à la campagne contre l’Italie en Abyssinie et se distinguera par la prise d'Asosa et de Saïo en 1941.

Après guerreModifier

Albert de Vleeschauwer quitte le gouvernement en . Il mènera campagne en faveur du retour du roi Léopold III et deviendra ministre de l’Intérieur en 1949 dans le gouvernement Jean Duvieusart, mais celui ne parvint pas à assurer le retour au trône du roi en 1950. En 1958 Albert de Vleeschauwer reçoit le portefeuille de l’Agriculture dans le gouvernement Gaston Eyskens II. On veut à tout prix l’impliquer dans une faillite prononcée initialement à Léopoldville en 1956, par le biais d’une procédure relancée à Bruxelles en 1960. Il est amené à démissionner en novembre 1960 mais doit attendre jusqu’en pour être acquitté par la Cour d’Appel de Bruxelles de tous les faits mis à sa charge. Il ne reviendra plus sur la scène politique et mourra en 1971.

La Belgique n’était pas pressée de reconnaître les services rendus : après avoir reçu la US Medal for Merit en 1947, il reçut la Grande Croix de l’Ordre royal du Lion (Congo) en 1949 et en 1954 la Grande Croix de l’Ordre de la Couronne. Cette même année le roi Baudouin l’anoblissait et lui conférait le titre héréditaire de baron.

Notes et référencesModifier

  1. « http://www.archiefbank.be/dlnk/AE_972 »
  2. Biografie Albert de Vleeschauwer in de Encyclopedie van de Vlaamse Beweging.
  3. Albert de Vleeschauwer, , Bruxelles, Académie Royale des Sciences Coloniales, 1957, p. 191-196

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (nl) Bert Govaerts, Ik Alleen, éditions Hautekiet, 2012
  • Nat. Biog. Wbk vol 8 col. 917-929, 2007

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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