Al-Harith ibn Hisham

Al-Ḥārith ibn Hishām ibn al-Mughīra ibn ʿAbd Allāh (mort en 634, 636 ou 639) est compagnon du Prophète de l'islam Mahomet, noble du clan des Banû-Makhzoum, ayant participé à la conquête musulmane du Levant.

Al-Harith ibn Hisham
Biographie
Naissance

BiographieModifier

Al-Harith est le fils de Hisham ibn al-Mughirah (en), un qoreychite notable de la période pré-islamique appartenant au clan des Banû-Makhzoum à La Mecque[1]. Il est le frère d'Abu Jahl, le chef de l'opposition mecquoise au prophète de l'islam Mahomet jusqu'à sa mort à la bataille de Badr en 624[2]. Al-Harith combat lui aussi les musulmans à Badr puis à la bataille de Uhud près de Médine en 627[3]. Il se convertit finalement à l'islam lors de la conquête de la Mecque par Mahomet en 629/30[2]. Il combat ensuite dans l'armée musulmane contre les Arabes polythéistes à la bataille de Hunayn en 630, lui permettant d'obtenir une part du butin[3].

Al-Harith participe à la conquête musulmane du Levant[2], combattant successivement en 634 dans les batailles d'Ajnadayn en Palestine et de Fahl en Transjordanie. Il sert sous les ordres de son cousin paternel Khalid ibn al-Walid à la bataille du Yarmouk en 636[3]. En 637, le calife Omar lui donne une solde inférieure à celle des autres membres de l'armée en raison de sa conversion relativement tardive à l'islam. Mécontent, il s'établit définitivement en Syrie avec soixante-dix membres de sa famille[4].

Les récits des sources traditionnelles islamiques ne s'accordent pas sur la date et la cause de sa mort : plusieurs sources rapportent qu'ils meurt à la bataille d'Ajnadayn en 634 ou du Yarmouk en 636, alors que d'autres affirment qu'ils meurt de la peste d'Emmaüs en 639[2],[3],[5]. Dans tous les cas, à cette dernière date, toute sa famille, exceptés deux ou quatre membres, est morte en Syrie, soit au cours de batailles, soit de la peste[6].

FamilleModifier

L'un des quelques fils survivants d'al-Harith, Abd al-Rahman, est ramené à Médine par le calife Omar, dont l'une des épouses est la fille d'al-Harith, Oumm Hakim (en), et est récompensé par une attribution de terres[6]. Il devient le père d'une famille influente des Makhzoum à Médine, ayant treize ou quatorze fils et dix-huit filles[6]. La famille forge des liens matrimoniaux avec d'autres familles au sein des Makhzoum, ainsi qu'avec les Omeyyades et les Zubayrides[6], tous deux prétendants qoreychites pour le contrôle du califat pendant la première et la deuxième guerre civile musulmane.

Notes et référencesModifier

  1. Hinds 1991, p. 137–138.
  2. a b c et d Blankinship 1993, p. 97, note 529.
  3. a b c et d Friedmann 1992, p. 200, note 751.
  4. Hinds 1991, p. 138–139.
  5. Hitti 1916, p. 175, 215.
  6. a b c et d Hinds 1991, p. 139.

BibliographieModifier

  • (en) Khalid Yahya Blankinship, The History of al-Ṭabarī, Volume XI: The Challenge to the Empires, Albany, New York, State University of New York Press, coll. « SUNY Series in Near Eastern Studies », (ISBN 978-0-7914-0851-3, lire en ligne).
  • (en) Yohanan Friedmann, The History of al-Ṭabarī, Volume XII: The Battle of al-Qādisīyyah and the Conquest of Syria and Palestine, Albany, New York, State University of New York Press, coll. « SUNY Series in Near Eastern Studies », (ISBN 978-0-7914-0733-2, lire en ligne).
  • (en) M. Hinds, « Makhzūm », dans C. E. Bosworth, E. van Donzel et Ch. Pellat, The Encyclopaedia of Islam, New Edition, vol. VI: Mahk-Mid, Leiden, E. J. Brill, (ISBN 90-04-08112-7), p. 137–140.
  • (en) Philip Khuri Hitti, The Origins of the Islamic State, Being a Translation from the Arabic, Accompanied with Annotations, Geographic and Historic Notes of the Kitâb Fitûh Al-buldân of Al-Imâm Abu-l Abbâs Ahmad Ibn-Jâbir Al-Balâdhuri, Volume 1, New York and London, Columbia University & Longman, Green & Co., (lire en ligne).