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L'affaire des enfants yéménites (en hébreu : פרשת ילדי תימן) désigne la disparition de milliers de bébés et de nourrissons de nouveaux immigrants — principalement Juifs venus des pays arabes et musulmans et notamment du Yémen — dans l'État nouvellement fondé d'Israël[1], entre 1948 et 1954. Les différentes commissions officielles israéliennes qui se sont penchées sur la question ont conclu que la grande majorité d'entre eux sont morts de maladie[2]. Des recherches du gouvernement israélien mises à disposition du public en juin 2017 ont cependant révélé que certains de ces enfants ont servi de cobayes dans le cadre d'expérimentations scientifiques, et quelques-uns en sont morts.

Sommaire

Les dénégations des autorités israéliennes pendant plusieurs décenniesModifier

Des hôpitaux israéliens ont assuré à des familles juives yéménites et quelques dizaines de familles juives originaires d'Afrique du Nord et de pays du Moyen-Orient que leurs enfants, qui y étaient "soignés", étaient décédés, sans toutefois restituer les corps de ces milliers d'enfants. "Depuis les années 1960, trois commissions d’enquête ont été créées pour élucider le mystère mais en réalité, elles ont tout mis en œuvre pour empêcher la vérité d’éclater au grand jour", peut-on lire sur le site d'information suisse Le Temps. En 1994, le rabbin israélien d'origine yéménite Uzi Meshulam a été incarcéré pour avoir exigé l'ouverture d'une commission d'enquête sur cette affaire, et un de ses étudiants a été tué par la police.

Il a fallu attendre l’été 2016 pour que, poussé par les médias et par les familles dont certains membres avaient entre-temps été élus à la Knesset, le gouvernement de Benyamin Netanyahou autorise la publication de 200 000 documents confidentiels[3].

Le 19 février 2018, la Knesset adopte une loi pour permettre aux familles des enfants disparus des décennies auparavant – dans leur majorité d’origine yéménite – de demander l’exhumation des tombes où leurs proches auraient été enterrés pour réaliser des tests génétiques[4].

Le 12 août 2018, la ministre de la Justice israélienne, Ayelet Shaked, donne l’instruction aux Archives de l’État d’Israël de publier environ 300 000 documents inédits dans l’affaire des enfants yéménites et à l'armée de publier toutes les statistiques pertinentes au sujet des enfants yéménites, à la condition que ces informations n’aient pas d’impact sur la vie privée d’autres personnes[5].

L'enlèvement de milliers d'enfants dans les hôpitauxModifier

Les archives confirment que 3000 à 5000 enfants ont été enlevés par des infirmières à des fins de «vaccination» avant d’être déclarés «morts» ou «disparus»[3].

Les cas d'expérimentations scientifiques sur des enfants juifs yéménitesModifier

Les archives "démontrent aussi que certains disparus ont succombé durant des expériences médicales pour lesquelles ils ont servi de cobaye humain". "Des documents datant de 1949 et de 1950 prouvent que les hommes en blanc ont cherché à savoir si les Yéménites avaient «du sang nègre». Ils confirment par ailleurs qu’au moins quatre enfants ayant reçu «un traitement expérimental actif» de nature indéterminée en sont morts. Les parents n’ont pas été prévenus et les corps ont été enterrés à la sauvette dans un lieu que plus personne ne peut situer soixante ans plus tard[3]".

Selon The Times of Israel, "les affirmations que des médecins auraient utilisé des cellules sanguines de Yéménites juifs pour tester la drépanocytose et l’ascendance africaine sont corroborées par un article publié en novembre 1952 dans la revue médicale The Lancet. À l’époque, la loi israélienne ne demandait pas de consentement pour une telle procédure[6]".

Les cas d'enlèvements pour "adoption"Modifier

Des enfants ont été enlevés et donnés (ou vendus) à des familles ashkénazes. Dans plusieurs cas, ces enfants, pour lesquels les hôpitaux avaient émis des certificats de décès, ont pu retrouver par la suite leurs parents grâce aux analyses génétiques[6].

En 2017, le bureau israélien de Médecins pour les Droits de l’Homme a publié ce communiqué demandant des excuses publiques à la communauté médicale : « Maintenant, alors que nous apprenons des médecins travaillant à l’époque qu’en plus de crimes d’enlèvement, il y a eu des expériences menées de manière criminelle, en violation des règles d’éthique – et rappelons-nous que le Code de Nuremberg était déjà rédigé et clair – la communauté médicale, dans toutes ses institutions, admettra-t-elle ses crimes, s’excusera-t-elle sincèrement et travaillera-t-elle à la reconnaissance et à la prise de conscience des dangers inhérents à ces activités ? », peut-on lire dans le communiqué. « La communauté médicale doit non seulement s’excuser pour ce que le personnel médical a fait, mais aussi pour les dissimulations, la dénégation et le traitement dégradant envers les déclarations des familles. »[6]"

L'affaire est source d'une forte controverse en Israël[7].

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier