Abus verbal

Un abus verbal (agression verbale ou attaque verbale) est une forme de comportement abusif impliquant l'utilisation du langage. C'est une forme d'insulte qui peut survenir avec ou sans l'utilisation d'explétifs. Bien que la communication orale ne soit pas la seule forme commune, l'abus verbal peut aussi bien être fait par écrit.

L'abus verbal, comportement abusif utilisant généralement le langage.

L'abus verbal est un degré comportemental pouvant sérieusement interférer sur le développement émotionnel d'un individu. Une simple exposition à une agression verbale peut être suffisante pour affecter significativement l'estime de soi d'un individu, le bien-être émotionnel ainsi que l'état physique.

DéfinitionModifier

L'abus verbal est décrit en tant qu'environnement émotionnel organisé par le profiteur dans le but d'un contrôle, aussi bien psychologiquement que physiquement, sur l'individu. Le profiteur tente à placer sa victime dans une position de faiblesse. Les rapports d'abus verbaux et émotionnels indiquent qu'ils surviennent fréquemment dans les couples entre hommes et femmes[réf. nécessaire]. Dans de tels contextes, les personnes victimes reportées restent majoritairement les femmes[1].

ConséquencesModifier

L'abus verbal provoque souvent chez les victimes une baisse de l'estime de soi. De ce fait, elles peuvent souffrir de dépression clinique et de trouble de stress post-traumatique. Malgré le fait que ce soit un type d'abus très commun, l'abus verbal n'est pas sérieusement perçu comme forme d'abus car, hormis le fait qu'il peut y avoir la présence de témoins, il n'existe aucune preuve. Cependant dans la réalité, des cas modérés aux sévères cas d'abus verbaux (spécialement durant lesquels la victime subit des attaques répétées) peuvent être beaucoup plus nuisibles pour la santé d'un individu qu'un abus physique.

Un abus verbal dès le jeune âge peut contribuer à un complexe d'infériorité, des attitudes machistes et autres comportements négatifs pouvant s'étendre jusqu'à la vieillesse. Les individus se sentant verbalement attaqués sur une base régulière peuvent faire acte d'introspections et/ou rechercher des conseils de la part de professionnels et partir loin de l'environnement négatif lorsque c'est possible. Rester aux alentours du profiteur peut sérieusement atteindre le bien-être de l'individu.

Abus verbal consensuelModifier

L'abus verbal consensuel (ou humiliation verbale) est une pratique commune de l'humiliation érotique, souvent du domaine BDSM. De manière consensuelle, le soumis se laisse insulter et/ou humilier par son dominant dans le but de s'exciter sexuellement ou par tendance masochiste (est la recherche du plaisir dans la douleur).

Qualification juridiqueModifier

Les termes « violence verbale » ou « abus verbal » ne sont pas des concepts juridiques codifiés dans les lois et une personne ne peut donc pas littéralement être condamnée pour violence verbale, selon ce libellé. Par contre, en fonction des faits en cause, la violence verbale pourrait constituer du harcèlement psychologique en droit du travail[2], une faute en responsabilité civile générale[3], des propos discriminatoires ou du harcèlement discriminatoire dans le droit relatif à la discrimination[4],[5], de la cruauté mentale dans le droit du divorce[6] et dans des cas extrêmes, de l'incitation à la haine en droit pénal[7].

La violence verbale pourrait aussi s'apparenter à l'injure dans certains cas, mais ce ne sont pas tous les pays qui ont un régime juridique de l'injure. Par exemple, le Canada et les États-Unis n'ont pas de régime de l'injure, mais la France en a un[8].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Miller, No Visible Wounds: Identifying Nonphysical Abuse of Women by Their Men, New York, Random House Publishing Group, , 1re éd., poche (ISBN 978-0-449-91079-5).
  2. Éducaloi. « Le harcèlement psychologique au travail ». En ligne. Page consultée le 2021-11-06
  3. Code civil du Québec, RLRQ c CCQ-1991, art 1457, <https://canlii.ca/t/1b6h#art1457>, consulté le 2021-11-06
  4. Charte des droits et libertés de la personne, RLRQ c C-12, art 10, <https://canlii.ca/t/19cq#art10>, consulté le 2021-11-06
  5. Charte des droits et libertés de la personne, RLRQ c C-12, art 10.1, <https://canlii.ca/t/19cq#art10.1>, consulté le 2021-11-06
  6. Loi sur le divorce, LRC 1985, c 3 (2e suppl), art 8 (2) b) (ii), <https://canlii.ca/t/ckg7#art8>, consulté le 2021-11-07
  7. Code criminel, LRC 1985, c C-46, art 319, <https://canlii.ca/t/ckjd#art319>, consulté le 2021-11-06
  8. Palmer, V. V. (2015). Dommages Moraux: L’Éveil Français au 19e Siècle (Moral Damages: The French Awakening in the 19th Century). RIDC, 1-2015.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier