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Mark Rutte avec Henk Kamp (à sa droite) et Rita Verdonk (à sa gauche) lors d'un meeting pendant la campagne des élections législatives néerlandaises de 2006.

La communication politique est une forme de communication spécifique aux affaires politiques. Dans les démocraties pluralistes, elle a généralement pour vocation d'aider à l'élection de la personne qu'elle sert avant ou pendant une campagne électorale et à favoriser le soutien de l'opinion publique lors de l'exercice d'un mandat.

Sommaire

Définition du conceptModifier

D'après la définition proposée par Steve Chaffee en 1975, un spécialiste de la communication[1], la communication politique désigne la « part de prise par la communication dans le processus politique ».

Dans l'introduction de leur Encyclopedia of Political Communication, Lyna Lee Kaid et Christina Holtz-Bacha précisent que la communication politique concerne également « les activités du gouvernement qui visent à influencer le fonctionnement des organes exécutifs, législatifs et judiciaires, les partis politiques, les groupes d’intérêt, les comités d'actions politiques et les autres parties prenantes du processus politique »[2].

Les différents vecteurs de la communication politiqueModifier

Réunions et meetings politiquesModifier

En FranceModifier

En France, les réunions politiques évoluent depuis les dernières années du Second Empire jusqu’à la fin de la Troisième République : les premières sont des réunions qui se développent grâce à la loi du (liberté de réunion sous condition d'autorisation préalable, excepté la réunion électorale), la loi du (liberté de réunion sous condition de déclaration préalable en période électorale)[3] et grâce au discours républicain qui les conçoivent comme de possibles assemblées délibératives où le citoyen fait l’apprentissage du débat contradictoire, de la formation du jugement politique. Elles se veulent un encadrement des masses privilégiant la raison aux émotions[4] par peur des foules et de leur violence lors de rassemblements spontanés sur la voie publique[5].

La période du boulangisme et de l'affaire Dreyfus voient apparaître des réunions, en parallèle avec les manifestations de rue, qui se veulent des démonstrations unilatérales de force d'un parti, avec en corollaire des tentatives d'obstruction, ou des contre-meetings et contre-manifestations des partis adverses. La loi de 1901 et l'apparition des partis politiques renforcent cette évolution[6].

 
La candidate Ségolène Royal répondant aux journalistes durant sa campagne pour l'investiture socialiste à l'élection présidentielle française de 2007.

Dans les années 1920, la notion de réunion est remplacée par celle de « meeting politique », véritable vitrine du parti et « grands-messe » populaire (il arrivait alors que la moitié des électeurs assistent aux meetings lors des périodes électorales)[7].

Dans les années 1930, le meeting est menacé, concurrencé et objet de confusions avec la manifestation de rue. Il devient dès lors essentiellement composé de militants des partis organisateurs[8], n'attire plus que 3 % des électeurs dans les années 1990[7], se réduisant à des discours destinés à quelques extraits dans les médias[9].

Dans les années 2000, la diffusion télévisée en direct généralisée par les chaînes d'information en continu et sur Internet et les réseaux sociaux redonne une place importante au meeting, comme en témoignent les investissements importants qu'ils générent lors des campagnes présidentielles correspondantes[10]. C'est notamment cette inflation des dépenses événementielles qui est à l'origine de l'affaire Bygmalion durant la campagne de 2017.

Des innovations ont même lieu pour renouveler le genre, notamment en 2017 avec des meetings réalisés en duplex sous la forme d'un hologramme par Jean-Luc Mélenchon[11].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Philippe Aldrin et Nicolas Hubé, Introduction à la communication politique, Louvain-la-Neuve, De Boeck supérieur, coll. « Ouvertures politiques », 2017, 288 p.
  • Pierre-Emmanuel Guigo, Com & Politique, Les liaisons dangereuses, arkhê, 2017.
  • Jacques Gerstlé, La Communication politique, Paris, Armand Colin, 2004, 302 p. (ISBN 2-247-05884-1)
  • Arnaud Mercier, La communication politique en France : un champ de recherche qui doit encore s’imposer, L'Année sociologique, Vol.51 2001/2, p. 355 à 363. [lire en ligne] [PDF]
  • Dossier Campagnes politiques, tribunes médiatiques, Le Temps des médias, n° 7 – 2006/2. [lire en ligne]
  • Kees Brants, De l’art de rendre la politique populaire... Ou "qui a peur de l’infotainment ?", Réseaux, n° 118 2003/2, p. 135 à 166. [lire en ligne] [PDF]
  • Agnès Chauveau, L’homme politique et la télévision. L’influence des conseillers en communication, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, n° 80 2003/4, p. 89 à 100. [lire en ligne] [PDF]
  • Caroline Ollivier-Yaniv, L'État communiquant, Paris, Presses Universitaires de France, 2000, 324 p.
  • Christophe Piar Comment se jouent les élections. Télévision et persuasion en campagne électorale, Paris, INA Editions, 2012.
  • Serge Halimi, À l'américaine, faire un président, 1986 (ISBN 2-7007-2617-0).
  • Philippe Riutort, Sociologie de la communication politique, Repères, Paris, La Découverte, 2007 (ISBN 978-2707148612)
  • Aurore Gorius, Michaël Moreau, Les gourous de la com' : trente ans de manipulation économique et politique, La Découverte, 2011 (ISBN 978-2-7071-7446-8)
  • Isabelle Veyrat-Masson (sous la direction), Médias et élections. La campagne présidentielle de 2007 et sa réception, Paris, Ina éditions, coll. « Les médias en actes », 2011
  • Jérôme Pozzi, De l'attachée de presse au conseiller en communication. Pour une histoire des spin doctors, Rennes, PUR, 2019.
  • Renaud Czarnes, Anti-manuel de communication politique, Editions Kawa, 2019, 86 p.[12]

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « UCSB Distinguished Professor Steven Chaffee Dies Unexpectedly », sur The UCSB Current (consulté le 13 mars 2019)
  2. Philippe Aldrin et Nicolas Hubé, Introduction à la communication politique, Louvain-la-Neuve, De Boeck supérieur, coll. « Ouvertures politiques », , 288 p. (ISBN 978-2-8073-0863-3).
  3. Texte de la loi du 30 juin 1881
  4. Yves Déloyé, Sociologie historique du politique, Paris, La Découverte, 1997, p. 103
  5. Susanna Barrow, Miroirs déformants, Réfl exions sur la foule en France à la fin du XIXe siècle, Aubier, 1990, p.10
  6. Paula Cossart, Le meeting politique : De la délibération à la manifestation, Rennes, PUR, , 400 p. (ISBN 2753511918)
  7. a et b Michel Offerlé, Un homme, une voix ? Histoire du suff rage universel, Paris, Gallimard, 1993, p. 90
  8. D. Gaxie et P. Lehingue, Enjeux municipaux, La constitution des enjeux politiques dans une élection municipale, Paris, PUF, 1984
  9. J.-J. Courtine, Les glissements du spectacle politique, revue Esprit, n° 9, 1990, p. 160.
  10. « Une campagne tout en meeting », Le Monde.fr, .
  11. « L'hologramme de Mélenchon, mode d'emploi », sur Le Parisien.fr, .
  12. « Comment les politiques ratent leur communication », sur LExpress.fr, (consulté le 22 mars 2019)