Aït Oulichek

Aït Oulichek (variante: Aït Ouricht, Aït Ourichech, en tifinagh : ⵄⵉⵜ ⵓⵍⵉⵛⴽ en arabe : بني ولشّك Beni Oulichek) est une tribu berbère située au nord-est du Maroc dans le massif montagneux du Rif dans l'actuelle province de Driouch. C'est sur son territoire que s'est déroulée la célèbre bataille d'Annoual.

Montagnes du Rif

Elle est située entre la tribu de Aït Saïd (Bettiwa en rifain) au nord-est , Temsamane à l'ouest , Tafersit au sud et celle de Ibdarsen (Metalsa en darija) au sud-est.

Chacune de ces tribus possède un centre administratif regroupant les représentants de l’Etat et des services publics et où a lieu le marché hebdomadaire, le souk. Le centre administratif de Aït Oulichek est la municipalité de Ben Taïeb.

SubdivisionModifier

La tribu est composée de 5 fractions ou clans appelés tharfiqt en rifain[1].

  • Imzilen (les forgerons)
  • Aït Azru (ceux du rocher)
  • Aït Ikhlef (les descendants de ceux qui s'engagent)
  • Aït Jaber (ceux de Jabar)
  • Aït Abdeslam (ceux d'Abdeslam)

Les Aït Oulichek sont voisins des Aït Said (Battiwa en rifain) . Les Ait Said se divisent en cinq fractions (khoms).

  • Aït Mait au nord-est d’Ait Oulichek
  • Aït Tekkouk
  • Amejjaou
  • Aït Zaoumi (Izaoumen) près de Temsamane.
  • Aït Abdenain (Zegzawa, Irhoumen).
Communes limitrophes de Beni Oulichek
Temsamane Beni Said Beni Said
Temsamane   Beni Said
Tafersit Metalsa Metalsa

HistoireModifier

Il y a peu d'informations sur la région avant la période coloniale. La tribu, comme bon nombre de tribus marocaines, garda pendant très longtemps une relative autonomie vis-à-vis du sultan marocain, faisant alors partie du bled es-siba. En 1766, le sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah décida de razzier plusieurs tribus rifaines dont les Aït Oulichek pour les amener à se soumettre entièrement[2]. En 1895, la tribu possède toujours une relative autonomie, cependant un Caïd nommé par le Sultan Alaouite est toléré uniquement à Souk-Sebt (Ben Taïeb).

Début 1921, les Beni Oulichek sont soumis par le général Sylvestre lors de la campagne du Rif, durant le protectorat espagnole. Alliés avec les partisans d'Abdelkrim El Khattabi, ils se rebellèrent contre les Espagnols et les écrasèrent à Annoual (petit bourgade au nord de la tribu) avant de participer à la création de l’éphémère République du Rif.

Après la guerre du Rif, une importante famine et de nombreuses épidémies de maladies ont frappé la région, obligeant un grand nombre de Rifains à émigrer vers l'Algérie française ainsi que d'autres villes marocaines. A l'instar d'autres tribus rifaines, elle a aussi fourni un contingent important parmi la diaspora marocaine en Europe, notamment en Belgique et en Allemagne.

Personnalité célèbresModifier

  • Nordin Amrabat, footballeur marocain né en 1988
  • Sofyan Amrabat, footballeur marocain né en 1996
  • Omar Raddad, principal suspect dans l'affaire du même nom.
  • Cheikh Muhend, troubadour rifain.
  • Mohamed ou Si Mohamed Amakran El Aoufi, (1904-1979), ancien cadi et juriste marocain.
  • El Mokhtar Ghambou, député du mouvement populaire, et phD à l'université de Yale et ambassadeur du Maroc au Kenya.

Notes et référencesModifier

  1. (es) Abdelhak Aoufi, « Haj Simohame - Sa profession », sur www.mohamedaoufi.com (consulté le )
  2. Emile Larose, « Bulletin de l'Enseignement Public du Maroc, », n° 71,‎ , p. 43 (lire en ligne)