Shudra

(Redirigé depuis Śūdra)

Les Shudra (sanskrit : शूद्र (śūdra), « serviteur ») sont, dans le système des castes indiennes, un des quatre varnas. Ils exercent principalement des activités agricoles et artisanales, et se situent hiérarchiquement en dessous des trois autres varnas, qui constituent les deux fois nés (dvija)[1]. Ils s'apparentent aux serfs européens du Moyen Âge[2].

Un ghulum (préposé aux bains) du varna shudra s'occupant d'un client dans une maison de bains d'inspiration moghole

Selon Louis Dumont, les trois premières castes apparaissent dans les premiers livres du Rig-Véda mais les shudra seulement dans un hymne tardif ; ils pourraient être des aborigènes intégrés dans la société sous forme de servitude[3].

Les enfants de brâhmanes sont considérés comme Shudra tant qu'ils n'ont pas assimilé les textes sacrés, reçu l'initiation védique, qui permet d'être dvija, « deux fois né »[4].

Selon la tradition hindoue, la qualité principale du Shudra est le dévouement[5].

Etymologie et origineModifier

Le terme "shudra" est issu du sanskrit shud signifiant "pur". Très employé, il peut désigner une personne ayant n'importe quelle jati. Vāyu-purāṇa 70.68 mentionne que Shudra est le nom d'une des dix épouses de Rishi Atri et est également le nom de la fille de Bhadrāśva et Gḥṛtācī selon Brahmāṇḍa-purāṇa III. 8.75. D'après Harivamsa, Shudrā est également le nom d'une des dix filles de Raudrāśva[6].

Les lois de Manu codifient et rigidifient le système de castes ; la notion de jati se superpose à celle de varna.

Comparatif avec les autres castesModifier

Tout comme celle des brâhmanes, des kshatriyas, et des vaishyas, la classe des shudras, est considérée comme « noble » (ârya). Les quatre doivent aussi respecter l'Ahimsâ (« non-violence ») pour prouver leur noblesse « dharmique » (il s'agit là d'impératif théorique, d'un âge d'or) ; les shudra sont donc aussi des représentants du dharma, du « devoir » de non-violence par leur service rétribué incarnant le minimum social, mais sans avoir la volonté d'acquérir une connaissance sacrée (auquel cas, il serait comme Vyasa, le compilateur des Védas, un brâhmane né d'une mère hors-caste). Les Dalits, Intouchables, nommés en sanskrit chandalas, « mangeurs de chien », sont les hors-castes, d'une condition associant celle du chasseur, du pêcheur, du bourreau, du circonciseur et de l'exciseur, tout ce qui a un lien avec la violence (selon les Lois de Manu).

Dans les textesModifier

Dans les textes védiquesModifier

Le terme "Shudra" apparaît dans le Rigveda[7],[8], dans un verset du Purusha Sukta (en) (l'un des 1028 hymnes)[9],[10].

Le Rigveda date probablement de 1500 avant notre ère[11],[12]. Cependant, en 1868, John Muir suggère que le verset traitant des varnas a "tout caractère de modernité à la fois dans sa diction et ses idées"[13]. Il est admis que le verset du Purusha Sukta fut inséré à une date ultérieure dans le texte védique[14],[15].

Selon Stephanie Jamison et Joel Brereton, professeur de sanskrit et d'études religieuses, "il n'y a aucune preuve dans le Rigveda d'un système de castes élaboré, très subdivisé et global", et "le système de varna semble être embryonnaire dans le Rigveda et, tant à l'époque que plus tard, un idéal social plutôt qu'une réalité sociale". D'après l'historien R.S.Sharma, "la société védique du Rigveda n'était organisée ni sur la base de la division sociale du travail ni sur celle des différences de richesse... [elle] était principalement organisée sur la base de la parenté, de la tribu et de la lignée"[16].

Selon Romila Thapar, la mention des Shudras et d'autres varnas dans le texte védique est à l'origine de ce phénomène, et que "dans l'ordre des varnas de la société, les notions de pureté et de pollution étaient centrales et les activités étaient élaborées dans ce contexte" et qu'il est "formulé et ordonné, divisant la société en quatre groupes disposés de manière hiérarchique"[17].

Dans la mythologie hindoue, le terme pusan renvoie au conducteur du soleil, qui connaît les chemins, apportant ainsi la lumière, la connaissance et la vie à tout le monde[18]. Or, dans un Upanishad de l'ère védique, le pusan est associé aux shoudras[19],[20], alors qu'un autre texte l'associe aux autres varnas, de Brahmane à Vaishya[20].

Sharma écrit que, dans les textes védiques, mention n'est jamais faite de restrictions alimentaires ou liées au mariage, que ce soit entre Shudras et autres varnas ou entre Dasa et aryens (nobles). De plus, à la fin de l'Atharva Veda, "Shudra n'est pas mentionné, probablement parce que son varna n'existait pas à ce stade"[21].

Dans l'ArthashastraModifier

Dans l'Arthashâstra, les aryens sont considérés comme libres et ne pouvant jamais être esclaves[22]. Or, dans ce texte, les shudras sont pas considérés comme aryens. Cela ne signifie cependant pas que les shudras sont esclaves ou issus d'une caste fermée (cette dernière interprétation étant ultérieure au texte). Selon Rangarajan, les lois sur l'emploi présentées dans l'Arthashastra sont sujettes à diverses interprétations de traducteurs et commentateurs, et l'opinion admise est que " l'esclavage, tel qu'il était pratiqué dans la Grèce contemporaine, n'existait pas dans l'Inde de Kautilya"[23].

Kautilya défend les droits de toute la population, y compris des Shudras, à participer aux guerres. Le politologue Roger Boesche (en) estime que cela relève de l'intérêt du dirigeant "d'avoir une armée populaire qui lui soit farouchement loyale, précisément parce que le peuple a été traité avec justice"[24].

Dans les Lois de ManuModifier

Les Lois de Manu sont principalement consacrées aux classes des Brahmanes et des Kshatriyas, énonçant un code de conduite (règle du dharma)[25]. Les deux autres classes, Vaishyas et Shudras, sont évoquées dans une courte partie : les sections 9.326 - 9.335 des lois de Manu indiquent huit règles pour les Vaishyas et deux pour les Shudras.

Dans la section 10.43 - 10.44, le texte donne une liste de tribus Kshatriya qui, par négligence des prêtres et de leurs rites, sont tombées au statut de Shudras. Ce sont : Pundrakas, Codas, Dravidas, Kambojas, Yavanas, Sakas, Paradas, Pahlavas, Chinas, Kiratas et Daradas[26],[27].

Dans le Yājñavalkya Smṛti et KalpaModifier

D'après Laurie L. Patton (en), professeure de religion spécialisée dans l'Inde antique, les droits des Shudras varient selon les textes antiques[28]. Ainsi, il y a contradiction au sujet d'un rite de passage, l'upanayana : alors que la section 9.15 de l'Atharva-Véda l'autorise aux shudras, l'Apastamba Grhysutra le leur interdit, ainsi que l'éducation religieuse (apprentissage des Védas)[28]. Le Yājñavalkya Smṛti (en), en revanche, mentionne des étudiants shudras, et le Mahabharata indique que les quatre varnas (et donc les shudras) peuvent entendre les védas. D'autres textes hindous vont plus loin, affirmant que les Brahmanes, Kshatriyas et Vaishyas peuvent recevoir un enseignement d'un shudra et que le Yajña peut être accompli par un shudra[29]. Ces droits et cette mobilité sociale ont pu naître à une époque de prospérité économique, qui voit également une amélioration du droit des femmes[30].

Dans les upanishads médiévauxModifier

Des upanishads de l'époque médiévale, tels le Vajrasuchi Upanishad (en), traitent des varna et le terme "shudra" y est mentionné[31],[32]. Selon Ashwani Peetush, professeur de philosophie à l'université Wilfrid Laurier, le Vajrasuchi Upanishad est un texte significatif car il affirme que tout être humain, quel que soit son milieu social, peut atteindre l'état spirituel le plus élevé de l'existence[33].

Dans les textes non-hindousModifier

Outre les contradictions des textes hindous, les textes non-hindous donnent une image différente des shudras : par exemple, un texte bouddhiste mentionne des shudras connaissant les Vedas, la grammaire, la Mimamsa, le Sâmkhya, le Vaisheshika et le lagna[28].

Selon Johannes Bronkhorst, professeur d'indologie spécialisé dans les débuts du bouddhisme et de l'hindouisme, les anciens textes bouddhistes traitent peu de varna[34]. A la place, ils évoquent des ménages (en pali : gahapati), sans distinction interne[34]. Même les brahmanes sont nommés ainsi (Brāhmaṇa-gahapati)[35]. Dans les textes bouddhistes, le terme "varna" est employé dans une perspective théorique, mais peu en rapport avec la pratique réelle[36].

EducationModifier

D'après l'historien R.S. Sharma, les Dharmaśāstras ne permettent pas aux shudras d'accéder à une "éducation alphabétisée". En revanche, ils sont éduqués à d'autres métiers, comme le dressage d'éléphants. Selon lui, la croyance selon laquelle agriculture et savoir religieux se gâteraient s'ils entraient en contact explique que les textes leur refusent l'éducation védique. Si les autres varnas présentaient des degrés variables d'alphabétisations, les shoudras étaient analphabètes. Mahatma Jyotirao Phule, intellectuel militant issu du varna shudra, attribue la détérioration de sa classe à l'analphabétisme et insiste sur l'éducation[37],[38],[39],[40]. Il déclare : « Par manque d'éducation, l'intellect s'est détérioré, par manque d'intellect, la moralité a décliné, par manque de moralité, le progrès s'est arrêté, par manque de progrès, la richesse a disparu, par manque de richesse, la Shudra a péri et tous ces chagrins sont nés de l'analphabétisme[40] »

ActivitéModifier

 
De gauche à droite : un Gurkha, un Brahmane et un Shudra (1868).

Traditionnellement, les Shudras sont paysans et artisans. Décrits comme des paysans dans les textes anciens, ils sont qualifiés de donneurs de blé et, d'après les textes, sont rémunérés "par la faucille et les épis de maïs". Le précepte ancien, "les védas sont destructeurs de l'agriculture et l'agriculture est destructrice des védas.", est présenté comme l'une des raisons pour lesquelles les Shudras n'étaient pas autorisés à apprendre les Védas. Au 7e siècle, Xuanzang, voyageur chinois, documente également le fait que les paysans sont shudras. De plus, un paria devenu agriculteur devient également shudra[41],[42],[43],[44],[45],[46],[47],[48].

Pour l'auteur Marvin Davis, les Shudras n'ont pas l'obligation d'apprendre les Védas. Ils ne sont pas considérés comme deux fois nés (djiva), et, selon le système de castes, sont destinés au service (seda) des trois autres varnas[49],[17]. Pourtant, le terme "djiva" est absent de la littérature antique : il ne se trouve pas dans les Vedas, ni les Upanishad, ni les Shrauta-sutras ou les Grihya-sutras [50]. Ainsi, le terme "djiva" indique que cette situation des shudras date du Moyen-Age.

Les métiers traditionnels des Shudras relèvent, selon Ghurye, de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce[51]. Cependant, cette classification varie dans la recherche[52]. D'après Drekmeyer, Shudras et Vaishyas partagent de nombreuses occupations et se regroupent souvent[53],[54].

Les Shudras sont artisans selon l'Arthashastra, mais pratiquent tous les arts selon le Vishnusmriti (IIIe siècle). En revanche, le Parasarasmriti et d'autres textes affirment que les arts et l'artisanat relèvent du domaine professionnel des quatre varnas[55].

A l'inverse, d'autres sources montrent que les shudras effectuent d'autres activités, d'après le sociologue Naheem Jabar. Ainsi, des textes, dont des épopées, présentent des shudras rois ou ministres[56]. Selon Ghurye, la notion d'hérédité dans le métier (qui contribue à fonder le système de caste) était fausse pour plusieurs régions indiennes. Selon les circonstances, les membres des quatre varnas exerçaient plusieurs types de métiers[57],[58]. Ghurye affirme : « Bien que, théoriquement, la positionn sociale des Shudras soit très basse, des preuves montrent que nombre d'entre eux étaient aisés. Certains réussirent à marier leurs filles dans des familles royales. Sumitra, une des trois épouses du roi Dasharatha, était Shudra. Certains parvirent même à monter sur le trône. Le célèbre Chandragupta est traditionnellement réputé pour être Shudra. »

A Bali, en IndonésieModifier

Parmi les communautés hindoues de Bali, en Indonésie, les shudras (appelés localement soedras), sont souvent prêtres de temple (bien que les prêtres de temple puissent appartenir à tout varna). Dans la plupart des régions, ce sont les Shudra qui font des offrandes aux dieux au nom des fidèles hindous, chantent des prières, récitent les meweda (Vedas) et fixent le déroulement des fêtes des temples balinais[59].

Preuves historiquesModifier

Des chercheurs, en quête de preuves historique de l'existence de varna et jati dans l'Inde médiévale, en ont trouvé difficilement et de contradictoires[60],[61].

L'Andhra Pradesh, qui date du Moyen-Age, mentionne rarement les varnas. Ainsi, Cynthia Talbot, professeure d'Histoire et d'études asiatiques, questionne l'importance des varnas dans la vie quotidienne dans l'époque. Jusqu'au 13e siècle, la mention de jati est encore plus rare. Deux rares registres de donateurs de temples provenant de familles de guerriers du XIVe siècle prétendent être des Shudras. L'un déclare que les Shudras sont les plus courageux, l'autre affirme que les Shudras sont les plus purs[60].

Richard Eaton, professeur d'Histoire, écrit : "N'importe qui peut être guerrier, sans distinction d'origines sociales, et les jati ne formaient pas l'identité des personnes. Les occupations étaient fluides." Entre le 11e et le 14e siècle, dans la population hindoue Kakatiya de la région du Deccan, les preuves montrent, selon Eaton, que les Shudras appartenaient à la noblesse, et beaucoup "de père et de fils avaient des professions différentes, ce qui suggère que le statut social était gagné, et non pas hérité"[62].

D'après Johannes Bronkhorst, aucune des inscriptions d'Ashoka ne mentionne les shudras (ni les kshatryas et vaishya) : seuls sont évoqués Brahmanes et Shramanas[63].

Au Moyen-Age, plusieurs membres du mouvement populaire bhakti (poètes-saints, chefs religieux...) étaient shudras, comme Toukaram et Namdev[64],[65]. Les compositions de Namdev étaient reconnues non seulement dans la communauté hindoue du Maharashtra, mais aussi dans la communauté sikh. Les gourous sikhs de la région du Pendjab inclurent ces compositions dans leur compilation des écritures sikh[66],[67].

CommentairesModifier

 
Mariée et marié shudras (photographie de 1908)[68]

D'après Bhimrao Ramji Ambedkar, réformateur social, les varnas étaient originellement trois : brahmane, kshatrya et vaishya. Les shudras étaient des kshatryas à qui les brahmanes refusaient l'Upanayana, rituel d'initiation[69]. Cette affirmation est critiquée par l'historien Sharma, selon qui elle ne se fonde que sur des traductions et sur la croyance, alors répandue parmi les membres éduqués des basses castes, que les shudras ont des origines plus nobles[70].

Sri Aurobindo déclare que les varnas existent, dans des proportions différentes, dans toutes les sociétés humaines. Selon lui, ce système s'est transformé en quelque chose de différent de ce qui était initialement prévu[71].

Les principes de l’hindouisme védique du nord de l'Inde ont moins d'influence dans le sud, où seuls existent les varnas de Brahmane et Shudra. Certains non-brahmanes se nommaient Sat Shudra (shudra propre), par opposition aux non-brahmanes des autres communautés[72] .

BibliographieModifier

  • Louis Frédéric, Dictionnaire de la civilisation indienne, Robert Laffont,
  • Guy Deleury, Le Modèle indou, Éditions Kailash, Paris, Pondichéry, 1993
  • Louis Dumont, Homo hierarchicus. Le Système des castes et ses implications., Gallimard (coll. TEL), Paris, 1966
  • Robert Deliège, Les Castes en Inde aujourd'hui, Éditions PUF, 2004

Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. Christophe Jaffrelot, « Inde : l'avènement politique de la caste », Critique internationale, vol. 17, no 4,‎ , p. 131 à 144 (ISSN 1290-7839 et 1777-554X, DOI 10.3917/crii.017.0131, lire en ligne, consulté le 30 octobre 2020)
  2. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, pages 212 et 213, (ISBN 8170945216)
  3. Louis Dumont, Homo hierarchicus : Essai sur le système des castes, Editions Gallimard, (ISBN 978-2-07-206743-3, lire en ligne), p. 169
  4. Madeleine Biardeau, L'hindouisme, anthropologie d'une civilisation, Flammarion
  5. La légende immémoriale du Dieu Shiva, Le Shiva-purâna, traduit du sanskrit et annoté par Tara Michaël, éditions Gallimard, connaissance de l'Orient (ISBN 978-2-07-072008-8)
  6. « Shudra, Sudra, Śūdra, Śūdrā: 23 definitions », sur www.wisdomlib.org,
  7. D. R. Bhandarkar 1989, p. 9.
  8. Basham 1989, p. 25-26.
  9. Ram Sharan Sharma, Material culture and social formations in ancient India, Macmillan, (lire en ligne), p. 51
  10. Gavin D. Flood, An Introduction to Hinduism, Cambridge University Press, , 36-37 p. (lire en ligne)
  11. Flood 1996, p. 37.
  12. Witzel 1995, p. 4.
  13. John Muir, Original Sanskrit Texts on the Origin and History of the People of India: Their Religion and Institutions, Volume 1, London, Trubner and Co, , 2nd éd. (lire en ligne), p. 12
  14. Stephanie Jamison et Joel Brereton 2014.
  15. Moriz Winternitz et V. Srinivasa Sarma, A History of Indian Literature, Motilal Banarsidass, , 59–60 p. (ISBN 978-81-208-0264-3, lire en ligne)
  16. Ram Sharan Sharma, Śūdras in Ancient India: A Social History of the Lower Order Down to Circa A.D. 600, New Delhi, Motilal Banarsidass Publishers, (ISBN 9788120807068, lire en ligne), p. 10
  17. a et b Thapar 2004, p. 63.
  18. Patrick Olivelle, The Early Upanishads: Annotated Text and Translation, Oxford University Press, , 483, 636 p. (ISBN 978-0-19-535242-9, lire en ligne)
  19. Patrick Olivelle, The Early Upanishads: Annotated Text and Translation, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-535242-9, lire en ligne), p. 49
  20. a et b Ram Sharan Sharma, Śūdras in Ancient India: A Social History of the Lower Order Down to Circa A.D. 600, Third Revised Edition, Motilal Banarsidass, , 49–50 p. (ISBN 978-81-208-0706-8, lire en ligne)
  21. Ram Sharan Sharma, Śūdras in Ancient India: A Social History of the Lower Order Down to Circa A.D. 600, Third Revised Edition, Motilal Banarsidass, , 44–45 p. (ISBN 978-81-208-0706-8, lire en ligne)
  22. R. S. Sharma 1958, p. 163 (1990:177).
  23. LN Rangarajan 1992, p. 411.
  24. Roger Boesche 2013, p. 103-104.
  25. Patrick Olivelle 2005, p. 16, 62-65.
  26. Madhav Deshpande et Peter Edwin Hook, Aryan and Non-Aryan in India, University of Michigan, (ISBN 0891480145, lire en ligne), p. 8
  27. John Denison Baldwin, Pre-Historic Nations, Sagwan Press, (ISBN 1340096080, lire en ligne), p. 290
  28. a b et c Laurie Patton 2002, p. 90.
  29. Laurie Patton 2002, p. 91.
  30. Laurie Patton 2002, p. 90-91.
  31. Mariola Offredi (1997), The banyan tree: essays on early literature in new Indo-Aryan languages, Volume 2, Manohar Publishers, (OCLC 46731068), (ISBN 9788173042775), page 442
  32. M.V. Nadkarni (2005), Review Articles: Perspectives on Dalit Problems and Solutions« http://gateway.isec.ac.in/JSED/JSED_V7_I1_91-113.pdf »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Journal of Social and Economic Development, Vol. 7, No. 1, page 99
  33. Ashwani Peetush (2011), Justice and Religion: Hinduism, in Encyclopedia of Global Justice, Springer Netherlands, (ISBN 978-1402091599), pages 596–600
  34. a et b Johannes Bronkhorst 2011, p. 34 with footnotes.
  35. Johannes Bronkhorst 2011, p. 34-35.
  36. Johannes Bronkhorst 2011, p. 35.
  37. Ram Sharan Sharma, Śūdras in Ancient India: A Social History of the Lower Order Down to Circa A.D. 600, Motilal Banarsidass Publ., , 134 p. (ISBN 978-81-208-0706-8, lire en ligne) :

    « Thus the dharmashastras sought to establish a divorce between literate education, which was confined to the members of the twice born varnas, and technical training which lay in the sphere of the shudras. It was also stated that Vedic study impedes pursuit of pursuit of agriculture and vice versa. »

  38. Angus J. L. Menuge, Religious Liberty and the Law: Theistic and Non-Theistic Perspectives, Taylor & Francis, , 272– p. (ISBN 978-1-351-98266-5, lire en ligne)
  39. J. S. Rajput et National Council of Educational Research and Training (India), Encyclopaedia of Indian Education: A-K, NCERT, (ISBN 978-81-7450-303-9, lire en ligne), p. 22 :

    « Although varying degrees of literacy were present among the first three castes, there was absolute illiteracy among Shudras. »

  40. a et b Michael D. Palmer et Stanley M. Burgess, The Wiley-Blackwell Companion to Religion and Social Justice, John Wiley & Sons, , 210 p. (ISBN 978-1-4443-5537-6, lire en ligne) :

    « His emphasis on the education of the Shudras is well explained in his own words: For want of education intellect deteriorated, For want of intellect morality decayed, For want of morality progress stopped, For want of progress wealth vanished, For want of wealth Shudra perished and all these sorrows sprang from illiteracy. »

  41. Ronald L. Barrett, Aghor Medicine: Pollution, Death, and Healing in Northern India, University of California Press, , 68– p. (ISBN 978-0-520-25218-9, lire en ligne) :

    « Among the most vocal of these supporters was Dr. Shastri, a professor of Ayurvedic medicine at a well-known university, who associated the Caraka Samhita use of shudra for lesser conditions with the shudra (peasant) castes, linking both »

  42. G. Krishnan-Kutty, Peasantry in India, Abhinav Publications, , 47– p. (ISBN 978-81-7017-215-4, lire en ligne) :

    « The ancient texts designate the sudra as a peasant. The distinction between the all-India category of varna and the local and omnipresent category of jati is well brought out by M. N. Srinivas in his famous book The Remembered Village, ... »

  43. Richard Sisson, The Congress Party in Rajasthan: Political Integration and Institution-building in an Indian State, University of California Press, , 33– p. (ISBN 978-0-520-01808-2, lire en ligne) :

    « The Shudra included peasants and artisans »

  44. Ram Sharan Sharma, Sudras in Ancient India: A Social History of the Lower Order Down to Circa A.D. 600, Motilal Banarsidass Publ., , 102– p. (ISBN 978-81-208-0706-8, lire en ligne) :

    « The mass of Shudra population seems to be employed in agricultural operations. [according to the Majjhima Nikaya] the Shudra [lives on] on the use of sickle and the carriage of crops on the pole held over his shoulder. »

  45. Jayant Gadkari, Society and Religion: From Rugveda to Puranas, Popular Prakashan, , 76– p. (ISBN 978-81-7154-743-2, lire en ligne) :

    « an extract from Pali work Majjima Nikaya tell us ... shudras [live] by the sickle and ears of corn. A large number of Shudras appear to be agricultural laborers. Shudras were not entitled to learn Vedas and a precept says 'Vedas are destroyer of agriculture and agiculture is destroyer of vedas. »

  46. Sangeet Kumar, Changing role of the caste system: a critique, Rawat Publications, (ISBN 978-81-7033-881-9, lire en ligne), p. 144 :

    « In same texts, the pure Shudras were described as giver of grain (annada) and householder (grhastha). The reason was that the actual work of cultivation was generally done by peasants belonging to the Shudras caste. »

  47. J. S. Grewal et Project of History of Indian Science, Philosophy, and Culture, The State and Society in Medieval India, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-566720-2, lire en ligne), p. 156 :

    « At its beginning or a little before the millennium, the Manusmriti considers the pursuit of agriculture blameworthy because the 'wooden [plough] with the iron point injures the earth and the [beings] living in the earth'. Thus, by an appeal to the doctrine of ahimsa, so much promoted by Buddhism and Jainism, the plough became unclean, and the peasant who worked the plough earned opprobrium that has stuck till our own times. R. S. Sharma shows how in the legal texts peasants came generally to be regarded not as Vaishyas as earlier, but as Shudras. This is confirmed in the seventh century by Xuan Zhuang (Hsuan Tsang) who found that in India peasants were held to be Shudras. Such varna ranking of most peasant castes (now usually given the designation of 'Other Backward Castes') is thus more than 1300 years old, and was in place by the early medieval times. If certain older communities were thus reduced in status, it is possible that other communities, previously held to be outside the pale of the varna system, were absorbed as Shudra castes once they took to agriculture. We have such an example in the Kaivartas. »

  48. Dwijendra Narayan Jha, Early India: A Concise History, Manohar Publishers & Distributors, (ISBN 978-81-7304-587-5, lire en ligne), p. 196 :

    « For the shudras now took their position as cultivators and the origin of the modern peasant castes of kurmis in Bihar and kunbis in Maharashtra may be traced back to the early medieval period »

  49. Marvin Davis, Rank and Rivalry: The Politics of Inequality in Rural West Bengal, Cambridge University Press, (ISBN 9780521288804, lire en ligne), p. 51; Thapar 2004 page 63
  50. Patric Olivelle, Aux abords de la clairière: études indiennes et comparées en l'honneur de Charles Malamoud, Brepols, Belgium, coll. « Volume 7 of Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Sciences Religieuses: Série Histoire et prosopographie », , 117–132 p. (ISBN 978-2-503-54472-4, lire en ligne)
  51. Tim Ingold, Companion encyclopedia of anthropology, London New York, Routledge, (ISBN 978-0-415-28604-6), p. 1026
  52. Ghurye 1969, p. 63-64, 102 Quote: "treat both the Vaishyas and the Shudras as almost indistinguishable. The occupations prescribed by Parashara, who is par excellence the mentor of the age, for both of them are the same, viz. agriculture, trade and crafts".
  53. Charles Drekmeier, Kingship and Community in Early India, Stanford University Press, , 85–86 p. (ISBN 978-0-8047-0114-3, lire en ligne)
  54. Ram Sharan Sharma, Śūdras in Ancient India: A Social History of the Lower Order Down to Circa A.D. 600, Motilal Banarsidass, , 263–269, 342–345 p. (ISBN 978-81-208-0706-8, lire en ligne)
  55. Stella Kramrisch, Exploring India'S Sacred Art, Motilal Banarsidass, , 60–61 p. (ISBN 978-81-208-1208-6, lire en ligne)
  56. Naheem Jabbar, Historiography and Writing Postcolonial India, Routledge, , 148–149 p. (ISBN 978-1-134-01040-0, lire en ligne)
  57. Ghurye 1969, p. 15–16.
  58. Ghurye 1969, p. 16–17.
  59. Jane Belo (1953), Bali: Temple Festival, Monograph 22, American Ethnological Society, University of Washington Press, pages 4-5
  60. a et b Talbot 2001, p. 50–51.
  61. Orr 2000, p. 30–31.
  62. Eaton 2008, p. 15-16.
  63. Johannes Bronkhorst 2011, p. 32, 36.
  64. Richard M. Eaton (2005), A Social History of the Deccan, 1300–1761: Eight Indian Lives, Cambridge University Press, (ISBN 978-0521716277), pages 129-130
  65. Novetzke 2013, p. 54-55.
  66. Pashaura Singh, The Bhagats of the Guru Granth Sahib: Sikh Self-definition and the Bhagat Bani, Oxford University Press, , 11–15, 105–107, 119–120 p. (ISBN 978-0-19-566269-6, lire en ligne)
  67. Kerry Brown, Sikh Art and Literature, Routledge, (ISBN 978-1-134-63136-0, lire en ligne), p. 114
  68. Thomas Athol Joyce, Women of all nations, a record of their characteristics, habits, manners, customs and influence, (lire en ligne)
  69. B.R. Ambedkar, Who were the Shudras, Bombay, Thackers, (lire en ligne[archive du ]), xiv
  70. Ram Sharan Sharma, Śūdras in Ancient India: A Social History of the Lower Order Down to Circa A.D. 600, New Delhi, Motilal Banarsidass Publishers, (ISBN 9788120807068, lire en ligne), p. 5
  71. Aurobindo (1996), p. 740-747
  72. Ravi Vaitheespara, Ritual, Caste, and Religion in Colonial South India, Primus Books, (ISBN 978-9-38060-721-4), « Forging a Tamil Caste: Maraimalai Adigal (1876-1950) and the discourse of caste in colonial Tamilnadu », p. 96