Émile Eudes

politicien français

Émile François Désiré Eudes, dit le général Eudes[1], né à Roncey le [2] et mort le à Paris 19e[3], est un leader blanquiste élu membre du comité central et général de la Commune de Paris.

Émile Eudes
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Émile François Désiré EudesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Rédacteur à
Conjoint
Enfant
Jeanne-Lucie Eudes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Conflit
Mouvement
Condamnation
E Eudes.jpg
Sépulture au Père-Lachaise.

BiographieModifier

Fils de Jean-Baptiste Eudes, maréchal-ferrant originaire d'Ouville et de Céleste Potier, blanchisseuse originaire de Granville, il est le dernier enfant d'une fratrie de six. Il commence ses études au collège de Saint-Lô, devient bachelier à dix-sept ans et poursuit des études de pharmacie à Paris où il rencontre Victorine Louvet qui deviendra sa femme[4]. Il habite alors à Plaisance[5].

Il fréquente les milieux révolutionnaires, se définissant comme blanquiste, libre-penseur et anticlérical engagé. Pendant quelque temps, il tient une librairie et il devient gérant de La Libre Pensée[6] fondée le .

Commune de ParisModifier

Le , il participe, avec Brideau, à la vaine attaque blanquiste contre la caserne des pompiers de La Villette, afin de trouver des armes, ce qui lui valut d'être condamné à mort une première fois, malgré la défense de Gambetta. Il fut fait prisonnier à la prison Sainte-Pélagie. Au cours du voyage pour aller visiter son mari, sa femme croise à nouveau le chemin de Louise Michel qui s'y dirigeait dans le même but[7]. Durant l'instruction de son procès, Victorine Eudes refuse de dénoncer Auguste Blanqui, cerveau de l'attaque[8]. Il fut sauvé in extremis par la défaite de Sedan[9].

Durant le siège de Paris par les Allemands (-), il devient membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements, et capitaine du 138e bataillon de la Garde nationale, mais il est destitué pour avoir participé à l'insurrection populaire du .

Le , à la tête du bataillon de Belleville, il s'empare de l'hôtel de ville. Le , le Comité Central de la Garde Nationale le nomme délégué à la guerre. Le , il est élu membre du comité central de la Commune dans le 11e arrondissement par 19 276 voix sur 25 183 votants. C'est sur sa proposition que l'Assemblée prend le nom de la Commune (-). Il conduit assisté par Ranvrier et Avrial, l'une des trois tentatives de sorties menées le , par la Commune de Paris pour s'emparer de Versailles, il conduit une colonne de 10 000 hommes et de 8 canons. Mais cette tentative se soldera par une défaite fédérée.

Promu général et durant la « semaine sanglante » (21-), il se battit vaillamment sur les barricades de la rue de Rennes, au carrefour de la Croix Rouge, avant de se replier à la mairie du 11e arrondissement. Le , la résistance a cessé, la répression continue.

Condamnation et exilModifier

Il échappe de justesse à la répression versaillaise et parvint à s'enfuir en Suisse avec femme et enfants[10]. Condamné à mort par contumace, il se réfugia ensuite à Londres où il se lia d'amitié avec Karl Marx. Pour vivre, il gagne Édimbourg et devient, sous le nom de Robert, professeur de français à l’école royale navale de Yarmouth, institution réservée à l'élite de la jeunesse aristocratique britannique.

Amnistie et activités révolutionnairesModifier

Après l'amnistie du , il rentra à Paris où il s'empressa de reprendre ses activités révolutionnaires en fondant l'association « Ni Dieu, ni maître » et en devenant vice-président de la « Ligue pour l'abolition de l'armée permanente ». Grâce à la générosité d'Henri Rochefort, il devint rédacteur en chef de L'Homme libre et poursuivit son combat révolutionnaire jusqu'à son dernier souffle. Il mourut en effet d'une crise cardiaque en prononçant un discours enflammé devant des terrassiers en grève. Ses obsèques au cimetière du Père-Lachaise[11],[12] furent suivies par une foule immense et, sur sa tombe Louise Michel et bien d'autres lui rendirent le dernier hommage[13].

Le , une concession gratuite à perpétuité fut octroyée par arrêté préfectoral[14].

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Louis Ménard, Émile Eudes (1843-1888) : général de la Commune et blanquiste, Dittmar, 2005, 293 p. ; André Boizard et Guy Poirier « Roncey, 900 ans d'histoire », Saint-Lô, Imprimerie Le Rachinel, 1983.
  2. État-civil de Roncey.
  3. Archives de Paris, État-civil numérisé du 19e arrondissement, registre des décès de l'année 1888, acte no 1791.
  4. « EUDES Victorine », sur maitron.fr, 26 juillet 2009, dernière modification le 28 mars 2020 (consulté le )
  5. Jean-Louis Robert, Plaisance près Montparnasse. Quartier parisien 1840-1985, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, 626 p., (ISBN 978-2-85944-716-8).
  6. Thomas Bouchet, Les Fruits défendus : socialisme et sensualité du XIXe siècle à nos jours, Paris, Stock, 2014, 345 p., (ISBN 978-2-23407-106-3).
  7. « EUDES Victorine », sur maitron.fr, 26 juillet 2009, dernière modification le 28 mars 2020 (consulté le )
  8. Jules Clère, Les Hommes de la Commune, Paris, Édouard Dentu, , xiv-195 p., 1 vol. in-18 (OCLC 457798492, lire en ligne sur Gallica), p. 83.
  9. « Mort d’Émile Eudes : Émile Eudes », L’Intransigeant, Paris, no 2946,‎ , p. 1-2 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  10. Auguste Blanqui, La Patrie en danger, Paris, A. Chevalier, , 359 p. (lire en ligne).
  11. 91e division.
  12. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Versailles, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 318.
  13. Les journaux de l'époque, l'Intransigeant ou le Cri du Peuple ont estimé à 500 000 personnes le nombre de personnes présentes aux obsèques.
  14. Henry Jouin, « La Sculpture dans les cimetières de Paris : Cimetière de l'Est (Le Père-Lachaise) », Nouvelles Archives de l'art français, Paris, vol. 13,‎ , p. 191 (lire en ligne).

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