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Élie Guadet

personnalité politique française
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Élie Guadet
Illustration.
Élie Guadet.
Estampe gravée par Jean-Baptiste Vérité d'après un dessin de Joseph Boze, Paris, BnF, département des estampes, vers 1792-1793.
Fonctions
Député de la Gironde à l'Assemblée législative
Législature Assemblée nationale législative
Groupe politique Gironde
Président de l'Assemblée législative
Prédécesseur Jean Antoine d'Averhoult
Successeur Nicolas de Condorcet
Député de la Gironde à la Convention
Législature Convention nationale
Groupe politique Gironde
Président de la Convention nationale
Prédécesseur Jean-François Delacroix
Successeur Marie-Jean Hérault de Séchelles
Biographie
Nom de naissance Marguerite Élie Guadet
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Émilion
Date de décès (à 35 ans)
Lieu de décès Bordeaux
Nature du décès guillotiné
Nationalité Français
Parti politique parti girondin

Élie Guadet, né à Saint-Émilion le [1] et mort guillotiné à Bordeaux le [2], est un révolutionnaire français.

Il est issu d'une famille de notables de Saint-Emilion: son grand-père et parrain en a été maire, son père, Jean Guadet, en est un des jurats au moment de sa naissance en 1755. Alors "bachelier en droit", il épouse en 1781 Marie Thérèse Dupeyrat, fille de François Xavier Dupeyrat, négociant bordelais du quartier des Chartrons, et Marie Eugénie Foulquier[3].

DéputéModifier

Quand la Révolution française éclate en 1789, Élie Guadet a déjà acquis une solide réputation de plaideur à Bordeaux.

Nommé administrateur du département de la Gironde en 1790 puis président du tribunal criminel de Bordeaux, il est élu la même année député de la Gironde à l’Assemblée législative.

Avec Gensonné et Vergniaud, il sera l’un des fondateurs du groupe politique des girondins. Il préside l’Assemblée nationale du 22 janvier au 5 février 1792 et préside la Convention nationale du 18 octobre au 1er novembre 1792.

Assemblée législativeModifier

Partisan de la constitution de 1791, Élie Guadet rejoint le club des Jacobins et s’y fait le pourfendeur des opposants et ennemis de cette constitution. Il s’oppose avec virulence aux ministres de Louis XVI et contribue à ce que le souverain accepte un cabinet girondin, le 15 mars 1792.

Guadet est membre de la Société des Amis des Noirs. Avec Brissot et Gensonné, il parvient à réaliser en 1791 une partie du programme de la Société, en faisant adopter le décret accordant l’égalité civique aux hommes libres de couleur.

Après que Louis XVI a révoqué le cabinet girondin en juin, Guadet essaie de renouer des contacts avec la Cour mais ses tentatives sont avortées suite à l’insurrection du 10 août 1792 qui voit la chute de la monarchie. Il s’oppose alors violemment à la Commune insurrectionnelle de Paris, obtenant pour un temps sa dissolution, le 30 août, quoique cette décision ait été annulée dès le lendemain. Lors du procès de Louis XVI, il se prononce pour l’appel au peuple et la peine de mort mais avec sursis.

ConventionModifier

Député du département de la Gironde à la Convention, excellant aux attaques personnelles et à la polémique, Guadet devient dès lors l’un des adversaires les plus farouches des Montagnards, particulièrement de Robespierre, Danton et surtout Marat, sa "bête noire", contre lequel il avait déjà obtenu des poursuites en mai 1792. À nouveau, il obtient la mise en accusation de l’« ami du peuple » par l’Assemblée nationale le 12 avril 1793. Paradoxalement, il votera contre sa propre proposition. C’est lui qui proposera, le 18 juin, la nomination d’une commission des Douze afin d’enquêter sur les « exactions » de la Commune de Paris et de veiller à la sécurité de l’Assemblée.

De telles positions lui vaudront d’être un des premiers députés désignés comme « ennemis de la Révolution » par les sections parisiennes et, peu après, de faire partie des 22 députés girondins décrétés d’arrestation lors de la journée du 2 juin 1793 qui scellera le sort du groupe girondin.

La fuiteModifier

Guadet s’enfuit dans un premier temps à Caen où, avec Pétion il participe à la tentative d’insurrection provinciale dans le but de faire plier la Convention.

Après l’échec de cette tentative, Guadet se réfugie en Gironde avec Pétion, Buzot, Barbaroux, Jean-Baptiste Salle et Jean-Baptiste Louvet de Couvray. Guadet se cache à Saint-Émilion pour finalement être arrêté, en compagnie de Salles, dans la propre maison de son père. Interrogé le 30 prairial an II, il encourt la peine de mort sous vingt-quatre heures en raison de sa mise hors de la loi. Guadet est condamné et guillotiné dès le lendemain, le 1er messidor[2], à Bordeaux, place Dauphine, en même temps que son père, sa tante, son beau-frère et sa belle-sœur, Madame Bouquey.

Notes et référencesModifier

  1. AD Gironde, 1 Mi EC 88-R4, registre de la paroisse Saint-Pierre de Saint-Emilion (1743-1780), vue 57/206, 20 juillet 1755, baptême d'Elie, fils de Jean Guadet jurat de cette ville et Marie Limousin (son parrain est Elie Guadet ancien maire son grand-père).
  2. a et b Michel Biard, La liberté ou la mort : mourir en député, 1792-1795, Paris, Tallandier, , 363 p. (ISBN 979-10-210-0731-4), p. 319, n. 1.
  3. Son contrat de mariage est reproduit par François Cadilhon, La France d'ancien régime: Textes et documents, 1484-1789, p. 130-131.

Voir aussiModifier

SourceModifier

  • Opinion de M. Guadet, député du département de la Gironde, sur les colonies, prononcée dans la séance du 23 mars 1792, Paris, Impr. Nationale, (lire en ligne)

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier