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Élections législatives thaïlandaises de 2019

Élections législatives thaïlandaises de 2019
500 sièges de la chambre des représentants
(Majorité absolue : 251 sièges)
Corps électoral et résultats
Votants 33 353 799
65 %
Prayut Chan-o-cha (cropped) 2016.jpg Palang Pracharat – Prayut Chan-o-cha
Voix 8 413 413
23,74 %
Sièges obtenus 116
Sudarat Keyuraphan in 2019.png Pheu Thai – Sudarat Keyuraphan
Voix 7 881 006
22,16 %
 −26,3
Sièges obtenus 136  −129
Thanatorn cropped 2018.jpg Parti du nouvel avenir – Thanathorn Juangroongruangkit
Voix 6 254 726
17,80 %
Sièges obtenus 81
Abhisit Vejjajiva 2009 official.jpg Parti démocrate – Aphisit Wetchachiwa
Voix 3 957 620
11,13 %
 −24
Sièges obtenus 53  −106
86 ปีประชาธิปไตยไทย Voicetv (6) ครอบตัด.jpg Parti de la fierté thaï – Anuthin Charnweerakul
Voix 3 734 055
10,50 %
Sièges obtenus 51
Composition de la chambre élue
Diagramme
Premier ministre de Thaïlande
Sortant Élu
Prayut Chan-o-cha
CNPO
Prayut Chan-o-cha
Palang Pracharat

Les élections législatives thaïlandaises de 2019 ont lieu le afin d'élire les 500 députés de la chambre des représentants de la Thaïlande[1].

Le scrutin, très attendu, doit permettre le retour théorique du pouvoir aux civils après cinq années de junte militaire. Il voit néanmoins la reconduite du chef de la junte Prayut Chan-o-cha au poste de Premier ministre. Malgré l'arrivée en tête des suffrages de son parti, le Palang Pracharat, celui çi essuie pourtant une défaite de part sa mise en minorité face aux partis d'opposition. Le rôle dans la désignation du premier ministre accordé à la chambre haute, nommée par la junte selon une constitution rédigée sur mesure, permet cependant le maintien de Prayut Chan-o-cha.

ContexteModifier

Article détaillé : Coup d'État de 2014 en Thaïlande.

Le pays est dirigé par une junte militaire ayant pris le pouvoir suite à la profonde crise politique ayant précédé et suivi les élections législatives de 2014. Le parlement élu en 2014 a été dissous après le coup d'État de mai 2014 et remplacé par une assemblée nommée par la junte, qui s'est autoproclamée Conseil national pour la paix et le maintien de l'ordre. Le commandant en chef de l'Armée royale thaïlandaise et auteur du coup d'état, Prayut Chan-o-cha est depuis lors Premier ministre. En 2018, il crée un nouveau parti pour soutenir son maintien à la tête du gouvernement, le Parti du pouvoir de l'État au peuple.

Les élections, initialement promise pour 2015, ont depuis lors été ajournées d'années en années jusqu'en janvier 2019, date à laquelle la décision a été prise de les organiser le 24 mars suivant.

L’interdiction de mener des activités politiques ou d’organiser des rassemblements n'est levée pour les autres partis qu'en décembre 2018. Ceux-ci sont alors devenus en situation de faire campagne et d’exposer leurs programmes. La junte continue néanmoins d’interférer dans la campagne à travers la Commission électorale et Cour constitutionnelle qui font dissoudre le parti d’opposition Thai Raksa Chart. Le Conseil national de la radiodiffusion et de la télécommunication fait par ailleurs fermer pendant deux semaines la chaîne de télévision Voice TV, proche de l’opposition[2].

Mode de scrutinModifier

La constitution de 2017 préparée par la junte et adoptée par référendum en 2016 a doté le pays d'un parlement bicaméral composé d'une chambre basse, la Chambre des représentants, et d'une chambre haute, le Sénat. Les 250 membres de ce dernier sont intégralement nommés par un panel d'une dizaine de grands électeurs choisis par la junte militaire[3].

La chambre des représentants est composée de 500 sièges pourvus tous les quatre ans selon un mode de scrutin mixte. Sur les 500 sièges, 350 sont ainsi pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, tandis que les 150 sièges restants le sont au scrutin proportionnel plurinominal de liste selon un système compensatoire. Contrairement au système précédent, les électeurs n'ont qu'un seul bulletin à remplir au lieu de deux. Le vote pour un candidat choisi au niveau d'une circonscription compte comme une voix pour le parti auquel il appartient pour les sièges à la proportionnelle au niveau national[4]. Pour la première fois, le système utilisé n'est pas parallèle. Les 350 sièges sont d'abord attribués, puis les 150 restants le sont de manière à faire correspondre le plus possible la répartition totale des sièges à celle des suffrages au niveau national. Les partis ayant remporté une part des 350 sièges au scrutin majoritaire plus importante que leurs part des suffrages au niveau national ne se voient ainsi pas attribués de sièges, qui sont répartis sur les partis dont le total de sièges est en "déficit" sur leurs part des voix.

La loi électorale impose par ailleurs aux partis en lice d'annoncer à l'avance jusqu'à trois candidats au poste de Premier ministre. Ceux-ci n'appartiennent pas nécessairement aux partis les désignant. Prayut Chan-o-cha reste ainsi officiellement indépendant.

EnjeuxModifier

Ces élections doivent rendre le pouvoir aux civils après cinq années de junte militaire. La constitution écrite par la junte et taillée sur mesure pour elle pourrait néanmoins voir celle-ci conserver le pouvoir. Selon une disposition transitoire de la nouvelle constitution devant s'appliquer pendant les cinq premières années de la nouvelle législature, le premier ministre est en effet choisi par un vote du total des membres de la chambre des représentants et du Sénat réunis[5]. Les 250 membres de ce dernier étant de facto choisis par la Junte, Prayut pourrait être reconduit au poste de Premier Ministre si les partis lui étant favorables remportent au moins 126 des 500 membres élus à la chambre.

ControversesModifier

Les élections sont précédées d'une vive controverse concernant le redécoupage des circonscriptions électorales du pays. En effet, la nouvelle constitution en fait passer le nombre de 400 à 350. Or, la commission électorale chargée en 2018 de procéder au redécoupage nécessaire de leurs délimitations voit ses travaux repoussés jusqu'au 29 novembre par le Premier ministre Prayut juste avant leur publication. Dans la foulée, celui-ci exempte la commission des lois en la matière, lui permettant de les délimiter sans restriction. Ces décisions provoquent des accusations de découpage opportuniste par l'opposition, dont notamment le Parti démocrate et le Parti Pheu Thai, ainsi que par la Fondation du forum ouvert pour la démocratie[6]. Ceux-ci soutiennent que le nouveau découpage avantagerait sciemment les partis pro-junte, dont le Parti du pouvoir de l'État au peuple (PPP)[7].

RésultatsModifier

Les résultats officiels sont prévus pour le 9 mai.

 
Parti arrivé en tête par province
Résultats provisoires des élections législatives thaïlandaises de 2019[8],[9]
Parti Voix % Sièges +/-
SM SP Total
Palang Pracharat (PP) 8 441 274 23,74 97 19 116 Nv
Pheu Thai (PTP) 7 881 006 22,16 136 0 136   128
Parti du nouvel avenir (PAM) 6 330 617 17,80 31 50 81 Nv
Parti démocrate (D) 3 959 358 11,13 33 20 53   107
Parti de la fierté thaï (BJT) 3 734 459 10,50 39 12 51   52
Parti libéral thaïlandais (TLP) 824 284 2,32 0 10 10 Nv
Parti du développement de la nation thaï (CP) 783 689 2,20 6 4 10
Parti de la nouvelle économie 486 273 1,37 0 6 6
Parti prachachart 481 490 1,35 6 1 7
Parti Puea Chat 421 412 1,19 0 5 5
Coalition d'action pour la Thaïlande 415 585 1,17 1 4 5
Parti du développement national (CPT) 244 770 0,69 1 2 3
Parti thai du pouvoir local 214 189 0,60 0 3 2
Parti pour la conservation des forêts 134 816 0,38 0 1 1
Parti du pouvoir du peuple thaï 80 186 0,23 0 1 1
Parti du pouvoir de la nation thaï 73 421 0,21 0 1 1
Autres partis 0 10 10
Aucun d'entre eux 524 722 1,55
Suffrages exprimés 33 353 799
Votes blancs et invalides
Total 100 350 150 500  
Abstentions
Inscrits / participation 51 205 624 65,96

SuitesModifier

Le 25 mars, l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra dénonce des fraudes[10].

Le 27 mars, sept des partis arrivés derrière le Palang Pracharat se rassemblent en coalition et revendiquent la majorité des sièges au Parlement[11].

Le 5 juin 2019, Prayut Chan-o-cha est réélu Premier ministre par le Parlement, après avoir obtenu le ralliement du Parti démocrate, initialement membre de la coalition d'opposition, et dont Aphisit Wetchachiwa a démissionné de son poste de député en protestation. Arrivé deuxième, Thanathorn Juangroongruangkit a reçu le soutien du Pheu Thai et du Parti du nouvel avenir. Il a par ailleurs été suspendu de son poste de député[12].

Notes et référencesModifier

  1. La-Croix.com, « Thaïlande: législatives le 24 mars, les premières depuis le coup d'Etat de 2014 », sur La Croix (consulté le 24 janvier 2019)
  2. Aurélie Leroy, « Élections thaïlandaises : l'illusion de la démocratie », sur CETRI, Centre Tricontinental,
  3. « Politicians have no rights to disagree with me: Thai junta leader », Prachatai English,‎ (lire en ligne)
  4. « Draft Constitution of the Kingdom of Thailand 2016 Unofficial English Translation » [archive du ], sur United Nations Thailand, Office of the United Nations Resident Coordinator, Thailand (consulté le 1er juillet 2016)
  5. Thailand, 7. August 2016 : Mitbestimmung des Senats bei der Wahl des Ministerpräsidenten in der Übergangszeit
  6. Watchdog demands govt stop meddling with EC
  7. https://www.bangkokpost.com/news/politics/1577702/new-ec-boundary-ruling-under-fire
  8. « Election 2019 by Bangkok Post », sur www.bangkokpost.com (consulté le 24 mars 2019)
  9. « ELECT LIVE », sur ELECT LIVE (consulté le 25 mars 2019)
  10. Le Point, magazine, « Thaïlande : l'ex-Premier ministre Thaksin dénonce un scrutin "truqué" », sur Le Point (consulté le 25 mars 2019)
  11. « Thaïlande: les partis d’opposition lancent une coalition anti-junte - Asie-Pacifique - RFI », sur RFI (consulté le 27 mars 2019)
  12. « En Thaïlande, le chef de la junte militaire conserve son poste de premier ministre », sur Le Monde.fr (consulté le 6 juin 2019)