Élections régionales de 2009 en Sarre

élection

Élections régionales de 2009 en Sarre
51 députés du Landtag
(Majorité absolue : 26 députés)
Type d’élection Élection législative régionale
Corps électoral et résultats
Inscrits 804 622
Votants 544 220
67,64 %  +12,2
Votes exprimés 534 793
Votes nuls 9 427
KAS-Arbeitsplätze-Bild-35985-1.jpg CDU – Peter Müller
Voix 184 537
34,51 %
 −13
Députés élus 19  −8
Heiko Maas Berlin 2015-08-29.jpg SPD – Heiko Maas
Voix 131 241
24,54 %
 −6,3
Députés élus 13  −5
Oskar Lafontaine 2011 (cropped).jpg Linke – Oskar Lafontaine
Voix 113 664
21,25 %
 +18,9
Députés élus 11  +11
Hartmann Christoph 1.1.jpg FDP – Christoph Hartmann
Voix 49 064
9,17 %
 +3,6
Députés élus 5  +2
2017-03-26 Hubert Ulrich by Sandro Halank.jpg Grünen – Hubert Ulrich
Voix 31 516
5,89 %
 +0,3
Députés élus 3  0
Ministre-président
Sortant Élu
Peter Müller
CDU
Peter Müller
CDU

Les élections régionales de 2009 en Sarre (en allemand : Landtagswahl im Saarland 2009) se tiennent le afin d'élire les 51 députés de la 14e législature du Landtag pour un mandat de cinq ans.

Alors que la participation augmente de plus de dix points, l'Union chrétienne-démocrate du ministre-président Peter Müller, au pouvoir depuis dix ans perd la majorité absolue dont elle disposait. Le parti de gauche radicale Die Linke réalise une percée sous la conduite de son fondateur et ancien chef de l'exécutif régional, Oskar Lafontaine.

Bien que la gauche dispose de la majorité absolue, Müller parvient à entreprendre un troisième mandat après avoir mis sur pied la première « coalition jamaïcaine » à un niveau gouvernemental.

ContexteModifier

Aux élections du 5 septembre 2004, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), au pouvoir depuis cinq ans sous la direction du ministre-président Peter Müller, renforce d'un siège sa majorité absolue en obtenant 27 des 51 députés avec 47,5 % des voix. Elle profite notamment de l'effondrement du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), au pouvoir entre et , conduit par l'ancien ministre régional de l'Environnement Heiko Maas, qui recueille seulement 30 % des voix, soir un recul de 13 points.

Ce faible score profite à l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) et au Parti libéral-démocrate (FDP), qui font ainsi leur retour au Landtag en dépassant la barre des 5 % des suffrages exprimés. Les néonazis du Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) approchent également le seuil électoral, mais restent exclus de l'assemblée parlementaire avec 4 % des voix.

Mode de scrutinModifier

Le Landtag est constitué de 51 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur dispose d'une voix, qui est utilisée deux fois. Elle sert à voter pour une liste dans sa circonscription plurinominale, le Land comptant trois circonscriptions qui totalisent 41 sièges ; ce vote est alors attribué à la liste présentée par le même parti au niveau du Land.

À l'issue du scrutin, les 51 sièges sont répartis à la proportionnelle entre les partis ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés dans l'ensemble du Land. L'opération est ensuite recommencée dans chaque circonscription, la différence entre le total régional et le total des circonscriptions étant comblée par les candidats de la liste régionale. Si un parti n'en a pas présenté, le calcul est réajusté et ses mandats reviennent aux autres forces politiques.

CampagneModifier

Principaux partisModifier

Parti Idéologie Chef de file Résultats de 2004
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre droit
Démocratie chrétienne, libéral-conservatisme
Peter Müller
(Ministre-président)
47,5 % des voix
27 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Heiko Maas 30,8 % des voix
18 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre gauche
Écologie politique, progressisme
Hubert Ulrich (de) 5,6 % des voix
3 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre à centre droit
Libéralisme économique, libéralisme
Christoph Hartmann 5,2 % des voix
3 députés
Parti national-démocrate d'Allemagne
Nationaldemokratische Partei Deutschlands
Extrême droite
Néonazisme, ultranationalisme, populisme
Frank Franz 4,0 % des voix
0 député
Die Linke Extrême gauche à gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme, populisme
Oskar Lafontaine 2,0 % des voix
0 député

SondagesModifier

Sondages en vue des élections régionales de 2009 en Sarre[1]
Institut Date CDU SPD Grünen FDP Linke
Forschungsgruppe Wahlen 21/08/2009 36 % 26 % 6 % 9 % 16 %
Infratest dimap 20/08/2009 38 % 26 % 6 % 9 % 15 %
Infratest dimap 22/04/2009 36 % 27 % 7 % 9 % 18 %
Emnid 16/04/2009 38 % 23 % 5 % 8 % 22 %
Infratest dimap 28/10/2008 38 % 25 % 5 % 6 % 23 %
dimap 17/09/2008 42 % 22 % 6 % 6 % 20 %
Emnid 16/09/2008 40 % 23 % 5 % 6 % 22 %
Forsa 03/09/2008 37 % 23 % 5 % 7 % 24 %
Emnid 02/03/2008 40 % 25 % 7 % 6 % 19 %
Infratest dimap 27/09/2007 41 % 26 % 6 % 5 % 18 %
Dernières élections 05/09/2009 47,5 % 30,8 % 5,6 % 5,2 % 2,3 %

RésultatsModifier

Voix et siègesModifier

Résultats des élections régionales de 2009 en Sarre[2]
 
Parti Voix Sièges
Votes % +/- Circ +/- Land Total +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 184 537 34,51   12,97 16   8 3 19   8
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 131 241 24,54   6,31 11   4 2 13   5
Die Linke (Linke) 113 664 21,25   18,93 9   9 2 11   11
Parti libéral-démocrate (FDP) 49 064 9,17   3,55 3   3 2 5   2
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 31 516 5,89   0,27 2   1 3  
Parti des familles d'Allemagne (FAMILIE) 10 710 2,00   0,97 0 - 0 0  
Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) 8 099 1,51   2,47 0 - 0 0  
Électeurs libres (FW) 4 528 0,89 Nv 0 - 0 0  
Autres 1 434 0,27 - 0 - 0 0  
Votes valides 534 793 98,27
Votes blancs et nuls 9 427 1,73
Total 544 220 100 - 41   10 51  
Abstentions 260 402 32,36
Inscrits / participation 804 622 67,64

Analyse et conséquencesModifier

Une semaine après la tenue de l'élection, le ministre-président Peter Müller appelle de ses vœux à la formation d'une « coalition jamaïcaine » unissant la CDU, le FDP et les Grünen, revendiquant la direction du gouvernement régional en raison du statut de première force politique de son propre parti[3]. Le , un congrès régional du parti écologiste — qui a tenu des entretiens exploratoires avec tous les partis — approuve finalement l'ouverture des négociations avec les chrétiens-démocrates et les libéraux, en raison des importantes concessions obtenues de ces derniers et de la méfiance que leur suscite le chef de file de Die Linke Oskar Lafontaine[4].

L'accord de coalition (Koalitionsvertrag) est présenté publiquement le suivant, Müller le qualifiant de « projet ambitieux »[5]. Première coalition de ce genre dans l'histoire de la République fédérale à un niveau gouvernemental, l'entente entre la CDU, le FDP et les Grünen fait réélire Peter Müller pour un troisième mandat le suivant, par 27 voix favorables lors d'une session du Landtg, soit une voix de plus que la majorité requise et l'exact total des députés de la nouvelle alliance au pouvoir[6].

RéférencesModifier

  1. (de) « Sonntagsfrage – Saarland (Wahlumfrage, Wahlumfragen) », sur wahlrecht.de (consulté le 2 août 2020).
  2. (de) « Deutschland seit 1945 Landtagswahlen Saarland », sur wahlen-in-deutschland.de (consulté le 2 août 2020).
  3. (de) « Ministerpräsident Müller will Jamaika-Koalition », Süddeutsche Zeitung,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2020).
  4. (de) « Grüne wollen Jamaika-Koalition im Saarland », Deutsche Welle,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2020).
  5. (de) « Müller: Jamaika "ambitioniertes Projekt" », Kreiszeitung,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2020).
  6. (de) « Peter Müller wiedergewählt », Deutsche Welle,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2020).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier