Élection présidentielle ivoirienne de 2020

Élection présidentielle ivoirienne de 2020
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À définir – RHDP
Henri Konan Bédié, président du PDCI, 24 avril 2017 (cropped).jpg Henri Konan Bédié – PDCI-RDA
Affi1.jpg Pascal Affi N'Guessan – FPI
MK Closeup .jpg Mamadou Koulibaly – LIDER
Président de la République
Sortant
Alassane Ouattara
RHDP

L'élection présidentielle ivoirienne de 2020 a lieu le afin d'élire le président de la République de Côte d'Ivoire[1].

ContexteModifier

Le président sortant Alassane Ouattara est au pouvoir depuis la présidentielle de 2010, où il est élu au second tour face au président Laurent Gbagbo. Le scrutin débouche sur une crise politique en raison de l'annulation des résultats dans plusieurs régions du pays, donnant Gbagbo vainqueur. La crise, qui se transforme rapidement en guerre civile, ne s'achève qu'un an plus tard par la prise de la capitale par les forces nouvelles pro-Ouattara. Ce dernier est réélu dès le premier tour en 2015, l'opposition pro-Gbagbo ayant boycotté le scrutin.

Un référendum constitutionnel instaure la Troisième République, qui met en place un parlement bicaméral, un poste de vice-président et remet à zéro le compteur de la limite du nombre de mandats présidentiels, renouvelable une seule fois. Les précédentes législatives en décembre de la même année sont remportées par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara, qui obtient la majorité absolue des suffrages et 167 sièges sur 255, les sièges restants étant principalement remportés par des candidats indépendants. Les sénatoriales de mars 2018 voient le RHDP l'emporter à nouveau avec 50 des 66 sénateurs élus au scrutin indirect par un collège électoral d'élus locaux et nationaux, le tiers restant étant nommé par le président.

 
Le président sortant Alassane Ouattara.

Estimant être légalement en mesure de se représenter après ses deux premiers mandats de cinq ans[2], Alassane Ouattara affirme à plusieurs reprises son intention de ne pas briguer à nouveau la présidence, conditionnant toutefois ce retrait à la non-participation des anciens présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié[3],[4]. Ouattara affirme ainsi vouloir « transférer le pouvoir à une nouvelle génération », mais uniquement si « ceux de ma génération comprennent que notre temps est passé »[5],[6]. Le 5 mars 2020, il annonce aux parlementaires du Sénat et de l'Assemblée nationale réunis en Congrès ne pas être candidat à sa réélection[7], décision qu'il affirme avoir prise depuis deux ans[8]. Sa décision saluée dans le pays comme à l'étranger[9],[10]. Huit jours plus tard, il désigne Amadou Gon Coulibaly candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie (RHDP) pour la présidentielle[11]. En mai 2020 cependant, Coulibaly est évacué vers la France pour être hospitalisé en raison de problèmes d'ordre cardiaque. Il est ensuite opéré une seconde fois en juin pour la pose d'un stent[12], avant de retourner en Côte d'Ivoire le 2 juillet[13],[14]. Six jours plus tard, le , il meurt à la suite d’un malaise survenu en Conseil des ministres[15].

Un temps envisagée en raison de la crise sanitaire causée par la pandémie de Covid-19, l’idée d’un report de l’élection présidentielle est repoussée par Ouattara lors du Conseil des ministres du 8 avril, à l’occasion duquel le Code électoral est adopté par ordonnance. Les ministres reçoivent l'ordre d’accélérer les opérations électorales une fois la crise endiguée[16].

Mode de scrutinModifier

Le président ivoirien est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois de manière consécutive. Est élu le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. A défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu. La constitution fixe la date du premier tour au dernier samedi du mois d'octobre de la cinquième année du mandat présidentiel en cours, et celle du second tour éventuel au dernier samedi du mois de novembre suivant[17].

Le scrutin présidentiel de 2020 est le premier à avoir lieu sous la Constitution ivoirienne de 2016 adoptée par référendum quatre ans plus tôt. Celle-ci modifie notamment plusieurs des critères d'éligibilité du président : la limite maximum d'âge d'un candidat, auparavant fixée à 75 ans, disparaît, tandis que l'âge minimum est abaissé à 35 ans (art. 55)[18].

Là où l'ancienne constitution imposait qu'un candidat soit « exclusivement de nationalité ivoirienne, nés de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine », la nouvelle constitution remplace cette condition par « nés de père ou de mère ». Un seul des parents d'un candidat présidentiel a désormais besoin de posséder la nationalité ivoirienne de naissance et ils ont maintenant la possibilité d'avoir eu une autre citoyenneté. Le candidat lui-même peut également avoir eu une autre nationalité, ce qui était auparavant impossible, mais doit y renoncer avant de soumettre sa candidature[18].

Le poste de vice-président est également créé. Il succède au président en cas de vacance du pouvoir[17]. Le mandat d'Alassane Ouattara étant en cours au moment de la modification, dont la version initiale prévoyait son élection dans le cadre d'un ticket présidentiel, le vice-président Daniel Kablan Duncan a été exceptionnellement nommé par le président en janvier 2017, en accord avec l'article 179[19],[20]. Un projet de révision constitutionnelle annoncé par Ouattara en mars 2020 en même temps que son absence de candidature vise notamment à entériner la désignation du vice-président, nommé par le président avec l'accord du parlement. Un vice-président terminant le mandat du président en cas d’empêchement de celui-ci ne le fait plus « de plein droit », n'étant plus élu, mais par intérim. De plus, en cas d’empêchement du vice-président, le Premier ministre en exercice en prend la succession par intérim, également jusqu'au terme du mandat du président élu[21],[22]. La nouvelle réforme constitutionnelle est adoptée le 17 mars à la majorité des deux tiers du parlement[23].

ParrainagesModifier

Pour la première fois, les candidats à l'élection présidentielle sont soumis à une obligation de collecte de parrainages pour valider leur candidatures. Les soutiens d'au moins 1 % des électeurs d'au moins 17 des 31 régions ou districts autonomes du pays sont ainsi nécessaires. Les électeurs ne peuvent par ailleurs parrainer qu'un seul candidat chacun[24],[25].

CandidaturesModifier

Mamadou Koulibaly annonce sa candidature dès 2018. Ancien ministre du Budget, puis de l'Économie et des Finances de 2000 à 2001 avant de devenir président de l'Assemblée nationale de 2001 à 2012, il est désigné comme candidat à la présidentielle de 2020 lors du 3e congrès ordinaire du parti Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) le 24 mars 2018[26].

La succession organisée par Ouattara au sein du RHPD est mise à mal quelques mois avant le scrutin suite au décès d'Amadou Gon Coulibaly des suites de problèmes cardiaques. La mort de son dauphin désigné à l'élection présidentielle est alors un coup dur pour le président sortant, qui s'était mis en froid avec plusieurs autres personnalité du parti au pouvoir afin d'imposer sa candidature. Devant le vide laissé par le décès du Premier Ministre et la mise hors jeu préalable de ses concurrents internes, une troisième candidature de Ouattara est évoquée, de même que celles du vice-président Daniel Kablan Duncan, du secrétaire-général de la Présidence de la République Patrick Achi, ou encore du ministre de la Défense Hamed Bakayoko[27].

Henri Konan Bédié annonce le 20 juin 2020 sa participation à la présidentielle sous les couleurs du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI)[28]. La candidature de l'ancien président, 86 ans, suscite des critiques en raison de son âge avancé[29].

L'ancien ministre des Affaires étrangères Marcel Amon-Tanoh annonce sa candidature le 22 juillet[30].

Bien qu'acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), l'ancien président Laurent Gbagbo est dans l'incapacité de se présenter au scrutin du fait que les autorités ne lui ont pas remis de passeport pour retourner au pays. Pascal Affi N'Guessan est alors désigné candidat du Front populaire ivoirien (FPI). En outre, l'ancien président Bédié annonce l'existence d'un accord entre sa formation et le FPI, sur le soutien de l'un à l'autre si l'un des deux se qualifie au second tour[31].

Le 3 août, Albert Toikeusse Mabri annonce sa candidature[32].

RésultatsModifier

Résultats de la présidentielle ivoirienne de 2020
Candidats Partis Premier tour Second tour
Voix % Voix %
À définir RHDP
Gnangbo Kacou Indépendant
Mamadou Koulibaly LIDER
Guillaume Soro Indépendant
Henri Konan Bédié PDCI
Pascal Affi N'Guessan FPI
Marcel Amon-Tanoh Indépendant
Albert Toikeusse Mabri UDPCI
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total 100 100
Abstention
Inscrits / participation

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Côte d’Ivoire : Ouattara très en colère - Afrik.com », sur Afrik.com (consulté le 10 novembre 2019)
  2. « En Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara candidat à sa succession ? Réponse ce mercredi », sur TV5MONDE, (consulté le 29 juillet 2020).
  3. « La présidentielle fixée au "31 octobre 2020" en Côte d'Ivoire - 7info », sur 7info, politikafrique, (consulté le 6 décembre 2019).
  4. KOACI, « Côte d'Ivoire: Présidentielle de 2020, Ouattara propose le retrait des leaders de sa génération sinon, il rempile - KOACI », sur KOACI (consulté le 6 décembre 2019).
  5. « Présidentielle ivoirienne : Alassane Ouattara se dit prêt à «transférer le pouvoir», sauf si... », sur RT en Français (consulté le 6 décembre 2019).
  6. « Présidentielle en Côte d'Ivoire: Ouattara sera candidat si Bedié ou Gbagbo le sont », sur TV5MONDE, (consulté le 6 décembre 2019).
  7. « Côte d'Ivoire: Ouattara annonce qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle d'octobre », Reuters et Le Figaro,
  8. « En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara très sûrement candidat malgré lui », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 24 juillet 2020).
  9. « Vidéo. « Alassane Ouattara rebat les cartes de la présidentielle ivoirienne » », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 8 mars 2020).
  10. Viviane Forson, « Côte d'Ivoire : Alassane Ouattara par la grande porte - Le Point », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 8 mars 2020).
  11. « Alassane Ouattara choisit Amadou Gon Coulibaly comme successeur en Côte d'Ivoire », BBC Afrique,
  12. « Côte d’Ivoire : le décès d’Amadou Gon Coulibaly laisse le RHDP orphelin – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 8 juillet 2020).
  13. Baudelaire Mieu et Vincent Duhem, « Convalescence d’Amadou Gon Coulibaly en France : quel impact sur la campagne présidentielle ? », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  14. Benjamin Roger, « Amadou Gon Coulibaly de retour en Côte d’Ivoire », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  15. https://www.olloweb.com, « Amadou Gon Coulibaly est mort ce mercredi à Abidjan », sur lsi-africa.com (consulté le 8 juillet 2020).
  16. « Présidentielle en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara en plein dilemme sur le report du scrutin », Jeune Afrique,
  17. a et b « LA CONSTITUTION IVOIRIENNE (2016) » (consulté le 10 novembre 2019)
  18. a et b « Côte d’Ivoire : ce qui changera si la nouvelle Constitution est adoptée le 30 octobre – JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 10 novembre 2019)
  19. « Daniel Kablan Duncan nommé vice-président de la Côte d'Ivoire », RFI Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 13 janvier 2017).
  20. « Le vice président Kablan Duncan a prêté serment », Abidjant.net,‎ (lire en ligne, consulté le 16 janvier 2017).
  21. « Projet de loi portant révision de la constitution », sur www.connectionivoirienne.net (consulté le 8 mars 2020).
  22. https://www.facebook.com/RFI, « Côte d'Ivoire: le processus de révision constitutionnelle a commencé », sur RFI, RFI, (consulté le 8 mars 2020).
  23. « Côte d'Ivoire : le projet de révision constitutionnelle adopté - Le Point », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 18 mars 2020).
  24. RTI Groupe, « Présidentielle 2020 : La Côte d’Ivoire adopte le parrainage électoral », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (lire en ligne).
  25. KOACI, « Côte d'Ivoire : Présidentielle 2020, le parrainage permet d'éviter les candidatures « fantaisistes », selon la CEI », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (lire en ligne).
  26. LIDER News, « Monique Gbekia élue présidente, Mamadou Koulibaly désigné candidat à l’élection présidentielle », sur LIDER,
  27. « Disparition d'Amadou Coulibaly: quelles conséquences pour la présidentielle ivoirienne? », sur RFI, RFI, (consulté le 13 juillet 2020).
  28. « Présidentielle : Bédié annonce sa candidature et attend Gon », sur www.afrique-sur7.fr (consulté le 22 juin 2020).
  29. « Grosse colère de Tiken Jah et Makosso contre Bédié: Ce qui a tout gâté », sur www.afrique-sur7.fr (consulté le 22 juin 2020).
  30. « En Côte d'Ivoire, l'ex-ministre Marcel Amon Tanoh se présente comme candidat à la présidentielle », sur France 24, FRANCE24, (consulté le 23 juillet 2020).
  31. Reuters/VOA, « Pascal Affi N'Guessan candidat du FPI à la présidentielle ivoirienne », sur VOA, VOAAfrique (consulté le 3 août 2020).
  32. « Présidentielle en Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan et Albert Mabri Toikeusse se lancent », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 4 août 2020).