Église Saint-Jean-Baptiste de Château-Gontier

église située en Mayenne, en France

L'église Saint-Jean-Baptiste est une église catholique située à Château-Gontier, en France[1].

Église Saint-Jean-Baptiste de Château-Gontier
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Paroisse Saint-Jean-Baptiste-de-Château-Gontier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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LocalisationModifier

L'église est située dans le département français de la Mayenne, sur la commune de Château-Gontier. Elle est fondée par les moines de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, Château-Gontier faisant alors partie du comté d'Anjou.

HistoriqueModifier

OrigineModifier

Les Bénédictins de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, qui avaient cédé à Renaud Ier de Château-Gontier l'espace sur lequel il fait construire le château et la ville murée, s'étaient réservé ou reçurent la faculté d'y fonder un prieuré conventuel et les églises nécessaires pour les besoins religieux de la population.

Ils bâtirent donc, dès le XIe siècle, leur couvent et une église à proximité du château. L'église Saint-Jean-Baptiste est bâtie durant le Xe siècle. L'église existait en 1100[2].

Elle devint église prieurale et paroissiale[3] de Château-Gontier. Par bulle du pape Nicolas, du , le prieuré était annexé comme bénéfice à l'abbaye de Saint-Aubin, son chef. Les religieux y tenaient néanmoins toujours la conventualité.

ConfrériesModifier

Beaucoup de confréries anciennes étaient présentes[4]. On mentionne en 1655 des dons aux confréries de la Couronne de Notre-Seigneur et du Rosaire, instituées ès églises de Saint-Rémy et de Saint-Jean-Baptiste.

XVIIe siècleModifier

Les religieux de l'Abbaye de Saint-Maur, introduits au prieuré le , organisèrent leur chœur[5].

Les anciens bâtiments conventuels, dont il ne reste rien, sont remplacés par ceux du presbytère actuel en 1671.

Révolution françaiseModifier

Le , les huit religieux qui habitaient le prieuré sont expulsés. À la Révolution française, l'église sert de grange et est transformée en Temple de la Raison.

Le , à la requête des officiers municipaux. le directoire du département autorise la démolition du grand autel et de trois petits autels[6].

Le , la foudre tombe sur le clocher, l'endommageant[7]. La maison sert déjà de prison le . Le 12 thermidor an III, le prieuré est occupé par les bureaux de l'administration du district, par la prison et la maison d'arrêt. On place dans la tour, un timbre de 3 000 k pour avertir la garnison en cas d'alarme.

XIXe siècleModifier

L'église est classée une première fois en 1840. Eugène Hawke, l'architecte départemental avait vérifié l'état des murs intérieurs de l'église en 1877[8]. Il fut préféré, contrairement à ses options, une décoration en peintures d'un genre archaïque. Les travaux de restauration recouvrirent de plâtre et d'enduits. Ces travaux, faits sans considération du style roman de l'édifice, provoquèrent le déclassement de l'église en 1888.

XXe siècleModifier

Le , un obus allemand tombe sur l'édifice qui est ravagé par un incendie. La restauration qui s'ensuit efface les restaurations du XIXe siècle, mais surtout découvre sous les enduits des fresques du XIe siècle au XIIIe siècle, recouvertes depuis le XVIIe siècle. L'édifice est classé une seconde fois au titre des monuments historiques en 1941[1].

ArchitectureModifier

L'église possède un plan en croix latine orientée. Elle fait 56 mètres de longueur et 23 de largeur au niveau du transept. Elle se compose d'une nef de sept travées, bordée de deux bas-côtés.

Le transept saillant possède deux absides orientées, la croisée du transept supportant le clocher. Le chœur est formée d'une abside orientée elle-aussi, au-dessus de la crypte qui reprend la forme du chœur.

Pour l'abbé Angot, l'église est grandiose : nef avec collatéraux auxquels correspondent exactement un chœur en abside et deux absidioles, celles-ci, par là-même, appliquées aux deux côtés du chœur ; entre le chœur et la nef, un transept vaste, élevé, au centre duquel quatre forts piliers supportent sur leurs arcs doubleaux une voûte en coupole et une tour à baies géminées ; des fenêtres romanes très simples ; enfin neuf arcades en plein cintre, donnant des latéraux dans la nef et qu'au simple aspect on croirait, à tort d'ailleurs, faites en rupture dans les murs plutôt que de la construction primitive, séparées qu'elles sont, non par des pilastres ou des colonnes, mais par de larges trumeaux en maçonnerie. Tel est ce vaste vaisseau, couvert d'un simple lambris pour la nef, voûté en berceau pour le transept, le chœur et les absidioles, en voûte d'arête pour les bas-côtés. Pas de colonnes, aucune moulure, à peine un tailloir à la naissance des cintres, et malgré cette sobriété, un ensemble majestueux. La crypte, divisée en trois nefs par ses dix colonnes trapues en grès roussard, à chapiteaux informes, supportant une voûte d'arête, seul édifice de ce genre que possède le diocèse, est aussi l'une des plus intéressantes des deux provinces de l'Anjou et du Maine..

FresquesModifier

NefModifier

TranseptModifier

Autels et chapellesModifier

On mentionne dans l'ancienne église les autels ou chapelles :

Liste des prieurs et curésModifier

PrieursModifier

CurésModifier

Dès le XIIe siècle, et peut-être dès l'origine, les Bénédictins ont des chapelains, pour exercer le ministère paroissial. Ceux qui étaient en fonction en 1157 voulant s'approprier la cire, les cierges des offrandes, et les trois quarts des honoraires des baptêmes, reconnurent leur tort devant les abbés de Saint-Aubin et de la Roë et jurèrent fidélité aux religieux pour l'avenir. Le vicaire de l'église paroissiale de Saint-Jehan-Baptiste promit de nouveau, en prenant possession, de ne pas porter atteinte aux prérogatives de l'abbaye.

Sources partiellesModifier

« Église Saint-Jean-Baptiste de Château-Gontier », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne)

AnnexesModifier

Liens internesModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b « Église Saint-Jean-Baptiste », notice no PA00109484, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Cartulaire de Saint-Aubin, t. II, p. 112
  3. En tant que paroissiale, l'église a quelquefois pris le vocable de Saint-Laurent, 1669,1778.
  4. De Notre-Dame, 1286 ; de Saint-Jacques, fondée en 1331 ; des prêtres, 1483 ; de Sainte-Catherine, 1565 ; de Sainte-Barbe, dont les statuts très anciens ont été réimprimés à Laval, chez Genesley-Portier ; du Rosaire, avant 1661 ; du Sacré-Cœur, établie en 1731.
  5. Sur deux rangs de stalles entre les quatre piliers de l'intertransept, leur autel étant tout au fond de l'abside. L'autel paroissial se dressait au haut de la nef ; antérieurement il était dans le bas-côté méridional.
  6. Qui séparaient la partie de l'église réservée aux religieux de celle occupée par les fidèles.
  7. La flèche, incendiée par la foudre, n'était pas encore rétablie en l'an IV.
  8. Et reconnu que les piliers et l'intrados des arcades étaient formés de pierres de roussard taillées régulièrement, tandis qu'au-dessus les murs étaient en blocage, proposait de mettre à nu et de jointoyer les parties appareillées et de figurer un appareil sur l'enduit dans les parties hautes.
  9. Inhumé devant l'autel de Notre-Dame-de-Grâces.
  10. Il prêta serment en 1791 et dessert quelque temps la paroisse de Saint-Jean-Baptiste.
  11. Témoin dans la charte 417 de l'abbaye de Vendôme.
  12. Et à un accord entre l'aumônier de Saint-Julien et l'abbé de Saint-Nicolas d'Angers.
  13. Il fait un don au prieuré de Sainte-Catherine de Laval.
  14. L'abbé de Saint-Aubin fiat espérer à Bourré la cure du Grand-Saint-Jean pour son protégé, peut-être tint-il pour l'Abbé Angot sa promesse.
  15. Une pierre tombée près de son cercueil pendant le trajet de l'église au cimetière mit tout le cortège en émoi.