Ágnes Keleti

ancienne gymnaste hongroise

Ágnes Keleti, née le à Budapest, est une gymnaste hongroise.

Ágnes Keleti
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Ágnes Keleti en 2021.
Contexte général
Sport exercé gymnastique artistique
Période active 1948-1956
Biographie
Nationalité Drapeau de la Hongrie Hongrie
Naissance (101 ans)
Budapest
Distinction(s) Prix Israël (), ordre du Mérite hongrois (), Sportif de la nation (d) () et prix Prima Primissima (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint István Sárkány (en) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Identifiant FIG 432Voir et modifier les données sur Wikidata
Palmarès senior
Or Ar. Br.
Jeux olympiques 5 3 2
Championnats du monde 1 1 1

JeunesseModifier

Elle commence la gymnastique à quatre ans[1]. Elle remporte le premier de ses dix titres nationaux à l'âge de 16 ans mais est exclue de l'équipe nationale en 1940 car juive[2].

Ágnes Keleti échappe à la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale en se faisant passer pour une chrétienne nommée Piroska Juhasz et travaille pour une famille sympathisante des nazis. Pendant la bataille de Budapest, elle aide à ramasser les cadavres dans les rues et à les enterrer dans des fosses communes[1].

Son père meurt à Auschwitz alors que sa mère et sa sœur sont sauvées par Raoul Wallenberg[2].

Carrière sportiveModifier

Après la guerre, elle renoue avec la gymnastique, se qualifiant tout d'abord pour les Jeux de Londres. Toutefois, une blessure l'empêche d'y participer[1]. L'année suivante, elle remporte quatre médailles d'or, une d'argent et une de bronze lors des Jeux mondiaux universitaires de 1949[1].

Elle a déjà 31 ans lorsqu'elle participe aux Jeux olympiques de 1952 à Helsinki[3]. Elle y remporte le titre au sol, l'argent par équipes et le bronze aux exercices d'ensemble avec agrès portatifs ainsi qu'aux barres parallèles[4].

Lors des Championnats du monde 1954, Ágnes Keleti obtient deux médailles d'or (barres parallèles et exercices d'ensemble avec agrès portatifs par équipes), une d'argent (concours par équipes) et une de bronze (poutre)[1].

Quatre ans plus tard, elle est de nouveau présente aux Jeux olympiques de 1956 à Melbourne. Elle remporte quatre titres (exercices d'ensemble avec agrès portatifs par équipes, sol, barres parallèles et poutre) et deux médailles d'argent (concours par équipes et concours général individuel)[5]. Moins d'un mois avant le début de ces Jeux, la Hongrie est envahie par l'URSS pour mettre fin à la Révolution hongroise. La Hongrie décide toutefois d'être représentée aux jeux. Quelques jours avant le début de la compétition, Keleti apprend que sa mère est morte durant les événements[5]. Elle décide alors de rester en Australie, obtenant l'asile politique en compagnie de 44 autres sportifs hongrois[1].

De retour en Europe en 1957, on lui propose de participer aux Maccabiades en Israël où elle décide de s'installer. Elle met fin à sa carrière sportive et devient l'entraîneur principale de l'équipe nationale israélienne[1].

Elle est alors la troisième gymnaste la plus médaillée de toute l'histoire des Jeux olympiques[1] et l'athlète juive féminine la plus médaillée[6]. Elle est également la plus vieille gymnaste féminine à remporter un titre olympique à l'âge de 35 ans[7].

Dernières annéesModifier

Elle émigrera plus tard pour Israël. Elle revient pour la première fois en Hongrie en 1983 et s'y installera pour y passer ses dernières années en 2015[2].

En 2019, c'est elle qui allume la flamme olympique des Maccabiades à Budapest[8]. Elle reçoit une subvention annuelle de l'État hongrois de 11 500 euros en récompense de ses médailles olympiques[8].

En 2020 est publié The Queen of Gymnastics, 100 years of Agnes Keleti, un livre qui marque son centième anniversaire prévu le [3]. Elle est alors la doyenne des sportifs olympiques[9].

Lors de son centième anniversaire, Thomas Bach, président du Comité international olympique déclare : « Sincères félicitations et meilleurs vœux pour votre anniversaire. Votre histoire est une véritable source d'inspiration. Vous avez montré le pouvoir de la détermination et du courage pour surmonter une tragédie. Ce sont là les qualités d'une grande championne olympique. En tant qu’olympienne, vos dix médailles, dont cinq en or, sont vraiment formidables. Je suis sûr que si vous aviez participé aux Jeux Olympiques de Londres en 1948, vous auriez pu en avoir encore plus[7]. »

Elle fait une apparition vidéo en tant que doyenne officielle des médaillés olympiques du monde entier lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Tokyo le 23 juillet 2021.

DistinctionsModifier

PalmarèsModifier

Jeux olympiquesModifier

  • Melbourne 1956
    •   médaille d'or au sol
    •   médaille d'or à la poutre
    •   médaille d'or aux barres asymétriques
    •   médaille d'or au sol par équipes
    •   médaille d'argent du concours général individuel
    •   médaille d'argent par équipes
  • Helsinki 1952
    •   médaille d'or au sol
    •   médaille d'argent par équipes
    •   médaille de bronze aux barres asymétriques
    •   médaille de bronze

Championnats du mondeModifier

  • Rome 1954
    •   médaille d'or aux barres asymétriques
    •   médaille d'argent par équipes
    •   médaille de bronze à la poutre

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g et h (en) « Agnes Keleti », sur Jewish Women's Archive (consulté le )
  2. a b et c « Agnes Keleti, doyenne olympique mondiale et bientôt centenaire », sur LExpress.fr, (consulté le )
  3. a et b (en) « Oldest living Olympic champion Agnes Keleti to turn 100 », sur France 24, (consulté le )
  4. (en) « Olympedia – Ágnes Keleti » (consulté le )
  5. a et b Robert Parienté, La fabuleuse histoire des Jeux olympiques
  6. a et b « Agnes Keleti (Klein) », sur www.jewishsports.net (consulté le )
  7. a et b « Ágnes Keleti, la plus ancienne championne olympique vivante, fête son 100e anniversaire », sur International Olympic Committee, (consulté le )
  8. a b et c « À 98 ans, cette gymnaste olympique rescapée de la Shoah resplendit de souplesse », sur The Times of Israël, (consulté le )
  9. « Agnes Keleti, doyenne olympique mondiale et bientôt centenaire », sur actu.fr (consulté le )
  10. (en) Biographie sur le site International Gymnastics Hall of Fame
  11. (hu) « Keleti Ágnes », sur Prima Primissima (consulté le )

Voir aussiModifier

Liens externesModifier