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Zhang Zhidong

[1835-1909]    Lettré chinois
Zhang Zhidong
張之洞
Zhang Zhidong.jpg
Fonctions
Grand Secretary of Tiren Cabinet (d)
Gouverneur du Liangjiang (en)
Gouverneur du Huguang
Gouverneur du Liangguang (d)
Q47176277
Amban des secrets militaires (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau de la Chine (Dynastie Qing) Chinoise
Activité
Conjoints
Q63258121
Wang Yixian (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Zhang Renli (d)
Q63254320
Zhang Yanqing
Zhang Quan (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Zhang Zhidong (chinois traditionnel : 張之洞 ; chinois simplifié : 张之洞 ; pinyin : zhāng zhīdòng, - ) est un homme politique chinois de la dynastie Qing qui préconisait une réforme contrôlée. Avec Zeng Guofan, Li Hongzhang et Zuo Zongtang, il est l'un des « Quatre célèbres officiels de la fin des Qing ». Il sert comme gouverneur du Shanxi, vice-roi du Huguang, vice-roi du Liangguang (en), vice-roi du Liangjiang (en) et membre du Grand Conseil. En 1966, durant la révolution culturelle, sa tombe est détruite par les gardes rouges et ses restes ne sont redécouverts qu'en 2007.

Jeunesse et formationModifier

Natif de Nanpi au Hebei, Zhang Zhidong passe aves succès les examens impériaux (avec mention jinshi) en 1863 et intègre l'académie Hanlin en 1880. En 1881, il devient gouverneur du Shanxi. L'impératrice douairière le nomme vice-roi de Huguang en août 1889.

Durant la révolte des Dounganes (1862–1877), la Russie occupe la région d'Ili au Xinjiang. Après la répression du soulèvement, la Chine demande à la Russie de quitter la zone, ce qui mène à la « crise d'Ili ».

Après que le négociateur Ch'ung-hou, qui a été soudoyé par les Russes, signe un traité, sans la permission du gouvernement Qing, garantissant les droits extraterritoriaux de la Russie, l'installation de consulats, le contrôle du commerce, et une indemnité, une grogne féroce des intellectuels chinois s'ensuit, certains allant même jusqu'à appeler à la mort de Ch'ung-hou. Zhang Zhidong exige la décapitation de Ch'ung-hou et demande au gouvernement de s'opposer à la Russie et de déclarer l'invalidité du traité, tout en déclarant que « les Russes doivent être considérés comme extrêmement cupides et truculents dans leurs demandes, et Ch'ung-hou comme extrêmement stupide et absurde de les accepter . . . . Si nous insistons pour changer le traité, il n'y aura pas de troubles ; si nous ne le faisons pas, nous sommes indignes du titre de pays ». Les intellectuels chinois demandent au gouvernement de mobiliser des forces armées contre la Russie, ce qui est accepté, d'importants postes sont accordés aux officiers de l'armée du Hunan et Charles Gordon conseillent les Chinois.

Première guerre sino-japonaiseModifier

Zhang Zhidong s'implique dans la première guerre sino-japonaise de 1894-95, bien qu'il ne soit pas présent sur le front. Il demande initialement l'aide des forces européennes stationnées près de Tianjin pour combattre le Japon. En octobre 1894, il télégraphie à Li Hongzhang, le vice-roi du Zhili (en), pour proposer l'achat d'équipement pour la marine, et d'emprunter aux banques étrangères. Il appelle, en plus de l'achat d'armes, à une alliance avec les puissances européens, et à la « division claire entre récompenses et punitions » pour les troupes, une fois que les Japonais ont traversé le fleuve Yalou fin octobre, menaçant les provinces de Mandchourie. Début 1895, les Japonais commencent l'assaut du Shandong, et Zhang télégraphie à Li Bingheng, le gouverneur de la province, pour suggérer un rapide recrutement de civils, la construction de puissants forts, et l'utilisation de mines terrestres, pour stopper l'avancée japonaise. Il envoie également des armes et des munitions pour aider la campagne.

À TaïwanModifier

Zhang s'intéresse particulièrement au sort de Taïwan, et fin février 1895, il exprime son opposition complète à la cour de Pékin pour que l'île soit cédée au Japon. Il propose plusieurs méthodes pour éviter cet évènement. Zhang suggère que beaucoup d'argent soit emprunté au Royaume-Uni, qui utiliserait en retour sa puissante marine pour protéger Taïwan. De plus, les Britanniques obtiendront des concessions minières de « dix à vingt ans » sur l'île. Les évènements de mai déçoivent cependant Zhang car la cour des Qing ordonne à tous les civils et officiers militaires de quitter Taïwan. Il compte sur le refus du peuple lui-même. Une demande d'aide des troupes de Taïwan est refusée par Zhang qui fait face une situation désespérée après la chute de Keelung et une fois que Taipei reste la seule place forte restante. Le , Liu Yongfu, le dernier général Qing de Taïwan, est défait et fuit à Xiamen sur le continent.

Modernisation de l'armée chinoiseModifier

Zhang crée l'académie militaire et navale du Guangdong et l'armée victorieuse du Guangdong, une armée Yong Ying (en) régionale, avant 1894. Il fonde l'académie militaire du Hubei en 1896, où il emploie des instructeurs de l'académie du Guangdong. La majorité du personnel est chinoise. Il embauche quelques Allemands pour enseigner.

Alors qu'il est gouverneur de Nankin en 1894, Zhang invite un régiment de formation allemand de 12 officiers et 24 sous-officiers pour transformer la garnison locale en force militaire moderne. Après la guerre contre les Japonais, en 1896, Zhang reçoit l'ordre par décret impérial de se rendre à Wuchang pour devenir vice-roi de Huguang, une zone comprenant les provinces actuelles du Hubei et du Hunan. Zhang utilise son expérience à Nankin pour moderniser les forces militaires placées sous son commandement.

À Wuchang, Zhang fait entraîner et équiper des unités modernes de sapeurs, ingénieurs, cavalerie, police, artillerie, et d'infanterie. Des 60 000 hommes de ses forces, 20 000 sont directement formés par des officiers étrangers, et une académie militaire est établie à Wuchang afin d'entrainer les futures générations de soldats. Zhang arme ses troupes avec des fusils Mauser allemands et d'autres équipements modernes. Des observateurs étrangers rapportent qu'une fois leur entrainement achevé, les troupes de la garnison de Wuchang sont l'égale des forces européennes contemporaines[1].

Durant la révolte des Boxers, Zhang Zhidong, avec d'autres gouverneurs chinois comme Yuan Shikai qui commande d'importantes armées modernes, refuse de se joindre à la déclaration de guerre de la cour impériale contre l'alliance des huit nations, et Zhang assure les étrangers durant les négociations qu'il ne fera rien pour aider le gouvernement impérial.

Les troupes de Zhang s'impliqueront après sa mort dans la politique chinoise. En 1911, sa garnison organise le fameux soulèvement de Wuchang contre le gouvernement local, ce qui provoque finalement la révolution chinoise de 1911 qui met fin à la dynastie Qing.

Dernières annéesModifier

En 1898, Zhang publie son livre Exhortation à l'étude (劝学篇, Quàn Xué Piān) dans lequel il insiste sur une méthode de réforme relativement conservatrice résumée dans sa phrase « l'apprentissage chinois des principes fondamentaux et des études occidentales pour des applications pratiques » (中学为体,西学为用, Zhōngxué Wéi Tǐ, Xīxué Wéi Yòng). En 1900, il demande la suppression des Boxers. Lorsque l'alliance des huit nations entre dans Pékin, Zhang, en même temps que Li Hongzhang et d'autres, participe au plan de la « défense mutuelle du Sud-Est ». Il réprime les révoltes locales et défait l'armée rebelle de Tang Caichang. Il succède à Liu Kunyi comme vice-roi de Liangjiang en 1901, puis se rend à Nankin où il pose les fondations de l'actuelle université de Nankin. Il est nommé ministre des Affaires militaires en 1906, et travaille à Pékin pour la cour des Qing.

Il meurt de maladie en 1909.

Sa tombe, véritable monument funéraire, avait été commandée au sculpteur Jean Mich et à l'entrepreneur Eugène Ruppert, deux luxembourgeois, mais fut laissée en partie inachevée du fait de la révolution chinoise de 1911. Elle fut totalement détruite en 1966.

RéférencesModifier

  1. Bonavia 31-33
  • Ayers, William. Chang Chih-tung and educational reform in China. Cambridge, MA: Harvard University Press, 1971.
  • Bonavia, David. China's Warlords. New York: Oxford University Press. 1995. (ISBN 0-19-586179-5)
  • Teng, Ssu-yü (鄧嗣禹) and Fairbank, John K. China's Response to the West: A Documentary Survey, 1839-1923, Cambridge, MA, Harvard University Press, 1954 & 1979.