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Yvonne de Komornicka
Yvonne Roeschlin
Yvonne de Komornicka
Yvonne de Komornicka

Surnom Kléber
Naissance 1898
Saulxures-sur-Moselotte
Décès 1994 (à 94 ans)
Avignon
Allégeance réseau Combat
Grade capitaine
Commandement MUR de Vaucluse
Conflits Seconde guerre mondiale
Distinctions Croix de Guerre et la croix de la Légion d'Honneur

Yvonne de Komornicka, (1898 Saulxures-sur-Moselotte - 1994 Avignon), dite capitaine Kléber, est une résistante française, chef du réseau Combat puis des Mouvements unis de la Résistance (MUR) de Vaucluse. Arrêtée, elle fut déportée à Ravensbrück où elle eut à subir des expériences pseudo-médicales.

Sommaire

Ses premiers pas dans la RésistanceModifier

Aînée d'une famille alsacienne nombreuse, Yvonne Roeschlin paracheva ses études à Paris quand la Première Guerre mondiale fut finie[1]. Devenue veuve, elle s'installa en Lorraine avec ses trois filles[2]. Répondant à l'appel du 18 juin 1940, elle organisa à Nancy, où elle résidait[3], « un réseau d’évasion des prisonniers français blessés qui y étaient internés. »[2]. Mais elle dut fuir vers le Midi de la France pour des raisons de sécurité et s'arrêta à Avignon à la fin de l'été 1941 avec ses trois filles[3],[1].

Pour faire face à l'afflux des réfugiés du l'Est, elle fut embauchée par le bureau d’aide sociale de la mairie afin de prendre en charge les Lorrains[2]. Ceux de religion catholique avaient leur aumônier, un prêtre chassé de Lorraine par les occupants car il faisait réciter « la prière en français aux gosses du catéchisme ». Mais cet abbé Krebs était un résistant organisé, connu sous le surnom de Victor, et fut « le premier chef du mouvement Combat dans le Vaucluse[3]. ».

Chef du réseau Combat et des Mouvements unis de la Résistance de VaucluseModifier

L'appartenance à la Résistance de l'abbé Krebs parvint jusqu'à l’archevêque d’Avignon, Gabriel de Llobet, à la fin de l’été 1942. Furieux, celui-ci lui donna deux heures pour quitter la ville. Pris de court et confronté au peu d'allant de certains de ses adjoints pour lui succéder, l'aumônier lorrain désigna Yvonne de Komornicka, dite Kléber[3].

En 1955, lors d'un entretien avec l'historienne Marie Granet, elle confia « Pourquoi ai-je accepté de prendre une responsabilité aussi énorme que celle-là ? Je ne suis pas bigotte mais je me suis dit : Comme c’est un prêtre qui me colle une charge aussi énorme, hé bien ! je pense que je serai protégée. Et j’ai été protégée ![3] ». C'est ainsi que, dès l'automne, elle devint le chef incontesté du réseau Combat dans le Vaucluse[2].

Par ailleurs, ses filles ont travaillé avec elle pour la Résistance[2]. Elle les avait prénommées Christiane, Wanda et Hélène[4].

Kleber devint la responsable du ROP (recrutement organisation propagande) de Combat pour le Vaucluse. Ayant rencontré Jean Moulin, sur ses ordres, elle fédéra dans les Mouvements unis de la Résistance (MUR) les organisations de la Résistance vauclusienne et centralisa, avec l'aide de ses filles, la distribution des journaux et des tracts[1].

Jean Garcin, dit Bayard, qui était à la tête des Groupes francs de Vaucluse la rejoignit, entre la fin 1942 et le début 1943, se plaça sous sa direction[5].

Déportée à RavensbrückModifier

 
Yvonne de Komornicka Portrait réalisé par une codétenue du camp de Ravensbrück, 1944.

Le , Yvonne de Komornicka fut arrêtée par la Gestapo qui investit son bureau à la mairie d'Avignon. Elle fut internée aux Baumettes puis déportée à Ravensbrück. Compte tenu de ses activités, elle fut classée dans la catégorie Nuit et Brouillard, celles et ceux qui ne devaient pas revenir et sa famille n'eut plus aucune nouvelle[1]. Il fallut lui trouver un successeur : ce fut Paul Faraud, ancien maire de Plan-d'Orgon suspendu par le gouvernement de Vichy depuis le . Il avait fait savoir qu'il ne pouvait accepter l’armistice signé par le Maréchal Pétain[6].

Entouré de quelques camarades, il entra en résistance et rejoignit « Combat » et Yvonne de Komornicka. En automne 43, les faits d'armes de Paul Faraud, dit Marcel dans la Résistance, étaient tels qu'il la remplaça et se retrouva ainsi à la tête des MUR pour la région R2[6].

À cause du nom polonais de son mari, Yvonne de Komornicka n'échappa pas « aux expériences médicales nazies qui utilisaient les Polonaises comme matériau de laboratoire[1]. ». Elle survécut à ces expériences pseudo-médicales[2]. Vers la fin 1944, elle dénonça le rôle de Treite, un des médecins de Ravensbrück, dans l'Affaire des timbales (Fall Pauken]. Plutôt que de l'opérer de la hernie dont elle souffrait, il lui enleva la glande gauche de Bartholin (ou glande vestibulaire)[7].

Retour à la vie civileModifier

 
Plaque de rue à Avignon

Comme elle l'a confié à Marie Granet : « Quand je suis revenue de déportation, j’ai embrassé la terre de France[3]. ». Contrairement à beaucoup de ses camarades résistants, elle ne postula à aucun rôle politique après la Libération. Elle demanda seulement d'être réintégrée dans les services sociaux de la ville d'Avignon[2].

Si une rue d'Avignon porte son nom, un seul ouvrage lui a été consacré. Il a pour titre Le Comité vosgien de l'Union lorraine des médaillés de la Résistance présente une héroïne vosgienne de la Résistance : Yvonne de Komornicka[8] et seules la croix de Guerre et la croix de la Légion d'Honneur ont récompensé son action[2].

Une famille de résistantesModifier

 
Christiane de Komornicka, à vélo

Dans les archives de Vaucluse se trouve le témoignage de Wanda Hudault, fille d’Yvonne de Komornicka : « Ma mère avait été arrêtée mais elle avait pu nous laisser sur un papier griffonné de « faire comme si elle était là ». Alors, avec mes sœurs, nous avons continué nos activités. J’aidais les familles des maquisards, des fusillés et des déportés. J’ai continué les liaisons avec les différents mouvements de Résistance et les maquis de la région. Je parcourais le département en bicyclette tous les jours[9]. ».

Wanda avait alors 17 ans et faisait régulièrement, en une journée le trajet Avignon-Cavaillon, puis Cavaillon-Carpentras, avant de rejoindre son domicile à Avignon, 4 rue des Chalets, avant le couve-feu puisque les arrestations continuaient, de plus en plus nombreuses[9].

Christiane de Komornicka, autre fille d’Yvonne, fut aussi active, les archives de la ville de Cavaillon possèdent une déclaration du vol de sa bicyclette « par un soldat allemand en retraite, sous la menace de sa mitraillette, (...) le 18 août 1944[4]. ».

Article détaillé : Section atterrissage parachutage.

Notes et référencesModifier

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