XIIe concile de Tolède

Le douzième concile de Tolède s'est tenu à Tolède, dans le royaume Wisigothique, actuelle Espagne, en 681 à l'initiative du roi Ervige.

ParticipantsModifier

Trente-huit évêques étaient présents, quatre abbés et cinq comtes palatins participent au concile.

DéroulementModifier

D'une durée relativement courte, le concile démarre le pour se terminer le de cette même année.

CanonsModifier

L'une des premières actions du concile est de libérer la population des lois de Wamba et de reconnaître Ervige, jetant l'anathème sur tous ceux qui s'opposent à lui.

Le concile reconnaît le droit de l'archevêque métropolitain de Tolède à consacrer tous les évêques nommés par le roi, même s'ils étaient en dehors de sa propre province. C'est ainsi qu'est né le primat du diocèse de Tolède sur toute l'Espagne.

Le concile se donnant pour but « d'extirper la peste judaïque qui renaît sans cesse »[1], il met en œuvre diverses mesures contre les Juifs, en adoptant à leur encontre 28 lois. Les évêques ordonnent la lecture dans toutes les églises, des canons contre les Juifs et conservent tous les actes d'abjuration et de conversion des Juifs, interdisant ces convertis de revenir au judaïsme. Les canons sont d'abord lus dans l'église de Santa María de Tolède le . Mais dans d'autres cas, la persécution des Juifs s'est réduite à la confiscation des biens.

À la demande d'Ervige, le concile révise le Liber Iudiciorum de Réceswinthe, le code législatif du royaume wisigoth, à propos des injustices et des contradictions en droit qu'il contient. Ce code entre en vigueur le . Les lois contre la violence des esclaves est supprimée. La tendance générale de toutes les modifications et la nouvelle législation favorisent les nobles et leurs privilèges.

En matière religieuse, les évêques s'occupent de la pénitence, de la mort, de l'excommunication, du nombre de sièges, de l'élection des évêques, des masses, et de la discipline ecclésiastique. La nomination des évêques par le roi est interdite (malgré une reconnaissance tacite de celui-ci en fait).

La date des synodes provinciaux est fixée au 1er novembre de chaque année, alors qu'ils se tenaient en mai, depuis le IVe concile. Les provinces reçoivent l'ordre de tenir au moins un synode par an. L'église galicienne est sanctionnée à cause de son traitement des esclaves (voir Xe concile de Tolède) et le paganisme existant dans la province est condamné.

Les effets du concileModifier

Notes et référencesModifier

  1. Michel Zimmermann, « L'Espagne wisigothique », sur Clio.fr (consulté le )

Voir aussiModifier

Sources et bibliographieModifier

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Twelfth Council of Toledo » (voir la liste des auteurs).
  • (en) E. A. Thompson, The Goths in Spain. Oxford: Clarendon Press, 1969.
  • (la) Concilium Toletanum duodecimum, minutes from the Collectio Hispana Gallica Augustodunensis (Vat. lat. 1341) from the Edition of forged collection of capitularies of Benedictus Levita (Edition der falschen Kapitularien des Benedictus Levita).
  • (fr) Karl Joseph von Hefele (trad. de l'allemand par Dom H. Leclercq, bénédictin de l'abbaye de Farnborough), Histoire des Conciles, d'après les documents originaux (nouvelle traduction française faite sur la deuxième édition allemande corrigée et augmentée de notes critiques et bibliographique) [« Conciliengeschichte »], Paris, Librairie Letouzey et Ané (lire en ligne)
    • vol. 5 : Histoire des Conciles (Livre 14e : discussion sur les trois chapitres et Ve concile œcuménique - Livre 15e : depuis le Ve concile œcuménique jusqu'aux premières discussions sur le monothélisme - Livre 16e : le monothélisme et le VIe concile œcuménique - Livre 17e : depuis le VIe concile œcuménique jusqu'au début de l'iconoclasme), t. III, partie 1, , 600 p. (lire en ligne), p. 540-546

Article connexeModifier