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Xénocrate de Sicyone

sculpteur et écrivain grec du iiie siècle av. J.-C.

Xénocrate de Sicyone ou Xénocrate d'Athènes (en grec moderne : Ξενοκράτης ; fl. ca. 280 av. J.-C.) est un sculpteur et écrivain grec et l'un des tout premiers historiens de l'art.

BiographieModifier

Bien qu'il soit probablement né à Athènes, il tient son nom de son appartenance à l'école sicyonienne des disciples de Lysippe (et non pas directement de l'école de Sicyone comme cela a été cru pendant longtemps)[1],[2].. On sait peu de sa vie et de son œuvre, mais tout ce que l'on sait, on le tient de la synthèse de Bernhard Schweitzer, qui s'appuie en grande partie sur Pline l'Ancien[1],[3].

Pline le décrit comme un élève d'Euthycrate (fils de Lysippe) ou de Teisicrate (élève d'Euthycrate)[1],[2], qu'il a surpassés et sur lesquels il a écrit plusieurs volumes concernant leur art[1]. Xénocrate écrit sur la sculpture grecque ainsi que sur la peinture et le dessin. Il a aussi écrit un ouvrage sur son propre art et un traité sur le travail de la sculpture sur métal[1].

Concernant son œuvre sculpté, trois bases de statue signées « Xenokrates » sont tout ce qui reste de son travail[1]; il sculptait sur bronze[4].

En suivant la tradition de Démocrite, Xénocrate organise et classe les œuvres d'art en catégories afin d'expliquer leur développement en tant que résolution de problèmes artistiques ; il a observé que les arts visaient la perfection, chaque artiste développant quelque chose de nouveau, tel que la proportion ou le traitement des détails[1]. Il catégorise ainsi selon la symmetria (« qui envisage le rapport des différentes parties entre elles et avec l’ensemble ») ; le rythmos (« le mouvement imprimé à la statue ») ; l'acribeia (« l’exactitude dans le rendu des détails ») ; la création « pros phantasian », « l’expression de la « species », de l’apparence visuelle (précisément ce que Platon refusait) »[3], mais son regard est influencé par sa qualité de sculpteur[1],[3] : « sa sensibilité aux problèmes optiques est conditionnée avant tout par la volonté de souligner comment la peinture peut rivaliser avec la sculpture dans l’expression du volume, du modelé des corps[5]. »

C'est ainsi que, posant les bases théoriques sur des artistes et leurs œuvres, il devient l'un des tout premiers historiens de l'art et Schweitzer le qualifie même de « père de l'histoire de l'art[1],[3],[6]. »

InfluenceModifier

Toute la thèse de Pline l'Ancien sur l'histoire de la sculpture et de la peinture aurait été fortement influencée par le travail de Xénocrate ; il est le critique d'art le plus connu des Romains de la fin de la République, et il a grandement influencé leurs goûts[1].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j (en) « Xenokrates », sur arthistorians.info (consulté le 25 août 2019).
  2. a et b Revue archéologique 1957, p. 82.
  3. a b c et d « Xénocrate », sur arts.ens-lyon.fr, École normale supérieure de Lyon (consulté le 25 août 2019).
  4. Revue archéologique 1957, p. 81.
  5. Agnès Rouveret, Histoire et imaginaire de la peinture ancienne', pp. 436-440.
  6. (de) Bernhard Schweitzer, Der bildende Künstler und der Begriff des Künstlerischen in der Antike: eine Studie, Jahrbuch, 1925.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 77 ap. J.-C.
  • (en) J. Turner (ed.), The Dictionary of Art, 1996.
  • (en) Eugénie Strong et Heinrich Ludwig Urlichs, The Elder Pliny's Chapters on the History of Art (trad. K. Jex-Blake), Londres, New York : Macmillan, 1896.
  • (de) Bernhard Schweitzer, « Xenokrates von Athen; Beiträge zur Geschichte der antiken Kunstforschung und Kunstanschauung » dans Schriften der Konigsberger Gelehrten Gesellschaft, Geistwissenschaftliche Klasse, vol. ix (1932), p. 1-52.
  • (en) J. J. Pollitt, « Introduction », dans The Art of Ancient Greece: Sources and Documents, 2e ed., New York : Cambridge University Press, 1974, p. 3.
  • (en) Udo Kultermann, The History of Art History, New York : Abaris, 1993, p. 2.
  • (fr) Ch. P., « Du nouveau sur le critique d'art et sculpteur Xénocratès (d'Athènes) », Revue archéologique, Editions Belin, t. 50,‎ , p. 81-83 (JSTOR 41754555).
  • (fr) Agnès Rouveret, « Ce que Pline l’Ancien dit de la peinture grecque : histoire de l’art ou éloge de Rome ? », dans Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2007, nos 151-2, pp. 619-632 (lire en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier