Vittorio Ghidella

ingénieur italien
Vittorio Ghidella
Naissance
Verceil
Décès (à 80 ans)
Lugano
Nationalité Flag of Italy.svg Italienne
Profession
Ingénieur et dirigeant de Fiat Auto


Vittorio Ghidella (né le à Verceil, au Piémont - mort le à Lugano) est un ingénieur italien spécialisé dans l'automobile.

BiographieModifier

Né à Verceil, ville située entre Turin et Milan, réputée pour ses industries textiles, Vittorio Ghidella, après avoir obtenu son baccalauréat avec félicitations, s'inscrit en ingénierie mécanique à l'École polytechnique de Turin où il obtient son diplôme d'ingénieur en étant major de sa promotion.

Immédiatement diplômé, il entre chez SKF, entreprise suédoise spécialisée dans la fabrication de roulements à billes, où très rapidement il est repéré et est muté au siège de la société à Stockholm. Peu de temps après, il est recruté pour diriger la société Holland, une division du groupe Fiat spécialisée dans le matériel agricole, sur le lac Michigan, aux États-Unis. En 1979, Gianni Agnelli le fait venir à Turin pour relancer la branche automobile du groupe, qui connait une phase de crise.

Il lance les projets de nouveaux modèles qui marqueront le monde de la construction automobile par les innovations technologiques : la Fiat Uno, la Fiat Croma, la Lancia Delta, la Lancia Thema et surtout la Fiat Tipo, qui étrenne les moteurs et plateformes polyvalents qui équiperont beaucoup d'autres modèles du groupe italien comme les Fiat Bravo/Brava, Alfa Romeo 145/146, 155, 156, 147, GT, les Lancia Delta II, Dedra et Lybra, pendant une vingtaine d'années, pratiquement jusqu'au XXIe siècle, de nos jours.

Le succès mondial indiscutable de la Fiat Uno, connue et appréciée sur tous les continents, et encore produite en 2009 au Brésil où elle figure dans le top 5 des ventes, marquera la fin de la crise de la division automobile du groupe Fiat et donnera le signal du retour de son expansion planétaire.

Il sera également l'homme qui fera de la marque Lancia (propriété du groupe Fiat depuis 1969) celle qui aura tout gagné dans le monde des courses de rallye et des courses d'endurance et obtiendra au total plus de mille titres.

Il essayera de renouveler la gamme Alfa Romeo, à peine intégrée au groupe Fiat en 1988, tout en préservant la tradition et les mécaniques propres à la marque et qui en ont fait son prestige. Il sera à l'origine d'une étude d'une plateforme commune Alfa Romeo-Maserati pour un modèle traditionnel à propulsion.

Il sera remercié brutalement par la direction du groupe Fiat en 1988, et remplacé par le directeur général du groupe, Cesare Romiti, à la suite de divers différends stratégiques et une sombre histoire d'intérêts particuliers incompatibles avec ses fonctions au sein du groupe turinois. Son commentaire fut lapidaire sur la décision de la famille Agnelli de lui préférer Romiti : "avec les bons résultats que nous avons tous sous les yeux" et, se référant à Romiti : «qui jusqu'alors s'est occupé des seuls comptes du groupe Fiat, on ne devient pas soudainement ingénieur automobile à 60 ans.« 

Timide et introverti, il passait une grande partie de son temps avec les mécaniciens et les ouvriers. Son bureau, presque toujours vide, il affirmait que les voitures se conduisent assis dedants et pas avec des paroles ou sur un écran de CAO.

Il a vécu avec sa famille sur les collines de Turin mais n'avait aucune vie sociale et très peu d'amis à l'extérieur du cercle Fiat.

Il a testé personnellement la Fiat Uno, comme toutes les voitures dont il a eu la responsabilité au sein du groupe Fiat.

Il vit actuellement en Suisse, à Lugano, où il dirige une société financière. Il est aussi le responsable de Festival de Musique de Lugano. Il y a vingt ans, il a perdu sa fille, Amalia, dans un accident de voiture[1].

Il a été le premier à développer le concept de la synergie entre les différents modèles en production qui, si elle permet de réaliser des économies d'échelle importantes car elle vise à maximiser les éléments communs, elle est aussi susceptible de supprimer la personnalité du modèle. C'est ce risque que Ghidella, contrairement à son successeur, avait clairement mis en évidence.

Notes et référencesModifier

  1. Http:// archiviostorico.corriere.it/1993/aprile/10/muore_incidente_figlia_Ghidella_co_0_9304103444.shtml

Sources de traductionModifier