Ouvrir le menu principal
Verrerie de Reims au Pont-Huon, à Reims

Très liée au monde du vignoble, la famille Charbonneaux s'orienta vers la production de bouteilles après 1870, alors que la demande était forte chez les producteurs de vin de champagne. En 1954, l'usine s'équipa de six machines Lynch ; elle inaugura le plus grand four d'Europe en 1963. En 1959, après la fusion entre Electro Verre et Charbonneaux, la société prit le nom de Sediver pour la fabrication d'isolateurs en verre. Charbonneaux fusionna avec Souchon Neuvesel en 1962. L'usine appartient à BSN depuis 1966. La société s'intitule BSN depuis 1983. Le four 1 est arrêté la même année et l'usine ne fonctionne alors plus qu'avec deux fours.

Dès son installation, la verrerie possédait un très grand parc de logements. En 1947, 700 ouvriers étaient employés chez Charbonneaux.

Sommaire

Pol CharbonneauxModifier

Pol Charbonneaux fonda sa première usine en 1870 au lieu-dit Pont-Huon, à Reims, en société avec un de ses cousins, Firmin. Le site de la verrerie de Reims est à proximité du canal de l'Aisne à la Marne. La verrerie de Reims fut construite entre 1870 et 1872 pour fabriquer des bouteilles. Le premier four à bassin Siemens fut introduit en 1876. Dix millions de bouteilles furent produites en 1882. En 1892, avec quatre fours Siemens, l'usine Charbonneaux était l’une des mieux équipées de France. La fabrication d'isolateurs en verre commença en 1906. Elle produisait des isolateurs électriques en verre pressé-moulé et surtout des bouteilles champenoises (verre épais capable de résister à une pression importante). En 1907, la verrerie employait 1 198 personnes et produisait douze à treize millions de champenoises.

Firmin Charbonneaux (1830-1899)Modifier

Maître de verreries né à Wasigny (Ardennes) le 26 juillet 1830, décédé à Villers-Allerand (Marne) le 18 août 1899, Firmin Alphonse Charbonneaux fonda en 1870 avec son cousin Pol Charbonneaux les Verreries Charbonneaux à Reims. Il épousa à Reims, en 1862, Amélie Léonie Devivaise (1841-1876) ; ils eurent deux fils, Emile et Georges.

Tout d’abord élève à l’École d’Alfort, Firmin Charbonneaux quitta ces études pour seconder l’un de ses parents, Charles Charbonneaux, fabricant de savons à Reims. Il s’initia bien vite à ce métier, nouveau pour lui, en améliora les procédés de fabrication, devint associé et, à la mort de Charles Charbonneaux, resta l’un des chefs de la maison jusqu’en 1873. À cette époque, il créa la verrerie de Reims en société avec un de ses parents Pol et, par son intelligence et son initiative, en fit une des plus importantes de France.

Vers 1873, il fonda dans les Deux-Sèvres une distillerie qui devient rapidement un des éléments de prospérité de ce département puis, quelques années plus tard, il créa aux portes de Reims un important vignoble qui procure chaque année aux ouvriers rémois un appoint notable de travail de nos jours encore.

Chevalier de la Légion d’honneur, membre de la Chambre de commerce, élu vice-président en 1894, administrateur de la Banque de France, il fut en outre bienfaiteur de la ville et des hospices.

 
La verrerie défendue par l'armée pendant la Révolte des vignerons de la Champagne en 1911

Emile Charbonneaux (1863-1947)Modifier

Emile Charbonneaux, fils de Firmin, neveu de Pol, dirigea l'entreprise à partir du début du XXe siècle. Il la modernisa, bâtit une cité de logements pour ses ouvriers. À la veille de la Première Guerre mondiale, la partie industrielle occupait 50 000 m2 alors que la cité ouvrière et ses jardins totalisaient 70 000 m2. Pendant la Première Guerre mondiale, la ville de Reims était assiégée. Emile Charbonneaux était adjoint au maire, chargé du ravitaillement[1]. La verrerie Charbonneaux continua ses activités malgré l'évacuation d'une partie de son personnel. Emile Charbonneaux s'associa avec les dirigeants de la Verrerie de Saint-Léger-des-Vignes afin d'alimenter le sud de la France en bouteilles. L'usine de Reims fut en partie détruite pendant la Première Guerre mondiale et reconstruite quelques années plus tard. Après 1918, l'usine de Reims fut reconstruite et la production automatisée[2].

Six fours à bassin fonctionnaient dans l'usine en 1921. La machine Boucher, adaptée à la fabrication des bouteilles champenoises, fut utilisée de 1923 à 1933 ; le soufflage à la canne disparut en 1932.

Entièrement détruite pendant la Première Guerre mondiale, la verrerie de Courcy (Marne) fut reconstruite le long du canal vers 1920. Emile Charbonneaux devint le nouveau président du Conseil de surveillance. Charles de Grandrut, n'ayant pas l'intention de reconstruire la verrerie de Loivre, Pierre Givelet lui racheta le fonds de commerce et les dommages de guerre afférents. La société prit le nom de « Verreries de Courcy et de Loivre réunis - Givelet et Cie ». À la suite de la crise économique de 1929-1930, l'activité cessa en 1933. Les machines furent démontés et remontées à la verrerie Charbonneaux à Reims qui en avait repris l'actif et le passif[3].

 
Destructions de la Guerre, elle est aussi intitulée Verrerie de Cormontreuil

Georges Charbonneaux (1865-1933)Modifier

Georges Edmond Victor Charbonneaux, fils de Firmin et neveu de Pol, né à Reims le 21 septembre 1865, décédé à Paris le 13 mars 1933, était un industriel et philanthrope dont la famille avait fait fortune dans le verre et la production de vinaigre dans les Deux-Sèvres. De retour à Reims en 1910 et inspiré par le Catholicisme social, il accompagna Jean-Baptiste Langlet, maire de Reims, en Angleterre à Bournville (en), cité-jardin dans la banlieue de Birmingham[4].

Il fonda le Foyer Rémois qui, dès 1911, commença à Reims l’édification de logements destinés aux familles ouvrières et nombreuses. Les principales réalisations de cette Société sont les cités-jardins du Chemin-Vert, Charles Arnould, de Mulhouse, Lattaignant, Brimontel. Elles furent les premières de ce genre construites en France. Elles permirent de résoudre le difficile problème du logement à la suite de la guerre de 1914-1918. Georges Charbonneaux dota, en outre, ses cités de tout un équipement social et culturel : maison commune, maison de l’enfance, église etc. Georges Charbonneaux, qui souhaitait promouvoir ce périmètre ouvrier, édifia en 1923 l’église Saint Nicaise dans le quartier populaire du Chemin Vert. Il fit appel à René Lalique pour la réalisation des baies de la nef et du transept. Il consacra toute sa vie au développement de l’œuvre dont il fut le fondateur. Il possédait l’une des plus grosses collections de pièces représentatives de l’évolution stylistique du maitre verrier René Lalique.

 
Verrerie le long du canal de l'Aisne à la Marne

Aujourd'huiModifier

Elle a fait partie du groupe Boussois-Souchon-Neuvesel, puis de BSN Glasspack, filiale d'Owens-Illinois.

Sources et référencesModifier

  1. Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
  2. « Regards sur notre Patrimoine, Histoire des verreries rémoises, Emile Charbonneaux », Bulletin de la Société des amis du vieux Reims, no 8,‎
  3. Texte réunis et commentés par Marc André et Michel De Paepe, La verrerie champenoise Charbonneaux - BSN Reims, de 1870 à nos jours, Dié, La Manufacture,
  4. Gaëlle Collet, « Chemin-Vert: La campagne au cœur de la ville », Le journal des paroisses de Reims et son agglomération, no 197,‎ , p. 16
 
la cour de la verrerie, le four ouvert et la cheminée de l'entreprise

BibliographieModifier

  • N. Fiérobe, Deux maîtres de verrerie champenois avant 1914 : Georges Brocard et Émile Charbonneaux, La Vie en Champagne, no 23, juillet-septembre 2000, p. 32-37.