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Vénus de Lespugue
Venus de Lespugue (replica).jpg
La Vénus de Lespugue
Artiste
InconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Date
vers 23 000 av. J.C.
Type
Hauteur
15 cm
Mouvement
Art du paléolithique supérieur (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire
Collection
N° d’inventaire
MNHN-HA-19030Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Coordonnées
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La Vénus de Lespugue est une statuette en ivoire, et l'une des plus célèbres représentations féminines préhistoriques, datant du Gravettien (Paléolithique supérieur).

Sommaire

Contexte archéologiqueModifier

Elle a été découverte le 9 août 1922 par René de Saint-Périer dans la grotte des Rideaux, une cavité située dans les gorges de la Save, à Lespugue (Haute-Garonne). Alors que la fouille du site était achevée, un ultime coup de pioche mit au jour la statuette et l'endommagea fortement. Contrairement à d'autres œuvres analogues, celle-ci a été découverte dans un contexte archéologique précis : l'industrie lithique et osseuse de la couche où elle se trouvait appartient au Gravettien (burins de Noailles, pointes de sagaies à rainures, lissoirs, perles en os), autrefois appelé Périgordien supérieur. Le Gravettien moyen à burins de Noailles est daté d'environ −26 000 à −24 000 ans BP.[réf. souhaitée]

La grotte a aussi été occupée au Bronze ancien et moyen[1].

DescriptionModifier

La statuette est en ivoire de mammouth. Brisée lors de sa découverte, elle mesure après reconstitution 147 mm de haut, 60 mm de large et 36 mm d'épaisseur.

La forme générale correspond aux canons stylistiques mis en évidence par A. Leroi-Gourhan : les seins, le ventre et les hanches s'inscrivent dans un cercle autour duquel un losange inclut la tête et les jambes. La loi de frontalité est respectée.

La tête est petite et ovoïde, dépourvue de détails anatomiques. Elle porte des traits gravés plus ou moins parallèles interprétés comme une figuration de la chevelure. Les seins et les fesses sont très volumineux, pratiquement sphériques (stéatopygie). Les jambes sont courtes et se terminent par des ébauches de pieds.

Sur la face dorsale, une série de stries longitudinales parallèles part d'un trait horizontal situé sous les fesses. Ces éléments ont fait l'objet de nombreuses interprétations, faisant notamment référence à un vêtement, une sorte de pagne[2].

Une pièce d'habillement couvre sa tête[3].

ConservationModifier

La Vénus de Lespugue fait partie des collections du Musée de l'Homme à Paris (M.H., dép. Anthropologie, no 38-189).[réf. souhaitée]

Philatélie, art contemporainModifier

Il n'existe pas de timbre représentant la Vénus de Lespugue, mais une flamme d'oblitération en service à Boulogne-sur-Gesse est en partie illustrée par la statuette.[réf. souhaitée]

Picasso dit de la vénus de Lespugue : « Je pourrais la faire avec une tomate traversée par un fuseau, non ? »[4].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Claudine Cohen, La femme des origines - images de la femme dans la Préhistoire occidentale, éd. Belin-Herscher, 2003, 191 p. (ISBN 2-7335-0336-7, présentation en ligne).
  • [Coppens 1989] Yves Coppens, « L'ambiguïté des doubles Vénus du Gravettien de France (information) », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 133, no 3,‎ 1989, p. 566-571 (lire en ligne [sur persee], consulté le 19 mars 2019).
  • [Delporte 1993] H. Delporte, L’image de la femme dans l’art préhistorique, Éd. Picard, (ISBN 2-7084-0440-7).
  • [Foucher & San Juan 2001] Pascal Foucher et Cristina San Juan, « Les industries solutréennes de l'abri des Harpons et de la Grotte des Rideaux (Lespugue, 31). Collections Saint-Périer des musées de Lespugue et de Saint-Gaudens », Bulletin de la Société préhistorique Ariège-Pyrénées,‎ 2001, 2000 (lv), p. 27-33 (lire en ligne [sur hal.archives-ouvertes], consulté le 19 mars 2019).
  • [Pétillon] Jean-Marc Pétillon, « Historique des fouilles de R. de Saint-Périer dans les sites paléolithiques des gorges de la Save (Lespugue, Haute-Garonne) », Préhistoire du Sud-Ouest, Association Préhistoire quercinoise et du Sud-Ouest, vol. 20, no 2,‎ 2012, p. 213-219 (lire en ligne [sur halshs.archives-ouvertes], consulté le 19 mars 2019).
  • [Rouquerol - Moal 2018] N. Rouquerol - F.Moal, La vénus de Lespugue révélée, Éd. Locus Solus, (ISBN 978-2-36833-210-8).

RéférencesModifier

  1. Nathalie Rouquerol et Jean-Pierre Cantet, « L’abri Sous les Rideaux à Lespugue (Haute-Garonne) et l’Âge du bronze dans les gorges de la Save », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 107, no 1,‎ 2010, p. 97-120 (lire en ligne [sur persee], consulté le 19 mars 2019), p. 118.
  2. [2000] (en) O. Soffer, J. M. Adovasio et D. C. Hyland, « The Well Dressed "Venus": Women's Wear ca. 27 000 B.P. », Archaeology, Ethnology, and Anthropology of Eurasia,‎ 2000 (lire en ligne [sur researchgate.net], consulté le 19 mars 2019), p. 11.
  3. Soffer et al. 2000, p. 10.
  4. André Malraux, Le Miroir des Limbes, t. 2 : La corde et les souris, , 640 p. (lire en ligne), p. 248.