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Grande capucine

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Tropaeolum majus

La Grande Capucine ou Capucine (Tropaeolum majus) est une plante herbacée annuelle ou vivace de la famille des Tropaéolacées et du genre Tropaeolum. Cette plante ornementale et comestible est probablement un hybride originaire d'Amérique du Sud. Elle a été introduite en France en provenance du Pérou à la fin du XVIIe siècle. Dans son pays d'origine, le Pérou, la capucine est pollinisée par les oiseaux-mouches. En Europe, les bourdons s'acquittent de cette tâche. Mais la fleur sécrète son nectar tout au bout d'un interminable éperon. Certains bourdons, dont la langue est trop courte, n'hésitent pas à percer un trou sur le côté pour accéder au nectar (vol de nectar).

HistoireModifier

 
Bouton floral
 
Bouton floral, vu en coupe lontitudinale
 
Capucines rouge et jaune
 
Détail de barbillons de l'entrée de la fleur

La grande capucine a été introduite par des conquistadors hollandais vers 1680 en Europe où elle a fait son apparition dans les jardins de monastères et était tenue en haute estime en tant que plante aromatique et médicinale.

L’éperon de la fleur de capucine rappelle le capuchon de l’habit de moine, ce qui peut donner à penser que son nom serait dérivé de celui des moines capucins. Selon d’autres sources, elle devrait son nom à ses feuilles en forme de bouclier (peltate), car Tropaeolum se retrouve dans le mot latin tropaeum qui signifie « trophée » et était primitivement «un tronc d’arbre auquel on suspendait des boucliers et armes appartenant au vaincu en signe de victoire».

UtilisationsModifier

Lutte biologiqueModifier

Afin de limiter les dégâts commis par les pucerons, nombre de personnes pratiquant le jardinage biologique et la permaculture plantent des capucines, au pied de leurs arbres fruitiers par exemple. Les capucines ont effectivement pour particularité d'attirer les pucerons. Rapidement, les capucines se couvrent de ces insectes piqueurs et suceurs, tandis que les plantes avoisinantes restent intactes (si toutefois il s'agit bien de la même espèce de pucerons). La capucine est donc une « plante relais[1] ».

Il suffit alors de sacrifier les capucines en les brûlant. Alternativement, il est possible de laisser les pucerons sur les capucines, si ces dernières sont assez nombreuses, afin de laisser un garde-manger aux auxiliaires (par exemple, les coccinelles, les syrphes ou les chrysopes), et attendre l'équilibre écologique. Plus durable, car visant à augmenter la résilience de l'agrosystème considéré, ce type de gestion qui s'inscrit dans la lutte biologique par conservation permet de gérer in situ les ravageurs comme les pucerons.

Elles sont souvent plantées à proximité d'autres plantes pour les protéger contre le moucheron blanc[réf. nécessaire].

Aménagement de jardinModifier

Ses qualités décoratives liées à une croissance rapide en font une plante grimpante très appréciée pour monter le long des palissades, pergolas et autres treillages de jardin aménagés ainsi en brise-vue. Elle permet notamment de cacher rapidement une construction dans le jardin, comme un composteur. Elle peut aussi être utilisé comme plante rampante.

La capucine est une fleur qui pousse assez rapidement, selon le climat dans lequel elle est plantée.

ComestibilitéModifier

En gastronomie, les feuilles et les fleurs de la grande capucine sont ajoutées crues aux salades, sauces et mayonnaise. Elles ont une saveur piquante et aromatique qui n'est pas sans rappeler celle du cresson alénois. Les boutons floraux et les jeunes fruits sont parfois conservés dans du vinaigre et ont eux aussi un goût piquant. De cette manière, il est possible de faire un semblant de câpres.

« Il y a aussi des capres capucines ou nasturées, qui sont des boutons à fleur d'une plante annuelle assez connuë :On les prend avant qu'ils s'épanouissent, et on les confit de même.
La manière de le faire (...) est de les mettre dans un pot avec quelques poignées de sel raisonnablement : vous y ajoûterez du poivre concassé, et quelques clous de girofle si vous voulez ; et vous verserez par-dessus du vinaigre et de l'eau, c'est-à-dire, sur deux pintes de vinaigre, une d'eau ; il faut que vos capres baignent, et de cette façon elles seront fort agréables, tant en potage qu'en salade pendant l'hiver. »

— François Massiallot, Nouvelle Instruction pour les Confitures, les liqueurs, et les fruits, 1692, pp. 419-420

« On fait avec les boutons de capucine, une confiture au vinaigre fort agréable, qui sert pour les salades d'hiver ; on employe les fleurs de la grande capucine pour garnir les salades ; elles réjouissent tout-à-la-fois le goût et la vue. »

— Dictionnaire des plantes alimentaires (...). Tome premier, 1803, p. 190.

VariétéModifier

Il existe de nombreuses variétés qui se différencient par la couleur de la corolle qui va du pourpre le plus foncé au jaune le plus clair, avec ou sans taches diverses et variées.

PropriétésModifier

La capucine est riche en vitamine C et a des propriétés antiseptique, stimulante, expectorante et diurétique.[réf. nécessaire]

La plante contient un glucosinolate (la glucotropaeoline) et une enzyme, la myrosinase, qui hydrolyse le premier en thiocyanates, isothiocyanates et nitriles, molécules présentant une activité toxique contre les insectes herbivores, pathogènes et autres microorganismes. Les isothiocyanates sont en plus anticancéreux. (Wielanek M. et Urbanek H., 2009).

En phytothérapie, la capucine aurait[réf. nécessaire] des effets :

  • mucolytique et expectorante, antitussive,
  • cicatrisante, en dermatologie et cosmétologie,
  • tonique du cuir chevelu par effet rubéfiant (anti-chute de cheveux),
  • vermifuge (graines).

BibliographieModifier

  • Dictionnaire des plantes alimentaires qui peuvent servir de nourriture, de boisson aux différens peuples de la terre... ou les arts du boulanger, du pâtissier, du vermicelier, du confiseur, du distillateur-liqueriste, du cuisinier, réunis dans cet ouvrage, utile aux cultivateurs et aux personnes qui habitent la campagne. Tome premie. Paris : Samson. 1803 téléchargeable en ligne.
  • François Massiallot, 1692. Nouvelle Instruction pour les Confitures, les liqueurs, et les fruits. Charles de Sercy, consultable en ligne.
  • Marzena Wielanek & Henryk Urbanek, 1999. Glucotropaeolin and myrosinase production in hairy root cultures of Tropaeolum majus. Plant Cell, Tissue and Organ Culture 57: 39–45 téléchargeable en ligne.

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Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier