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Le traité de Blois ou plutôt les traités de Blois sont un vaste dispositif diplomatique établi entre Louis XII, Philippe le Beau et l'empereur Maximilien d'Autriche, signés à Blois le , dans le cadre des guerres d'Italie. Il fait suite à la réponse négative de Ferdinand II d'Aragon au traité de Lyon (1501), qui prévoyait le mariage de Claude de France et de Charles de Luxembourg (futur Charles Quint) à condition qu'il reçoive de son grand-père aragonais le royaume de Naples.

Les négociateurs impériaux étaient le prévôt d'Utrecht, Philibert Naturel, le chancelier de Tyrol, Cyprien de Sernstein, et le secrétaire Jean Collauer. Pour l'archiduc étaient présents le seigneur de Ville, Jean de Luxembourg, Charles de Ranchicourt, prévôt d'Arras, et Laurent du Blioul, comme secrétaire. Côté français, c'était le cardinal d'Amboise qui dominait l'assistance. Ce dernier agissait cependant, aux dires des contemporains, dans le seul intérêt de la reine Anne de Bretagne, qui favorisait l'alliance autrichienne pour éviter de voir sa fille Claude épouser le duc de Valois qu'elle détestait. Les trois traités de Blois précisent la situation entre les alliés du théâtre italien. La lenteur de l'empereur à les ratifier (il ne le fit que le 6 avril suivant), la mort du roi Frédéric Ier de Naples et les instances de Louise de Savoie, dont le fils était le grand perdant du traité, changèrent la donne et empêchèrent son exécution.

Premier traité : « une âme dans trois corps »Modifier

Le premier traité se borne à une proclamation d'amitié indissoluble entre les trois princes, qualifiés, comme la Trinité chrétienne, d'une âme en trois corps. L'empereur s'engage à ne pas intervenir en Italie du Nord, sauf à la sollicitation de ses alliés ou pour défendre ses droits souverains sur les fiefs d'Empire. Contre deux cent mille livres et le droit de traverser à sa guise le duché, il investit le roi de France et sa descendance mâle du duché de Milan. La famille de l'ancien duc de Milan, Ludovic le Maure, est autorisée à venir résider dans le royaume de France, où le roi s'engage à leur donner des terres en compensation du duché. Concernant le royaume de Naples, les trois parties s'engagent à ne pas signer de paix séparée avec le roi d'Aragon. En outre, le traité comporte les traditionnelles clauses de conservation, de pardon et de restitutions de biens à diverses personnes lésées dans le conflit.

Deuxième traité : sur le mariage de Charles de Luxembourg et de Claude de FranceModifier

Ce second traité complète les dispositions du traité de Lyon qui prévoyait déjà ce mariage. Dans le cas où le roi mourrait sans héritier mâle, le duc de Luxembourg recevrait de la couronne de France les duchés de Milan, de Bourgogne, de Gênes et de Bretagne, ainsi que les comtés de Bourgogne, d'Asti et de Blois. Si le roi de France souhaitait désengager sa fille, le duc de Luxembourg recevrait cependant en dédommagement les duchés de Milan et de Bourgogne ainsi que les comtés d'Asti et de Bourgogne. En gage de bonne foi, le roi de France rendait en outre immédiatement à Philippe le Beau la jouissance de ses droits sur l'Artois.

Troisième traité : ligue avec le papeModifier

Le pape Jules II se joignait aux trois princes par les personnes du marquis de Finale, Carlo Domenico del Carretto, et de l'évêque de Sisteron. Cette ligue préparait une guerre contre Venise et annonçait en fait la ligue de Cambrai de 1508.

Traité de 1505Modifier

Par ce traité Germaine de Foix, nièce de Louis XII, épousait (dès 1505) le roi Ferdinand II d'Aragon, grand-père de Charles dont la descendance devait régner sur l'Espagne et ses possessions d'outre-Atlantique (mais ils n'eurent pas de descendant survivant). Le roi de France renonçait également à ses ambitions italiennes.

Il ne doit pas être confondu avec quatre autres traités de Blois signés dans les années suivantes.

BibliographieModifier

  • André le Glay, Négociations diplomatiques entre la France et l'Autriche dans les trente premières années du XVIe siècle, t. I, Paris, 1845, analyse du traité pages LIX-LXIII.
  • Collectif, Toute l’Histoire de la Bretagne, Skol Vreizh, Morlaix, 1997, (ISBN 2-911447-09-3).
  • Philippe Tourault, Anne de Bretagne, Perrin, Paris, 1996, (ISBN 2-262-01212-1).