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Taï sitou rinpoché

pontife bouddhiste lamaïque des karma-kagyu
(Redirigé depuis Taï Sitou Rinpoché)

Taï sitoupa
Image illustrative de l’article Taï sitou rinpoché
Titulaire actuel
Péma Tönyö Nyinjé (12e sitoupa)

Création 1407
Premier titulaire Chokyi Gyaltsen (1er sitoupa)
Dernier titulaire Péma Tönyö Nyinjé (12e sitoupa)
Résidence officielle Shérab Ling, en Inde

Taï sitou rinpoché (chinois : 大司徒仁波切) ou tai sitoupa tibétain : ཏའི་སི་ཏུ་པ་, Wylie : ta'i si tu pa, THL : té situ pa, translittération du chinois 大司徒, Dàsītú, « Grand chancelier, Grand ministre, Grand précepteur »[1]) ou encore sitoupa, second en importance de l'école karma-kagyu après le karmapa[2] est un des régents de la lignée avec Gyaltsab Rinpoché, Jamgon Kongtrul Rinpoché et Shamar Rinpoché. Péma Tönyö Nyinjé, le 12e et actuel taï sitou rinpoché a reconnu Orgyen Trinley Dorje comme 17e karmapa dont il assure l'instruction. Il réside en son monastère de Shérab Ling, en Inde du Nord.

Les tai sitoupa, lamas de hauts rangs de l'école Karma Kagyu[3], ont été les abbés des monastères de Karma Gön puis de Palpung.

HistoireModifier

Les taï sitoupa sont considérés comme des émanations de Maitreya[4].

Chokyi Gyaltsen est le premier à porter le titre de kuang ting tai sitou signifiant « universel, inébranlable, grand maître, détenteur des enseignements »[5],[6], qui lui est conféré en 1407 par Yongle, empereur de Chine de la dynastie Ming[7]. Etant un disciple important de Deshin Shekpa, 5e karmapa, Chokyi Gyaltsen l'accompagne lors de sa visite à Nankin à Yongle. En retour au Tibet, Deshin Shekpa, l'a nommé abbé de Karma Goen, le principal monastère du Karmapa à cette époque[8],[6].

Actuel Tai SitouModifier

L'actuel Taï Sitou Rinpoché, Péma Tönyö Nyinjé né en 1954 dans une famille de fermiers à Palyul dans la région de Dege, à l'est du Tibet, est découvert selon les indications de Rangjung Rigpe Dorje, le 16e karmapa[9]. Alors qu'il a 5 ans, les conditions politiques au Tibet le forcent à s'exiler au Bhoutan où le roi Jigme Dorji Wangchuck, puis, rejoint le karmapa au monastère de Rumtek au Sikkim en Inde. À 22 ans, en 1975, il commence à assumer ses fonctions en fondant le projet du monastère de Shérab Ling[10]. En 1981, il visite le monastère de Samye Ling en Écosse, et se rendra alors régulièrement dans les centres Kagyupa en Amérique du Nord, d'Europe et d'Asie du Sud-Est y enseignant la philosophie et la méditation. Son premier retour au Tibet est effectué durant l'hiver 1984. Dans le but de pallier le besoin spirituel des fidèles, invité par un grand nombre de monastères de plusieurs traditions, il dispense alors enseignements et initiations devant parfois 100 000 personnes et dans des zones aussi isolées que le monastère de Palpung[11].

En 1989, il conduit un pèlerinage dédié à la paix dans le monde. À cette occasion, un documentaire a été réalisé où figure une audience avec le pape Jean-Paul II, un échange avec des moines bénédictins à Assise, des prières pour la paix sur le Mont Shasta et un dialogue inter-religieux en Inde avec les chefs des principales confessions. En 1991, il retourne une seconde fois au Tibet et ordonne 1 200 nones et moines et transmet une succession d'initiations (Dam Nga Zod) attendues par 65 lamas réincarnés, les sanghas de 92 monastères, et d'innombrables laïcs[11].

Émanations et lignée des Taï Sitou RinpochéModifier

Chokyi Gyaltsen fut un disciple du 5e karmapa qui l'a nommé abbé de Karma Gön, alors le monastère du karmapa. Il passa une grande partie de sa vie à pratiquer la méditation en ermite dans des grottes. Cependant, sa réputation se répandit si bien que l’empereur Ming Yongle lui conféra le titre de Taï Sitou en 1407[12].

Outre les incarnations précédentes, dont les 12 Sitou Rinpochés, beaucoup de grands lamas ont été reconnus comme des émanations des Taï Sitou Rinpoché par des maîtres de la lignée kagyupa.

 
Le 12e Kuanding Tai Situ Rinpoché, Péma Tönyö Nyinjé Wangpo, 1995

Liste partielle des émanations :

Lignée des Taï Sitou Rinpoché :

  1. Chokyi Gyaltsen (1377-1448)
  2. Tashi Namgyal (1450-1497)
  3. Tashi Paljor (1498-1541)
  4. Chokyi Gocha (1542-1585)
  5. Chokyi Gyaltsen Palzang (1586-1657)
  6. Mipham Chogyal Rabten (1658-1682)
  7. Lekshe Mawai Nyima (1683-1698)
  8. Situ Panchen Chokyi Jungne (1700-1774)
  9. Pema Nyingche Wangpo (1774-1853)
  10. Pema Kunzang Chogyal (1854-1885)
  11. Pema Wangchuk Gyalpo (1886-1952)
  12. Péma Tönyö Nyinjé (1954 -)

Notes et référencesModifier

  1. Leonard van der Kuijp (en), « The Tibetan Expression "bod wooden door" (bod shing sgo) and its probable Mongol Antecedent », 西域历史语言研究集刊 (Historical and Philological Studies of China's Western Regions), Beijing, 科学出版社 (presses scientifiques, vol. 3,‎ , p. 89 (ISBN 9787030271259)
  2. Chögyam Trungpa Rinpoché, Né au Tibet, préface Marco Pallis, Ed Buchet/Chastel 1968, Ed. Seuil 1991, p. 116
  3. (en) « History of the Tai Situpas »
  4. Foreword by Venerable Choje Lama Shedrup, p. 9
  5. Abréviation du titre complet Kenting Naya Tang Nyontse Geshetse Tai Situpa
  6. a et b Lama Kunsang & Marie Aubèle, L'Odyssée des Karmapas, La grande histoire des lamas à la coiffe noire, Ed. Albin Michel (2011). (ISBN 978-2-226-22150-6), p. 129
  7. Diana Finnegan, Karmapa 1110-2010 : 900 years Karma-pa, (ISBN 9781934608289), p. 120
  8. History of Tibet – A Few Chapters (Part 3)
  9. Lama Kunsang, op. cit., p. 293
  10. Lama Kunsang, op. cit., p. 309
  11. a et b (en) The biography of the current 12th Kenting Tai Situpa, PALPUNG SHERABLING.
  12. Diana Finnegan, Karmapa 1110-2010, 900 ans, 2011, p. 120

BibliographieModifier

  • Lama Kunsang & Marie Aubèle, L'Odyssée des Karmapas, La grande histoire des lamas à la coiffe noire, Ed. Albin Michel (2011). (ISBN 978-2-226-22150-6)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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