Tétrakis(diméthylamino)éthylène

composé chimique

Tétrakis(diméthylamino)éthylène
Image illustrative de l’article Tétrakis(diméthylamino)éthylène
Identification
Nom UICPA N1,N1,N1',N1',N2,N2,N2',N2'-octaméthyléthène-1,1,2,2-tétramine
Synonymes

octaméthyléthylènetétramine
TDAE
TMAE

No CAS 996-70-3
No ECHA 100.012.398
No CE 213-638-1
PubChem 70455
SMILES
InChI
Apparence liquide légèrement jaune-vert d'odeur désagréable[1]
Propriétés chimiques
Formule brute C10H24N4  [Isomères]
Masse molaire[2] 200,3244 ± 0,0105 g/mol
C 59,96 %, H 12,08 %, N 27,97 %,
Propriétés physiques
fusion −4 °C [réf. souhaitée]
ébullition 59 °C sous 0,9 mmHg[3]
50−53 °C[1]
Masse volumique 0,861 g·cm-3 à 25 °C[3]
0,868-0,871 g·cm-3[1]
Point d’éclair 53 °C[3]
Propriétés optiques
Indice de réfraction 1,48[3]
Précautions
SGH[3]
SGH02 : InflammableSGH05 : Corrosif
H226, H314, P280, P310, P305+P351+P338,
Transport[3]
-
   2734   

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le tétrakis(diméthylamino)éthylène fait partie des énamines et a pour formule semi-développée [(CH3)2N]2C=C[N(CH3)2]2.

SynthèseModifier

La synthèse du tétrakis(diméthylamino)éthylène a été réalisée pour la première fois en 1950 par Roy Pruett et son équipe via une réaction de la diméthylamine avec le chlorotrifluoroéthène, CFCl=CF2[4]. Cependant la réaction de la (diméthoxyméthyl)diméthylamine avec la diméthylamine[5] est plus pratique :

 

Le milieu réactionnel est distillé ce qui, par élimination du méthanol, conduit au tétrakis(diméthylamino)éthylène :

 

Enfin la dimérisation de la N,N,N',N',N",N"-hexaméthylméthanetriamine par chauffage fournit également le produit facilement, plus pratiquement et avec un bon rendement[6],[7] :

 

UsageModifier

Le tétrakis(diméthylamino)éthylène est un réducteur qui réagit avec l'oxygène de l'air. Il sert habituellement de réducteur en chimie organique comme pour convertir des α-bromocétones en 1,4-dicétones[8].

Il forme aussi un sel à transfert de charge avec le fullerène C60, C60(TDAE)0,86, qui a la très rare propriété d'être un aimant purement organique en dessous de 16,1 K[9].

La réaction du tétrakis(diméthylamino)éthylène avec l'oxygène de l'air est chimioluminescente dans le bleu-vert. Elle permet ainsi de faire des effets spectaculaires comme « les mains lumineuses[10] ».

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Tetrakis(dimethylamino)ethylene sur chemspider.com
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. a b c d e et f Fiche Sigma-Aldrich du composé Tetrakis(dimethylamino)ethylene, consultée le 09/11/2016. + [PDF] Fiche MSDS
  4. R. L. Pruett, J. T. Barr, K. E. Rapp, C. T. Bahner, J. D. Gibson, R. H. Lafferty, J. Am. Chem. Soc., 1950, vol. 72, p. 3646.
  5. H. Eilingsfeld, M. Seefelder, H. Weidinger, Chem. Ber., 1963, vol. 96, p. 2671.
  6. H. Bredereck, F. Effenberger, H.J. Brederek, A New Synthesis of Tetrakis(dimethylamino)ethylene, Angew. Chem. Int. Ed., 1966, vol. 5(11), p.971. DOI:10.1002/anie.196609711.
  7. Harold Weingarten, William A. White, Synthesis of Tetrakis(dimethylamino)ethylene, J. Org. Chem., 1966, vol. 31(10), pp. 3427–3428. DOI:10.1021/jo01348a520
  8. Yutaka Nishiyama, Akihiro Kobayashi, Synthesis of 1,4-diketones: reaction of α-bromo ketones with tetrakis(dimethylamino)ethylene (TDAE), Tetrahedron Lett., 2006, vol. 47(31), p. 5565. DOI:10.1016/j.tetlet.2006.05.141
  9. P.M. Allemand et al., Organic Molecular Soft Ferromagnetism in a Fullerene C60, Science, 1991, vol. 253, p. 301. DOI:10.2307/2879073
  10. les mains lumineuses expliquées sur le site de scienceamusante.