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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bady.

Sultan Ould Bady
Nom de naissance Abdou Aïssa
Origine Malien, Arabe lemhar
Allégeance ShababFlag.svg AQMI (2006/2010-2011)
ShababFlag.svg MUJAO (2011-2012)
Drapeau Ansar Dine.JPG Ansar Dine (2013)
Flag of Jihad.svg Al-Mourabitoune (2013-2015)
ShababFlag.svg AQMI (2015-2017/2018)
ShababFlag.svg État islamique dans le Grand Sahara (2017/2018)
Grade Émir
Commandement Katiba Saladin
Conflits Guerre du Mali

Abdou Aïssa, dit Sultan Ould Bady, est un chef djihadiste malien[1].

BiographieModifier

Sultan Ould Bady serait un descendant d'Arabe et de Touareg[2] mais il est considéré comme un membre de la tribu des Arabes Lemhars[3],[4].

Un certain Sultan Ould Bady, arrêté le 7 décembre 2010 par l’armée mauritanienne dans un « convoi de narcotrafiquants », serait un « membre du Polisario (…) (qui) jouerait un rôle plus consistant en étant une sorte de lien entre AQMI, les trafiquants et une frange du DRS algérien »[5], sans qu'il soit certain que ce dernier s'identifie à celui connu à l'époque comme l'individu « qui a enlevé et revendu plusieurs otages européens dans le Sahara avant de rejoindre les rangs d'AQMI »[5].

Sultan Ould Bady rejoint les djihadistes entre 2006 et 2010[6],[7],[8], voire, selon Le Figaro dés 2001-2002 près avoir été recruté par Mokhtar Belmokhtar[8]. Il rallie d'abord Al-Qaïda au Maghreb islamique et combat au sein de la katiba d'Abou Zeïd[1]. Il est impliqué plusieurs prises d'otages, tels que l’enlèvement au Niger de deux diplomates canadiens au bénéfice de Mokhtar Belmokhtar en 2008, celui de deux Suisses et trois Espagnols en 2009 et celui de diplomates algériens à Gao en 2012[9],[6],[7]. Selon Yoro Ould Daha, ancien chef du MUJAO passé au MAA loyaliste, c’est aussi lui qui « avait l’otage Gilberto Rodrigues Léal », enlevé le 20 novembre 2012, qu'« il avait fait transiter par Gao »[10].

En 2011, Sultan Ould Bady est avec Hamada Ould Mohamed Kheirou et Ahmed al-Tilemsi l'un des fondateurs du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO)[7].

En 2012, Sultan Ould Bady prend part à la guerre du Mali et fonde la katiba Saladin qui intègre le MUJAO, groupe djihadiste dont il fait partie de fondateurs avec Adnane Abou Walid al-Sahraoui[6],[3]. La plupart des combattants de cette katiba sont originaires de la région de Gao ou de la région de Kidal.

Le , Sultan Ould Bady déclare quitter le MUJAO avec sa katiba pour rejoindre Ansar Dine[11],[4]. La raison de cette défection n'est pas connue avec certitude, il pourrait s'agir d'un différend avec ses chefs[11],[12],[13],[14]. Pour Mohamed Ould Ramadane, porte-parole du MAA, « la raison de la défection de la brigade Salah ad-Din du MUJAO tient au fait que la résolution des Nations unies a classé le MUJAO comme un groupe terroriste ; les membres de cette brigade ont donc souhaité éviter une condamnation internationale en rejoignant Ansar al-Din, qui lui, n'a pas été classé comme un groupe terroriste[14]. »

Le , il revendique l'attentat de Tessalit[15], le le troisième attentat de Kidal qui a tué deux soldats sénégalais de la MINUSMA[16], puis les tirs de neuf roquettes contre une caserne de la MINUSMA à Aguel'hoc le [17]. Fin 2013, il aurait fondé son propre groupe[18] avant de rallier Al-Mourabitoune puis à nouveau AQMI[19],[15].

Sultan Ould Bady revendique l’attaque contre un convoi de la Minusma, le 3 octobre 2014, au cours de laquelle neuf Casques bleus nigériens ont été tués. À ce moment, il semble qu'il ne soit plus membre du Mujao avec les chefs desquels il serait en conflit[2].

Il se serait par la suite rendu en Libye et notamment à Syrte, avant de regagner le Mali[4].

Sultan Ould Bady rejoint l'État islamique dans le Grand Sahara en 2017 ou au début de l'année 2018[6],[20],[21]. Il participe alors à des attaques dans la région de Ménaka contre les forces internationales et les milices du GATIA et du MSA[6]. Mais en 2018, il se retrouve en difficulté face aux attaques des forces françaises et des milices touarègues et perd ses deux camps d'entraînements[7],[4]. Après avoir fui un temps au Niger, il gagne ensuite l'Algérie[7],[4].

Le , Sultan Ould Bady se rend aux autorités algériennes à Tamanrasset[6],[22],[8],[7]. Il pourrait alors avoir cherché à bénéficier des lois d'amnistie algériennes, en vigueur depuis la fin de la guerre civile algérienne[7],[4].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Mali Actualités : Mali : un petit groupe lié à Al-Qaïda revendique l’attaque à Tessalit
  2. a et b « Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 16 janvier 2018).
  3. a et b « Prise d’otage : Sultan Ould Bady négocie la libération de l’humanitaire franco-suisse », 'Indicateur du Renouveau,‎ (lire en ligne, consulté le 16 janvier 2018).
  4. a b c d e et f Algérie : Les vraies raisons de la reddition de Sultan Ould Badi, Kibaru, 20 août 2018.
  5. a et b Yabliladi : Sahel : Sultan Ould Bady, le lien entre Polisario, AQMI et trafic de drogue ?
  6. a b c d e et f Algérie: reddition du chef terroriste malien Sultan Ould Badi à Tamanrasset, RFI, 13 août 2018.
  7. a b c d e f et g [vidéo] Sahel : Ould Badi entre les mains de l’Algérie, arrestation ou reddition ?, France 24, 20 août 2018.
  8. a b et c Adam Arroudj, Sahel: la reddition d'un chef d'Aqmi affaiblit les djihadistes, Le Figaro, 19 août 2018.
  9. Le Temps : Un kidnappeur des otages de 2009 s’est évadé
  10. Dorothée Thienot, « Yero Ould Daha : « Le Mujao nous protégeait du MNLA » », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 18 juillet 2017).
  11. a et b Malijet ; La liste des principaux dirigeants du MNLA, D’ANÇAR-DINE, d’AQMI, du MUJAO…, des Katibas…
  12. Tahalil : Focus sur les groupes armés qui minent le Mali
  13. « CF2R : NOTE D'ACTUALITÉ No 296 MALI : POINT SUR LES FORCES REBELLES »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  14. a et b Magharebia : Les menaces d'Ansar al-Din suscitent des craintes au Sahel
  15. a et b AFP : Mali: nouvelle attaque jihadiste meurtrière, les soldats tchadiens visés
  16. Le Parisien : Mali : l'attentat contre les soldats de l'ONU revendiqué par un jihadiste du MUJAO
  17. Mali: quatre soldats de la Minusma tués dans un attentat, RFI, 2 septembre 2014.
  18. Jean-Christophe Notin, La guerre de la France au Mali, , p. 594.
  19. Adem Arroudj, L'humanitaire Sophie Pétronin kidnappée par un groupe armé d'Arabes du nord du Mali, Le Figaro, 24 janvier 2017.
  20. Nouvelle configuration djihadiste : Le chef de Salah ad-Din, Sultan Ould Badi quitte Ançar Dine et prête allégeance à l’Etat islamique, Kibaru, 20 février 2018.
  21. Wassim Nasr, On remarque aussi la vidéo d’allégeance de la Katibat Salaheddine d’Ould Badi, vieille connaissance de Sahrawi et qui l’avait rejoint ~2013, ce qui constitue une confirmation de celle-ci, Twitter, 4 mars 2018.
  22. Sonia Lyes, Reddition d’un dangereux terroriste à Tamanrasset, TSA, 11 août 2018.